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Inflation, bénévolat, cuisine… Les défis de la Banque Alimentaire en Indre-et-Loire

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Installée zone des Grands Mortiers à Saint-Pierre-des-Corps, la Banque Alimentaire de Touraine récupère et redistribue des aliments pour 62 associations caritatives du département. On estime que 20 000 personnes ont mangé grâce à elle en 2021, soit environ 3% de la population du territoire. Des besoins en accroissement perpétuel. Comment y répondre ? On a posé la question au nouveau président de la structure, Jean-Paul Baunez.

Ces 5 dernières années c’est Dominique Cochard qui présidait la Banque Alimentaire de Touraine. Un homme énergique, très investi dans son rôle. Il a pris du galon, prenant un poste régional au sein de l’association, ce qui l’amène encore à travailler avec l’antenne tourangelle et notamment avec son remplaçant entré en fonction dans le courant de ce printemps 2022, Jean-Paul Baunez. Retraité depuis 4 ans, cet ancien expert-comptable a déjà exercé dans des associations caritatives ou sportives avant d’entrer à la Banque Alimentaire à sa cessation d’activité : « Je cherchais une association où m’investir, j’ai vu un stand à la Braderie de Tours et je suis venu » dit-il.

« Les valeurs de la Banque Alimentaire ont fait ‘tilt’ tout de suite » poursuit l’homme qui s’investit à plein temps pour sa tâche, devant manager une équipe de 3 salariés (en contrats aidés) et 120 bénévoles (ainsi que des stagiaires, des services civiques, des jeunes en Service National Universel et des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général par la justice). « Construire les plannings c’est une vraie galère » insiste-t-il, évoquant les disponibilités fluctuantes des équipes alors qu’il a besoin d’une quarantaine de personnes par jour du lundi au vendredi pour récupérer les aliments offerts à la structure, les trier et les redistribuer aux 62 associations caritatives partenaires dans tout le département.

Cette pression est nécessaire car beaucoup de monde compte sur la Banque Alimentaire : en 2021 c’est l’équivalent de 3 millions de repas qui a été distribué dans le département. Avec des besoins en hausse constante. Même si le chômage baisse, la précarité augmente : « C’était déjà le cas avant le Covid mais ça s’est développé après, et là-encore avec la guerre en Ukraine » explicite Jean-Paul Baunez. L’inflation galopante pousse étudiants, familles ou retraités vers les dispositifs d’aide alimentaire qui doivent tout faire pour suivre. Et de nouveaux besoins émergent comme l’arrivée des réfugiés du conflit Ukraine-Russie : 2 tonnes d’aliments sont livrées chaque vendredi à Touraine Ukraine et aux 80 familles hébergées au camping de La Ville-aux-Dames.

Le projet d’unité de transformation avance bien

De 2016 à 2021, la Banque Alimentaire de Touraine est ainsi passée de 1 000 tonnes d’articles récoltés à 1 600 tonnes. Une hausse de 60% qui parait énorme « mais qui progresse moins vite que les besoins » selon le président, qui espère notamment créer des collectes en zone rurale (avec camion électrique) afin d’augmenter ses ressources et poursuivre en parallèle l’autre objectif de la structure qui est la réduction du gaspillage (150kg par personne et par an en France).

C’est dans ce même objectif qu’un travail est engagé pour créer une unité de transformation de produits à partir des aliments périssables arrivant des supermarchés, des maraîchers, des industriels ou des plateformes logistiques (en particulier celles d’Auchan et Lidl). En projet depuis plusieurs années, elle a une date de mise en service : 1er juin 2023. Elle verra le jour sous la forme d’une société regroupant la Banque Alimentaire de Touraine, l’association de Tours La Belle et la Blette mais aussi Atout et Perspective qui met à disposition 100m² de locaux à Mettray au nord de Tours (un site proposé parfaitement rénové et aux normes).

La recherche d’un ambassadeur ou d’une ambassadrice

Là, seront préparés des recettes qui rejoindront ensuite le circuit de distribution habituel. « Nous pourrons produire des jus de fruits, soupes ou smoothies avec les fruits et légumes mais aussi des plats préparés ou des barquettes » explique Jean-Paul Baunez qui saura enfin quoi faire des fruits et légumes à consommer ultra rapidement ou des jambons ou saumons entiers donnés par des grossistes comme Metro (aujourd’hui ils finissent parfois dans les cuisines de structures comme La Table de Jeanne-Marie mais ça ne suffit pas à tout absorber).

A côté de ça, l’association se cherche des mécènes ou partenaires, notamment un ambassadeur ou une ambassadrice venant du monde du sport ou de la culture et capable de porter ses valeurs auprès du grand public. Si la solidarité ne manque pas envers la Banque Alimentaire (comme les dons qui lui ont permis de faire face au vol de son camion tout neuf cette année afin d’en racheter un rapidement), il y a toujours urgence. C’est pour cela que la Banque Alimentaire de Touraine organise chaque année deux collectes : une en novembre comme toutes les antennes du pays mais aussi une en juin, en l’occurrence le week-end du 10-11-12 pour cette édition 2022.

Même avec 2€ on peut aider l’association

Pendant 2 jours et demi, près de 200 bénévoles seront mobilisés dans 42 magasins de l’agglo tourangelle, de Bléré, d’Amboise ou du reste du département afin de recueillir les dons de la clientèle. Comme toujours, les gilets orange réclameront des produits non périssables (conserves, pâtes, gâteaux…), des produits d’hygiène (shampoing, gel douche, dentifrice) mais surtout 5 produits qui manquent particulièrement à l’entrepôt corpopétrussien : de la purée en flocons, du café moulu, de la farine, de la confiture et des céréales.

Cette liste restrictive est liée aux difficultés d’approvisionnement de certains produits comme l’huile et la moutarde, et à l’inflation galopante. La Banque Alimentaire de Touraine acceptera donc avec plaisir les bidons d’huile ou les pots de moutarde si les donatrices et donateurs en trouvent encore mais s’adapte à la situation et réclame des produits peu chers, au point même d’avoir monté un rayon spécial au Carrefour des Atlantes : 1 300 sacs vendus 2, 5 ou 8€ permettront d’aider à la hauteur de son budget. Oui, même avec 2€ on peut soutenir les plus démunis. Il reste également possible de faire des dons financiers, les dépenses de la Banque Alimentaire étant orientées à la hausse comme tout le monde (+30% pour le carburant en quelques mois).

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