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Jean-Marc Ettori veut tourner la page du Tours FC

Interdit de monter par la DNCG, le Tours FC connaît un été difficile. Un énième qui conduit son président Jean-Marc Ettori, en place depuis 2013 à prendre du recul et laisser la gestion du club à d’autres.

Tombé en National 3 en 2019 après un été à rebondissements, entre décisions de la DNCG, appels, passages devant le CNOSF… le Tours FC, ne connait pas un été 2020 plus serein. En effet malgré une bonne saison sportive, qui bien qu’arrêtée au printemps par le Covid-19, avait permis à l’équipe du coach Nordine El Ouardani de s’adjuger une montée en National 2, premier étage de l’opération reconquête entamée l’an dernier, le Tours FC a connu un nouveau brutal coup d’arrêt au moment de son passage annuel devant la DNCG (le gendarme financier des clubs sportifs). En premier instance et en appel, le club s’est vu en effet refuser la montée gagnée sur le terrain, pour raisons de finances trop délicates. La goutte d’eau de trop pour Jean-Marc Ettori le président du Tours FC depuis 2013, qui a décidé de se mettre en retrait de la gestion du club dès cet été.

« Je tourne la page du Tours FC parce que j’en ai marre »

« Je tourne la page du Tours FC parce que j’en ai marre » nous explique par téléphone ce mercredi 15 juillet Jean-Marc Ettori. Le président du Tours FC nous explique être « lassé » et annonce prendre du recul en donnant les clés à un homme de confiance, Guillaume Barré, un Tourangeau d’origine qui travaillerait actuellement comme conseiller à Matignon dans les services du 1er Ministre. Ce dernier va assurer la présidence-déléguée du Tours FC (il a accompagné Jean-Marc Ettori devant son dernier passage à la DNCG en tant que son conseiller).

« Je dépose un peu les armes. J’ai compris que c’était moi qui étais tout le temps dans l’œil du cyclone » commente laconiquement Jean-Marc Ettori. « Cela ne sert à rien de perdre son temps. Je n’ai ni colère, ni surprise, je m’attendais à une telle décision, malgré le fait que l’on n’ait jamais eu un dossier aussi complet et aussi propre » poursuit-il en revenant sur la décision de la DNCG d’empêcher la montée du TFC en National 2.  Habitué du verbe haut et des envolées poétiques, Jean-Marc Ettori se montre cette fois-ci plutôt soft dans ses propos, sans surenchère, même s’il distille malgré tout quelques phrases à l’encontre « de l’esprit tourangeau » incarné selon lui par l’association TFC, mais aussi le milieu politique ou encore médiatique : « Cela fait 30 ans que le club de Tours se débat. Depuis que Jean Royer a abandonné la présidence, le club se débat de mal en pis, pourtant je ne suis pas là depuis 30 ans. »

Jean-Marc Ettori se dit aujourd’hui fatigué de tout cela et souhaite donc tourner la page. S’il reste pour l’instant propriétaire de la SASP Tours FC, c’est-à-dire de l’équipe fanion, (celle-ci étant juridiquement séparée de l’association du même nom), il affirme ne plus vouloir gérer. Faut-il dès lors s’attendre à une vente du club ? Possible, lui réaffirme en tout cas qu’il est prêt à se séparer du club si un acheteur se présentait.

Vers une société coopérative ?

A moins que l’idée de la majorité municipale du nouveau maire de Tours, Emmanuel Denis, de créer une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), sur le modèle de ce qui a été fait à Bastia en foot, ou dans le milieu culturel pour le Bateau Ivre à Tours, fasse son chemin. Jean-Marc Ettori dit y être d’ailleurs plutôt favorable, expliquant que cela permettrait à la ville et aux collectivités de se réapproprier le club. « J’ai de bonnes relations avec Emmanuel Denis » précise-t-il également pour abonder dans ce sens.

Du côté de la Mairie de Tours, Eric Thomas, le nouvel adjoint aux sports évoque une « réflexion à avoir cet été sur ce sujet » tout en précisant que « les choses ne se font pas en jour. » Eric Thomas veut dans un premier temps rencontrer Guillaume Barré, puis les responsables de l’association qui gère le secteur amateur. « Il faut remettre tout le monde autour de la table, renouer le dialogue autour d’un projet collectif et durable. On hérite d’une histoire complexe mais je souhaite que toutes les parties prenantes tirent le club vers le haut » commente l’adjoint aux sports.

Un éventuel recours devant le CNOSF

On l’a compris, l’été est une nouvelle fois agité en coulisses pour le Tours FC. Afin d’espérer une saison 2020-2021 en National 2, il lui reste encore un éventuel recours devant le CNOSF (Comité national olympique et sportif français). Si Jean-Marc Ettori nous affirme ne pas y aller personnellement, rien ne dit que le club ne porte pas recours. C’est en tout cas ce que souhaite Eric Thomas : « Il reste une possibilité, il faut jouer le match, d’autant que le dossier en appel devant la DNCG était bien préparé, mieux qu’en première instance. On connaît les fragilités structurelles du club mais je pense que la DNCG n’a pas traité le club comme d’autres clubs. L’équipe mérite de jouer en National 2. »

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