« La cuisine a-t-elle un genre ? » : le débat appétissant de novembre à Tours

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Les 17 et 18 novembre, l’Institut Européen de l’Histoire et des Cultures de l’Alimentation de Tours organise les 18e rencontres François Rabelais dans la salle Thélème de l’Université, sur le site des Tanneurs. C’est un événement gastronomique où l’on réfléchit plus qu’on ne mange. Car si la cuisine fait partie de notre quotidien, la façon dont on la pratique dit beaucoup de notre sociologie.

Existe-t-il un goût féminin ? Être « femme de » en boucherie ou boulangerie. Y’a-t-il plus de diététiciens ou de diététiciennes ? La figuration du genre dans les médias culinaires. Chacun de ces sujets pourrait nécessiter à lui seul des heures de débats passionnés. Les 17 et 18 novembre il faudra se limiter un peu sur la durée pour cause de programme chargé mais on pourra au moins amorcer la discussion et la réflexion. C’est tout le but des Rencontres François Rabelais, événement ouvert à tous pour penser autour de la cuisine et de la gastronomie.

Pour sa 18e édition les 17 et 18 novembre, il se concentrera donc sur les sujets de genre, extrêmement présents dans le débat public ces dernières années. Une volonté de l’équipe d’organisation, dirigée par Kilien Stengel de l’IEHCA. « Parfois on a eu des thématiques pour se faire plaisir sur l’art et la manière de recevoir, par exemple. Là, on voulait se rapprocher des sujets sociétaux d’importance » explique le chercheur.

Accessible gratuitement (mais sur réservation), le programme intercale conférences et ateliers avec des personnalités expertes dans leur domaine : une chercheuse, une cheffe, une maîtresse de conférence, un professeur de stratégie marketing… De quoi se pencher sur des stéréotypes, peut-être essayer de les déconstruire, aussi. « Si on regarde bien les statistiques sociologiques on se rapproche de certains pays nordiques où les hommes sont de plus en plus présents en cuisine » observe par exemple Kilien Stengel. Des mouvements qui restent néanmoins longs : « On ne peut pas tout changer en trois-quatre ans, il faut plusieurs générations pour que tout soit lissé. » Et aborder ce sujet permet aussi d’apprendre ou de rappeler que dans certaines cultures, les hommes sont carrément volontairement écartés de certaines préparations par les femmes.

On l’a dit plus haut, la question du vocabulaire employé fera partie des sujets débattus. Combien de fois a-t-on entendu parler de « gâteau couillu » ou de « recette girly » ? « Certaines émissions de télé emploient des termes genrés sans qu’il y ait vraiment de sens critique. Mais un plat féminin ça ne veut rien dire en construction linguistique » relève Kilien Stengel.

Au cours de ces deux journées de discussions, on attend environ 500 personnes dont 70% qui viennent de l’extérieur du département d’Indre-et-Loire, preuve du rayonnement de cet événement dans le monde culinaire national. « J’essaie de créer quelque chose d’amical, de discuter avec un maximum de personnes, créer des rencontres » explique Kilien Stengel qui se définit comme un entremetteur : « Lors des pauses il y a de réelles discussions qui peuvent déboucher sur des projets. »

Pour participer à l’événement, il suffit de vous rendre sur www.iehca.eu.

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