En 2023, le maire de Tours manie l’art du teasing

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C’est la saison des vœux de bonne année et parmi les nombreuses cérémonies programmées celle du maire de Tours fait partie des plus courues. Elle avait lieu mercredi 11 janvier dans un Grand Théâtre pas complet mais tout de même rempli de plusieurs centaines de personnes. L’occasion pour Emmanuel Denis de faire une sorte de bilan de mi-mandat et de dévoiler quelques projets… sans jamais aller au fond des choses.

Le nouveau préfet, les autorités militaires, le maire de St-Pierre-des-Corps, le maire de Langeais, le maire de Blois, le président du Conseil Régional mais pas le président de Tours Métropole et maire de Joué-lès-Tours, ni le président du Conseil Départemental. A l’Opéra mercredi soir, il y avait les personnalités présentes et celles qu’on aurait trouvé logique de voir mais qui étaient absentes. Faut-il y voir un message ? En tout cas le maire de Tours a profité de la tribune pour déployer son postulat politique. Et au bout de deux ans et demi de gestion de la ville, Emmanuel Denis a peut-être – enfin – trouvé son mantra : « Je souhaite être un maire bâtisseur qui reconstruit la ville sur la ville. »

Cette petite phrase a deux messages : le premier à destination des critiques qui affirment qu’il boude le secteur de la construction et à qui il répond que plus de 1 000 édifications de logements ont été accordées sur la période printemps 2021-printemps 2022 et que ce sera la même chose pour 2022-2023 comparé aux 718 permis de construire de la période 2018-2019 (la dernière avant la crise Covid). Le deuxième c’est pour dévoiler sa tendance : oui il ne fait pas dans le grandiloquent, mais il veut améliorer l’existant.

Plusieurs projets urbains en 2023

Tout de même, au cours de la soirée, Emmanuel Denis a laissé entendre qu’il comptait laisser sa patte dans le paysage local. Ainsi a-t-il annoncé le lancement d’études en vue d’une réfection des places Anatole France et de la Résistance, en capitalisant sur le succès de la rénovation de la Place du Grand Marché (et pour faire oublier le renoncement à tout projet Place Jean Jaurès ?). Plutôt nécessaire quand on sait que la première est assez vide et la deuxième plus un lieu de parking qu’une destination. « Oui, mais c’est la Métropole qui paiera » raille un opposant en sortie de salle (les budgets voirie sont désormais gérés par l’agglo même si c’est la mairie qui donne l’impulsion pour les déclencher).

Et qu’à cela ne tienne, Emmanuel Denis a d’autres envies qui sont directement dans ses compétences. D’ici la fin du mois de mars il faut ainsi s’attendre – pêle-mêle – à l’annonce d’un nouveau projet « ambitieux » pour transformer l’Ilot Vinci près de la gare de Tours, au dévoilement du projet de Maison de l’Hospitalité ou encore à la validation des différents scénarios pour la modification du Haut de la Tranchée avec la réfection de l’ancienne mairie qui deviendra une Maison de la Démocratie ou encore le chantier de modernisation de l’école Victor Hugo.

Des projets de long terme sur le point d’aboutir ?

Sur ces dossiers, voire ces serpents de mer, aucune précision. Et guère plus sur l’avenir du Grand Théâtre ou celui du Centre Chorégraphique National. On sait qu’ils sont officiellement soutenus par la ministre de la Culture depuis une rencontre Emmanuel Denis-Rima Abdul Malak ce 10 janvier à Paris mais il faudra attendre la conclusion d’un audit pour voir comment le premier va surmonter ses difficultés financières et patienter plusieurs mois pour le dévoilement du projet de futur CCNT revu à la baisse depuis l’abandon de la construction d’un bâtiment neuf dans le quartier des Casernes.

Passion teasing toujours quand il s’est agi de parler des transports et du projet de deuxième ligne de tramway : « Les études se poursuivent, c’est bien engagé pour l’insertion Boulevard Jean Royer » affirme Emmanuel Denis qui espère dans le même temps l’accélération du dossier RER tourangeau, qui nécessitera le soutien de la Région, de l’Etat et de la SNCF si il veut aboutir.

Un bond inédit de l’investissement municipal en 2022

Des idées, des envies, donc, dans le discours d’Emmanuel Denis. Mais assez peu de concret sonnant et trébuchant. Dernier exemple avec la police municipale dont la municipalité voulait gonfler les effectifs pour atteindre rapidement les 100 fonctionnaires. L’ambition est repoussée à la fin du mandat avec l’espoir déjà d’atteindre 93 postes pourvus en 2023.

Tout de même on retient l’annonce ferme de deux nouvelles végétalisations de cours d’écoles (Duhamel et Ferry-Pitard), de la végétalisation de la Place Choiseul et du Carrefour de Verdun, de la création d’un jardin pour la Cité de la Gastronomie ou la création d’un espace d’exposition temporaire autour de la gastronomie aux Halles. Egalement le projet de développer la marque Tours-sur-Loire dans différents quartiers dès l’été prochain. Le reste ce sont des projets déjà engagés depuis un bail comme le raccordement de l’Hôtel de Ville au réseau de chaleur biomasse (bois-gaz) du Menneton, le début de la construction de la nouvelle école Claude Bernard au Sanitas ou la poursuite du développement d’un pôle vélo au Menneton (la première installation d’entreprise est prévue dans quelques semaines).

Il faut reconnaître que le maire fait ce qu’il peut avec les capacités financières étriquées de sa ville. Il a d’ailleurs clairement crâné en dévoilant un graphique montrant que plus de 30 millions d’€ d’investissements avaient été engagés en 2022, soit le meilleur chiffre depuis une bonne décennie. L’objectif est de faire au moins aussi bien en 2023. Mais dans la sobriété. « Une sobriété choisie » a affirmé l’élu écologiste en parlant aussi bien de la situation globale dans laquelle le monde se trouve, que de la politique de son équipe à Tours. « Notre génération n’a jamais traversé une période avec autant d’incertitudes, il faut préparer la ville à ce monde en plein bouleversement et consommer moins car consommer plus ce n’est plus possible » avait-t-il ainsi édicté dès l’entame de son propos..

Un degré en plus :

Stupeur générale en fin de cérémonie : après 1h de discours et deux vidéos, le maire de Tours a pris l’initiative de faire venir sur scène les membres du Conseil Municipal en prenant le parti de citer leurs noms. Tous leurs noms, majorité comme opposition. Et au moment de détailler la liste des membres de son équipe, il a prononcé le nom de Cathy Münsch en début de propos. Un choix qui étonne alors que l’ancienne première adjointe est toujours menacée d’une condamnation pour complicité dans l’affaire de détournements de fonds à l’APAJH37. Reconnue coupable en première instance, puis relaxée en appel, elle est dans l’attente du pourvoir en cassation déposé par le parquet. Toujours officiellement élue, donc, y compris à la Région, mais absente des réunions. Dans l’assistance, l’énoncé de son nom si rapidement a d’ailleurs surpris, y compris parmi les soutiens d’Emmanuel Denis.

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