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[Journal de bord #8] Huit semaines de confinement en Touraine : « C’est fini. Jusqu’à nouvel ordre »

 

Ces temps-ci, le coronavirus occupe toute l’actualité. Quand on ne parle pas directement des conséquences sanitaires du Covid-19, on évoque son impact économique, social, culturel ou sportif. Tout ça dans une ambiance particulière : celle d’une Touraine confinée. Voici le 8e épisode du journal de bord de la rédaction de 37 degrés.

Lundi 4 mai, il y a la queue devant les commerces de proximité à Bouzignac. « Bientôt il va falloir prendre un ticket » remarque une femme devant le tabac-presse. A la pharmacie, quelques personnes âgées échangent des nouvelles et des astuces au sujet des masques. L’une d’elle pense qu’elle ne peut pas bénéficier de la distribution organisée par la mairie de Tours : « Nous avons une résidence secondaire et on vote là-bas » raconte-t-elle. Au cas où, elle a récupéré un patron pour coudre dans son appartement.

Mardi 5 mai, il se murmure que ce confinement est propice aux introspections susceptibles d’entraîner des changements de vie. Pas juste déplacer son canapé ou réorganiser sa bibliothèque. Plutôt quitter son job et changer de région. Franchir ce cap, est-ce synonyme d’audace, de courage, de curiosité, d’insouciance, d’inconscience ? La Touraine peut-elle devenir la terre d’accueil idéale de nouvelles vies prometteuses ?

Mercredi 6 mai, on pourrait être à la Foire de Tours, y manger des tapas de la main droite avec une sangria dans la main gauche avant de déguster des accras arrosés de punch, puis une coupe de fraises avec un mojito. La soirée s’achèverait au pied des grands manèges avec un cornet de chichis et une bière tiède. Le confinement nous a au moins permis de ne pas subir ce sentiment de tristesse qui survient quand on entreprend de boire une bière tiède.

Jeudi 7 mai, l’Indre-et-Loire fait officiellement partie des départements verts où le déconfinement s’annonce un peu moins strict qu’ailleurs. Sur Internet on découvre les pubs de marques de fringues faisant poser leurs mannequins en costard ou robe avec masque assorti. C’est presque élégant.

Vendredi 8 mai, les restaurants rouvrent leurs cuisines les uns après les autres pour proposer des plats à emporter ou en livraison. Les coiffeurs s’apprêtent à reprendre leurs ciseaux. Les magasins mettent en rayon la collection d’été. La vie reprend mais pas question de flâner : il faut parfois commander son repas plusieurs jours à l’avance pour en disposer à l’heure voulue, les agendas débordent sur plusieurs semaines pour une coupe ou une couleur, il faudra faire la queue pour découvrir les nouvelles fringues du moment car on ne pourra pas rentrer à plus de 2 ou 3 dans certaines boutiques. Le coronavirus a aussi mis à mal la spontanéité.

Samedi 9 mai, c’est le 8e et dernier apéro Skype de confinement avec cette bande qu’on a appris à connaître au fil des semaines. Menus à thème, blind test, danses ridicules, vidéos floues, son aléatoire… C’est artisanal mais attachant. Du coup on a déjà prévu de remettre ça la semaine prochaine. Une preuve parmi d’autres que le 11 mai ce n’est pas du tout le retour à « la vie d’avant ». Juste une étape de plus dans cette aventure.

Dimanche 10 mai, c’est fini. Jusqu’à nouvel ordre.

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