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Foyer des Jeunes Travailleurs : « Nous sommes une machine à intégrer »

PUSA
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Cet article est paru initialement dans 37°Mag, notre magazine papier.

Aujourd’hui on en trouve partout en France mais le tout premier Foyer de Jeunes Travailleurs du pays est né à Tours il y a plus de 75 ans. Une institution chapeautée par l’association Jeunesse et Habitat qui a par ailleurs bien d’autres missions.

Florian a 23 ans et il vit Rue Bernard Palissy depuis deux ans, dans une des 110 chambres du Foyer des Jeunes Travailleurs de Tours. Son objectif : créer une entreprise dans le secteur du marketing. « J’étais dans une situation familiale impossible alors je me suis donné un maximum de moyens pour avoir mon indépendance », raconte-t-il aujourd’hui. Nicolas a un parcours semblable… A 24 ans, il souhaite s’orienter vers le secteur de l’animation culturelle : « Je vivais à Caen et il y a une période où ça s’est mal passé dans tous les aspects de ma vie alors je me suis cassé. Et j’ai failli me retrouver à la rue. » Lui a posé ses bagages depuis 5 mois dans les locaux de Jeunesse et Habitat : « Ici il y a une bonne ambiance. Le simple fait de venir dans l’espace commun des résidents crée une atmosphère propice psychologiquement. »« Les animations c’est un gros plus, ça permet de s’ouvrir aux autres et c’est cool » abonde Florian, adepte des soirées jeux vidéo… mais pas que.

Rebooster des jeunes, les guider vers une trajectoire de vie qui convienne à leur personnalité : voilà les grandes missions de l’association qui oeuvre en ces murs et qui s’intègre dans un réseau national comptant 300 structures similaires. L’équipe est composée d’une cinquantaine de salariés répartis sur plusieurs sites puisqu’il y a  également des résidences à Langeais, Joué-lès-Tours, La Riche, Montbazon ou près du site universitaire du Plat d’Etain pour un bâtiment dédié aux alternants. Au total 300 lits répartis sur toute l’Indre-et-Loire. « Nous sommes une petite entreprise sociale » résume la directrice générale Caroline Joveneaux aux 12 ans de maison. Financée par les loyers et des subventions publiques (CAF, Région, Département, Métropole…), Jeunesse et Habitat jouit d’un budget annuel supérieur à 3 millions d’€ de quoi garantir un éventail de solutions pour des profils entre 16 et 30 ans (25 ans au Foyer des Jeunes Travailleurs), « et même à 15 ans on ne refuse pas un apprenti » nous dit-on.

Des logements occupés à 90% toute l’année

Les résidents arrivent de plusieurs manières : orientés par les missions locales ou d’autres acteurs sociaux, mais aussi par le bouche à oreille. Il existe en prime une division pour les mineurs étrangers qui arrivent sans proches, leur tutorat pouvant se poursuivre au-delà de 18 ans. « Ce que nous cherchons c’est qu’ils soient armés pour se débrouiller seuls dans la vie. On ne peut pas dire que l’on se substitue aux parents mais parfois nous sommes leur seule référence » étaye Caroline Joveneaux. « Nous sommes une machine à intégrer, une fabrique d’insertion et de citoyens » synthétise le président Jean-Charles Schmitt, ancien cadre d’Orange et à ce poste depuis 2013.

Pour y parvenir, Jeunesse et Habitat propose bien plus qu’un logement. Résidentes et résidents bénéficient d’un suivi personnalisé pour apprendre à gérer leur budget ou les tâches ménagères, remplir leurs premières déclarations d’impôts, trouver du travail ou une formation voire chercher un logement dans le parc social ou privé (1 000 jeunes épaulés par an pour cette seule division)… Il est même possible de faire perdurer le soutien une fois les murs de l’association quittés, pour maximiser les chances de réussite. « Nous pouvons par exemple faire de la médiation avec les propriétaires » précise Jean-Charles Schmitt. A cela s’ajoutent des ateliers variés, de l’éducation sexuelle aux débats politiques, « pour se créer une vie sociale en dehors des écrans » selon les mots de Mathilde Chevalier qui est en charge du montage du programme.

Avec le temps, les profils évoluent : « Nous avons toujours eu des situations précaires mais encore plus depuis la crise sanitaire » éclaire Déborah, qui fait partie de l’équipe d’encadrement. 70% des jeunes hébergés sont en apprentissage mais certains doivent faire face à des ruptures de contrat ou d’autres difficultés comme un handicap. Des parcours à prendre en compte dans leur singularité, d’où des périodes de présence élastiques dans les logements (de quelques mois à plusieurs années) : « Certains sont bien ici, cela a un côté rassurant, alors au bout d’un moment charge à nous de leur faire prendre conscience qu’ils doivent se confronter à autre chose » explique Jennifer Couchou-Meillot, la directrice de l’organisation et des moyens qui travaille là depuis 17 ans. Néanmoins, le turn over demeure important : même avec 90% de taux d’occupation, la liste d’attente reste courte et certaines situations urgentes peuvent se régler en quelques heures.

Un chantier de rénovation à 3 millions d’€

La singularité de Jeunesse et Habitat, c’est que cette association demeure perpétuellement ouverte sur l’extérieur, en particulier via son restaurant grand public où l’on peut déjeuner et dîner en semaine à prix modeste (formule à 8€90). Avant la pandémie, le réfectoire de 300 places pouvait atteindre les 600 repas quotidiens, entre ceux des résidents et les adhérents (salariés du secteur, voisins ou retraités qui paient une cotisation annuelle de 5€). Au menu : 85% de produits frais, voire locaux pour les légumes, le porc roi rose ou les produits laitiers. Tout cela concocté par une équipe d’une dizaine de salariés : « A force on connaît les goûts de certaines personnes » souligne David qui a dirigé la cuisine pendant plusieurs années.

En prime, la structure propose des locations de salles. Et mise sur un grand chantier de rénovation pour accroître encore son attractivité. Un projet à plus de 3 millions d’€ qui comprend notamment la réhabilitation complète du Foyer des Jeunes Travailleurs (kitchenette dans chaque logement, isolation et remise au goût du jour de la déco). Après 16 mois de chantier, suivra la réfection de la cour pour en faire un vaste espace paysager avec une zone événementielle. Le début des opérations est imminent.

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