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La grande mosquée de Tours : un symbole en cette fin de Ramadan

Ce vendredi, des milliers de musulmans en Touraine vont se rassembler pour l’Aïd el Fitr, la fête qui célèbre la fin du Ramadan. Un moment de rassemblement et de partage que les musulmans de Touraine fêteront au Parc des Expositions, à la mosquée de Joué-lès-Tours ou encore à la nouvelle mosquée de Tours, dans le quartier du Menneton.

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Ce jeudi, à la veille de cette fête traditionnelle qui devrait rassembler ici près de 4000 fidèles, nous retrouvons Salah Merabti, le président de la Communauté Islamique de Touraine, sur le site de la future Mosquée de Tours. L’homme qui veille sur sa communauté depuis 1996, année où il en prit la présidence, s’attèle à préparer les lieux avec quelques autres membres afin que tout le monde puisse être accueilli dans de bonnes conditions.

Oui car si la Mosquée de Tours est encore en chantier, les musulmans ont déjà pris l’habitude de s’y rassembler pour les grands événements. A terme, la mosquée pourra accueillir plus de 3000 personnes dans les salles de prières (hommes et femmes), mais pour l’heure, c’est dans un lieu encore en chantier qu’ils se rassembleront donc une nouvelle fois.

Grande Mosquée de Tours - détails du chantier
Grande Mosquée de Tours - détails du chantier
La future salle de prières des hommes
La future salle de prières des hommes

Cela fait maintenant 10 ans que le chantier de la Grande Mosquée de Tours a démarré et les travaux sont encore loin d’être terminés. Ces derniers mois, ceux qui passent par le quartier ont pu néanmoins voir des avancées significatives avec l’élévation de la façade en pierres blanches. « Nous avançons au fur et à mesure, quand les finances le permettent » explique Salah Merabti. Financée par les fidèles, la Mosquée de Tours se construit ainsi petit à petit depuis 2008. Si pour l’heure, seul le sous-sol qui abritera à terme un parking de 110 places pour les fidèles est hors d’eau (c’est ici que les musulmans célèbreront la fin du ramadan ce vendredi), Salah Merabti garde l’espoir de voir le premier étage, abritant les salles de prières, d’ablution ou encore des bureaux, être couvert avant la fin de l’année. Pour cela, il faudra trouver encore des financements pour ce chantier estimé à terme à plus de 5 millions d’euros au total et qui a déjà coûté près de 4 millions à la communauté musulmane. Un chantier avec son lot de péripéties et de complications. Il a fallu notamment composer avec un sol meuble et donc enfoncer des pieux à 17 mètres sous terre pour soutenir l’édifice, ce qui a fait gonfler la note à 2,3 millions d’euros. Une somme complétée par 1,3 millions d’euros pour les autres travaux déjà effectués, dont la dalle qui devait abriter l’espace culturel prévu initialement aux abords de la mosquée. « Les pouvoirs publics devaient financer cet espace culturel qui était pensé comme un lieu non dédié au culte. Un lieu d’ouverture qui aurait pu accueillir tout le monde dans une démarche de vivre-ensemble. Cela aurait été un beau symbole ».

Salah Merabti
Salah Merabti

Les promesses non tenues des pouvoirs publics.

Au départ du chantier, en 2008, les pouvoirs publics, et notamment le maire de Tours et président de l’agglomération de l’époque, Jean Germain, s’étaient engagés à soutenir le projet. Oui mais depuis, les promesses n’ont jamais été tenues et les successeurs de Jean Germain ne semblent plus enclins à aider ce projet selon Salah Merabti. « Nous avions avancé les frais de la construction de la dalle à l’emplacement du centre culturel, les collectivités devaient nous rembourser ensuite. Aujourd’hui cet argent que nous avons investi nous manque pour la mosquée en elle-même » explique notre interlocuteur, qui a appris à être patient et ne désespère pas malgré tout de voir ce centre culturel un jour.

Aujourd’hui, la priorité est ailleurs néanmoins, avec l’objectif de réussir à couvrir le premier étage et les salles de prières. « Une fois que le gros oeuvre sera fait, le reste nous pourrons nous en charger nous-mêmes » explique Salah Merabti qui croit en la force symbolique de cette Grande Mosquée comme lieu fédérateur pour toute la communauté musulmane tourangelle. Une communauté qui faute de lieu adapté se retrouve aujourd’hui éparpillée dans d’innombrables lieux de cultes sur le territoire.

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