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Hope, une série pleine d’espoir pour les jeunes

À travers leur série documentaire Hope, deux réalisateurs de l’association Les Compères production ont souhaité mettre en avant des jeunes inspirants aux parcours différents afin de donner de l’espoir aux nouvelles générations. Création du projet, choix des participants, tournage, rencontres avec Danai, Gosia et Mads… Antoine Bortolotti, co-fondateur de la série, et Laura Rousseau, responsable du projet, reviennent sur cette expérience.

Grèce, Pologne et Danemark. Dans ces pays, comme ailleurs en Europe, les jeunes inspirants aux parcours atypiques ne manquent pas. C’est ce qu’ont voulu montrer Antoine Bortolotti et Jérémy Ciepielewski, deux réalisateurs de l’association tourangelle Les Compères production, à travers leur série documentaire Hope.

L’idée émerge il y a trois ans, suite à un simple constat : les jeunes ont parfois des difficultés au moment de choisir leur orientation. « J’ai fait un master en management dans école de commerce. J’ai ensuite eu un boulot dans le marketing qui ne me plaisait pas trop et je me demandais ce que j’allais faire plus tard. En réfléchissant, je me suis rendu compte qu’à l’école je n’avais pas découvert de parcours inspirants. Ça m’a donné envie d’aller en découvrir, en filmer et, si possible, dans plusieurs pays pour voir les différences entre les jeunes et les différentes voies possibles », raconte Antoine, le co-fondateur du projet. Il parle de cette idée à son ami Jérémy. Le projet Y est né. Soutenus par la région Centre-Val de Loire, ils créent un épisode pilote de vingt minutes, dans lequel ils interviewent des experts de la génération Y et mettent en avant le parcours de deux jeunes Français.

Le projet semble plaire et l’association est repérée par une boîte de production parisienne. Suite à cette collaboration, qui ne durera pas, Projet Y évolue. Fini le long documentaire, fini les experts… Les deux Tourangeaux souhaitent réaliser une série documentaire, avec la présentation d’un jeune par épisode de treize minutes. Plusieurs raisons sont à l’origine de ce changement de voie. « Nous trouvions le format plus efficace. Au lieu d’avoir un long film, avec pleins de témoins et où l’on se perd un peu, nous avons préféré nous focaliser sur un jeune par épisode afin de bien découvrir son parcours. Et, cela permet à chacun de choisir l’épisode qui lui plaît le plus », commence par expliquer Antoine. « Au niveau écriture, c’est aussi plus compliqué de faire un long documentaire. Comment lié quelqu’un qui fait de l’architecture à quelqu’un qui fait du tourisme ? Ce n’est pas évident », poursuit-il. Le format treize minutes est également adapté à la fois à la télévision et au digital, ce qui peut devenir un avantage lorsqu’on souhaite être repéré pour de la diffusion ou de la production.

À ce moment-là, la série change même de nom. Projet Y devient Hope. Ce titre n’a évidemment pas été choisi au hasard. « L’idée, à long terme, n’est pas de ne parler que de la génération Y mais de la jeunesse en général. Nous nous sommes demandé à quoi servirait cette série et nous nous sommes dit : donner de l’espoir aux jeunes. Quand un élève au collège ou au lycée ne saura pas quoi faire, elle apportera une petite touche d’espoir, elle permettra de voir ce qui est possible. » La série documentaire s’adressera aussi aux générations plus anciennes. « Elle montrera que, la jeunesse, ce n’est pas que des jeunes le nez collé sur leur smartphone et des fainéants ! »

L'équipe de tournage au Danemark
L'équipe de tournage au Danemark
Des jeunes et des profils différents

Une fois le projet bien défini, Antoine et Jérémy commencent à chercher les jeunes qui seront mis à l’honneur dans les épisodes. « Nous voulions des personnes qui exercent des domaines variés, ne pas avoir que des scientifiques ou que des personnes dans l’artisanat. Nous souhaitions aussi différents types de profil et de parcours, que ce ne soit pas que des gens qui ont fait énormément d’études ou que des personnes qui viennent de la ville », assure Antoine. « C’était important pour que chacun puisse s’identifier », précise Laura Rousseau, responsable du projet Hope. Après la diffusion d’un questionnaire sur les réseaux sociaux et dans des agences Erasmus, Les Compères production reçoivent une quarantaine de réponses de jeunes originaires d’une dizaine de pays. Une présélection est effectuée via le formulaire puis des entretiens sont réalisés sur Skype avec les candidats retenus. « Nous voulions voir comment passait le feeling et l’implication de chacun », indique le réalisateur. L’envie de s’investir pleinement est en effet un critère essentiel, les témoins devant s’impliquer sur une longue période. « Entre le questionnaire et le tournage, il y a eu plus d’un an. Entre temps, il fallait que l’on échange, qu’ils bloquent des dates, que l’on organise le tournage sur place, que l’on soit préparé à ce qu’ils vont dire pour le montage… Pour toute cette préparation, il était nécessaire d’avoir des gens impliqués et motivés par le projet. Nous voulions les mettre en avant mais ils devaient être à fond, comme nous ! » Trois jeunes sont finalement choisis : Danai, qui a lancé un projet d’éco-tourisme sur l’île de Chios, en Grèce, Gosia, une neuroscientifique polonaise qui étudie le lien entre notre alimentation et notre mémoire, et Mads, un architecte danois qui utilise l’open source pour partager ses créations dans le monde.

Danai
Danai
Gosia
Gosia

« Ils n’ont jamais autant parlé autant de leur vie et de choses personnelles à des inconnus donc on devenait très proches. Ce sont des amis maintenant et surtout ce sont des personnes qui nous ont inspirés. »

Antoine Bortolotti, co-réalisateur de la série documentaire Hope

L’année dernière, Antoine et Jérémy ont donc sillonné l’Europe sur dix jours, accompagnés d’Alexandre, technicien en chef, et Lucas, ingénieur du son. S’ils auraient aimé réaliser cette première saison avec des jeunes du monde entier, les deux amis ont dû se résigner à rester sur notre continent, pour des raisons logistiques mais aussi économiques. Ils se sont aussi rendu compte qu’il pouvait y avoir des choses intéressantes à montrer ici. « Il peut y avoir des disparités importantes, comme entre la Pologne et le Danemark par exemple. Ça nous intéressait donc d’expliquer qu’en Europe déjà, il peut y avoir à la fois des différences très importantes mais aussi des volontés d’aller dans le même sens. Dans les trois projets, il y a une prise en compte de l’écologie, du social… Nous voyons de vrais points communs mais aussi des vraies différences sur les parcours, sur ce qu’ils ont vécu, sur leurs choix… »

Chocs culturels et nouvelles amitiés  

Antoine gardera un excellent souvenir de cette expérience. « En très peu de temps, nous sommes allés sur l’île de Chios, qui a subi la crise économique et la crise migratoire, puis à Varsovie, avec ses bâtiments démolis par la guerre et le vieux Varsovie qui a été tout reconstruit et qui est très beau, et finalement à Copenhague, où tout est très clean, où il n’y a que des grands blonds aux yeux bleus très musclés ! Les gens, les cultures, les rythmes, les niveaux de vie… Tout est différent. Ces chocs culturels ont été vraiment enrichissants. » Ces voyages sont aussi pour lui synonymes de rencontres. L’équipe est désormais très proche des jeunes avec qui ils ont partagé quelques jours. Ils sont d’ailleurs toujours en contact et Antoine a par exemple revu Mads lors d’un nouveau séjour au Danemark. « Ils n’ont jamais autant parlé de leur vie et de choses personnelles à des inconnus donc nous sommes devenus très proches. Ce sont des amis maintenant et, surtout, ce sont des personnes qui nous ont inspirés. Pendant le tournage, nous avons nous aussi profité de leur parcours. Nous étions un peu comme des gamins, avec cette envie de découvrir leur métier, leur vie. Nous étions super curieux et nous avions hâte qu’ils nous racontent tout. » 

Mads (deuxième en partant de la gauche), accompagné de l'équipe de tournage.
Mads (deuxième en partant de la gauche), accompagné de l'équipe de tournage.

Après le lancement de sa série documentaire le 8 novembre prochain (voir l’encadré), l’association espère pouvoir la présenter dans des établissements scolaires. « Nous sommes en train de chercher des partenaires pour aller dans des collèges, des lycées et pourquoi pas des écoles supérieures pour attiser la curiosité des plus jeunes et leur exposer différents chemins », déclare Laura. L’objectif serait de lancer une activité en trois étapes : un atelier pour découvrir un domaine professionnel, la projection d’un épisode et la création d’un débat.

Et pourquoi ne pas réaliser, par la suite, une saison 2 ? « Nous, nous sommes partants ! Nous en avons déjà discuté avec Jérémy et nous nous étions dit que ce serait sympa de changer de continent, de faire une saison 2 en Amérique du Sud, en Asie ou même dans un seul pays. Ce qui est bien c’est que ce format d’épisode est adaptable partout. » Peu importe le lieu, Antoine affirme qu’il y aura toujours des jeunes à rencontrer, pleins de projets à raconter. « Certaines personnes me demandent si ce n’était pas trop compliqué de trouver des jeunes inspirants. Et bien non. Franchement, nous avons tous autour de nous des jeunes qui se bougent, qui font des choses qui ont du sens et qui mériteraient surtout plus de visibilité. C’est ça aussi qui nous motivait au départ. »

Informations sur le lancement de la série documentaire Hope 

Parce que « l’espoir est plus fort que la Covid », l’association Les Compères production a décidé de maintenir le lancement de sa série documentaire au dimanche 8 novembre, à 11h. Initialement prévu aux cinémas Studio, l’événement sera finalement organisé en digital. Une façon de toucher plus de gens, dont des personnes qui ne seraient peut-être pas venues au cinéma. Au programme : présentation de l’association puis des épisodes avec la présence de Danai et Mads puis projection des deux premiers épisodes via Youtube live.

Les modalités pour participer au lancement de Hope seront prochainement détaillées sur les réseaux sociaux de l’association (Les Compères Production) et de la série (Hope – The documentary series).

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