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Frédéric Augis : Un deuxième mandat dans la continuité

Réélu dès le 1er tour des élections municipales, Frédéric Augis attaque son deuxième mandat à la tête de la ville de Joué-lès-Tours en voulant poursuivre la politique menée depuis 2014. 

Réélu dès le 1er tour des élections municipales le 15 mars, avec plus de 58% des voix, Frédéric Augis a débuté son deuxième mandat à la tête de la ville de Joué-lès-Tours, sur fonds de crise liée au coronavirus. Forcément, cela a perturbé les débuts du nouveau Conseil Municipal, qui n’a pu s’installer que récemment (le 25 mai). Une partie de l’équipe municipale étant déjà en place ces six dernières années, la transition en pleine gestion de la crise s’en est retrouvée si ce n’est facilitée, en tout cas moins difficile.

« Le démarrage a forcément été compliqué avec l’impossibilité de se réunir physiquement » commente néanmoins l’élu : « les nouveaux élus ont du notamment prendre leurs fonctions dans des conditions difficiles. » Malgré tout, le mandat « débute bien » précise le premier magistrat de la deuxième ville du département. « Malgré les difficultés, nous avons réussi à faire fonctionner les services pour la population. Le résultat du 1er tour a permis que les choses se passent sereinement »

La gestion de la crise comme priorité du début de mandat

Sur l’analyse de la pandémie et de ses conséquences, Fréderic Augis avance « une confirmation de ce que nous avions déjà ressenti », c’est-à-dire un besoin accru de proximité et de services à la personne « comme la livraison à domicile pour les personnes vulnérables que nous avions mis dans notre programme ou l’amplification du dispositif Mona Lisa (ndlr : un dispositif de lutte contre l’isolement des personnes âgées) ».

Comme dans toutes les villes de France, la gestion de la crise est ainsi la priorité du mandat qui débute. Après la période de confinement, c’est maintenant celle de la reprise des activités qu’il faut gérer au mieux. « Je pense qu’on s’en sort plutôt bien. Concernant les écoles on a rouvert en lien avec les directeurs et les représentants de parents d’élèves. Maintenant on a le regard tourné sur l’été et les activités de loisirs pour les enfants mais aussi sur la rentrée qui inquiète le secteur économique. »

Sur le premier point, le maire dit attendre les protocoles de l’Etat et évoque la possibilité d’ouvrir des écoles en plus du centre de loisirs de La Borde durant l’été afin de limiter de trop grands groupes. Cela nécessitera des moyens supplémentaires, si bien qu’il proposera au prochain conseil municipal du 15 juin, le recrutement de personnels supplémentaires.

Quant à la reprise économique, le maire de Joué-lès-Tours évoque des difficultés à venir. « Pour l’instant l’Etat et la Préfecture ont fait beaucoup en aidant et en mettant sous perfusion l’économie, mais quand les aides s’arrêteront, il y aura beaucoup de difficultés pour les entreprises » analyse-t-il, d’où l’importance selon lui de la tenue des élections municipales fin juin pour les villes n’ayant pas dégagé de majorité le 15 mars et dans la foulée l’installation du nouveau Conseil Métropolitain, l’intercommunalité ayant la compétence économique. « C’est important que tout soit installé en juillet afin d’être prêts à affronter la rentrée. »

« Un nouveau contrat avec la population »

Hors Covid et sur un plan politique, Frédéric Augis place son nouveau mandat « dans la continuité » du précédent, « même si nous n’avons pas été élus sur un bilan, mais sur un nouveau projet » insiste-t-il. « C’est un nouveau contrat avec la population ».

Après un premier mandat de transition, dans la foulée de 19 années de gestion socialiste de la ville sous l’égide l’ancien maire Philippe Lebreton, Frédéric Augis entend accentuer la politique menée depuis 2014. Parmi les grands dossiers qui vont être lancés rapidement, il cite notamment la création d’un centre de supervision urbaine, avec des travaux qui pourraient débuter à la fin de l’année 2020 pour une mise en service un an plus tard. Un centre de vidéosurveillance pensé « pour toute la ville » insiste-t-il, sous-entendu pas que pour les quartiers prioritaires. Un plan pluriannuel d’investissement sur les bâtiments communaux va également voir le jour rapidement, ainsi que la poursuite du plan de rénovations des écoles dont la première phase avait été lancée avant 2014.

Pour mener à bien son « contrat avec la population », l’équipe municipale a été en partie remaniée bien que composée pour l’essentiel d’élus déjà présents dans la mandature antérieure. Sur 11 adjoints, 8 étaient ainsi dans l’équipe précédente. Une prime à la fidélité que l’on retrouve aux postes clés, puisque les 6 premiers postes d’adjoints sont occupés par celles et ceux qui ont été en vue dans le premier mandat et que l’on pourrait qualifier de « lieutenants du maire ». On retrouve à ce titre en première adjointe Valérie Turot qui avait eu à gérer le dossier de rénovation de la Rabière. Faut-il y voir un symbole malicieux alors que lors du précédent mandat, Frédéric Augis avait débuté son précédent mandat avec Jean-Christophe Turot en premier adjoint, avant que celui-ci ne quitte la majorité puis rejoigne Laurence Hervé sur la liste investie par LREM ? « Il ne faut pas voir des signes là où il n’y en a pas » rétorque le maire, « nous voulions une femme comme première adjointe et Valérie Turot a été désignée par l’ensemble de la majorité, c’est une élue qui a fait ses preuves et qui maîtrise ses dossiers. »  

Relire : Début de l’acte 2 pour Frédéric Augis

Quant à l’opposition municipale incarnée par deux groupes politiques, un autour du socialiste Francis Gérard et le second autour de la candidate LREM Laurence Hervé, Frédéric Augis appelle « à dépasser les clivages », après un premier mandat où les affrontements verbaux ont été nombreux sur fonds de tension entre élus de l’ancienne majorité et ceux de la nouvelle.  « C’était normal, car nous arrivions après 19 ans de gestion de Philippe Lebreton, j’ai été dans l’opposition et je sais que ce n’est pas toujours simple. Aujourd’hui cette page est tournée. Ils sont les représentants des habitants qui ont voté pour eux et donc d’une partie de la population jocondienne, il faut donc les écouter et entendre ce qu’ils ont à dire. » Des paroles à mettre donc en pratique désormais. Première expérimentation, le 15 juin pour le premier conseil municipal de gestion de la mandature.

Illustration : Photo d’archives

Un degré en plus : Métropole : « Il faut maintenir les investissements »

Alors que la question des investissements à la Métropole se pose lors de cette campagne électorale, notamment à Tours ou Saint-Pierre-des-Corps sur la question du tramway, Frédéric Augis, en tant que vice-président de l’intercommunalité aux mobilités se positionne sur un maintien de ce qui a été voté lors du mandat passé. « La Métropole doit aller vers une transition énergétique et le tramway en est un des vecteurs. Il faut s’en tenir à la délibération qui a été adoptée » explique-t-il. Cette délibération c’est un tramway sur rails. « Il faut une 2e ligne puis une 3e » poursuit-il, alors que dans le même temps, Christophe Bouchet, candidat à Tours s’est déclaré en faveur d’une nouvelle réflexion du projet que ce soit sur le tracé ou sur le mode de transport (tramway, bus, bus à hydrogène…). Pour Frédéric Augis, l’argument est clair : « Nous avons toujours dit que nous faisions une Métropole d’investissements, si on n’investit pas cela n’a donc pas de sens. La Métropole doit porter des projets structurants d’avenir. Si on veut jouer dans la cour des grands, il faut des grands projets. »

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