Derrière les murs du Clos de la Richardière

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Amboise c’est le Château Royal avec vue sur la Loire, le Clos Lucé (dernière demeure de Léonard de Vinci), Château Gaillard et ses orangers, la tour d’or blanc, le marché du dimanche, un centre-ville à la mignonnerie reconnue, un centre d’art contemporain (Le Garage)… Et le Clos de la Richardière. Depuis le printemps 2022 cette vaste demeure ouvre ses portes à la visite avec une forte personnalité locale en guise de guide, Christophe Galland.

A dire vrai on se demande un peu où le GPS nous emmène. On a rendez-vous au Clos de la Richardière et la voiture serpente dans un secteur pavillonnaire amboisien qui ne laisse pas vraiment présager l’irruption d’une demeure comme celle qu’on a vue sur Internet avant le départ. Et puis la voilà qui surgit au 53 Rue du Vau de Bonnin. Un grand portail qui donne sur une immense allée de tilleuls aux troncs creux… Et au fond cette maison du XVIIe siècle, érigée l’année où Louis XIV a fêté ses 5 ans, donc l’année où Louis XIV est devenu roi de France. C’était en 1643.

En 380 ans, la bâtisse a connu une douzaine de propriétaires. Le dernier en date s’appelle Christophe Galland, que l’on connait pour son épicerie fine, sa marque de gâteaux Biscuits des Châteaux (notamment vendue au Château de Versailles) mais aussi pour son engagement politique (il a conduit une liste sans étiquette aux élections municipales d’Amboise en 2014 et 2020).

Quelques temps après son installation ici avec son épouse, Christophe Galland a entrepris d’ouvrir le lieu à la visite. Deux fois par jour (du lundi au samedi à 11h et 17h30 du printemps aux vacances de la Toussaint) il est donc possible de se laisser guider dans le parc avant de finir par une dégustation autour de l’ancien pressoir. Car le Clos de la Richardière est un ex-domaine viticole où l’on a produit du vin jusqu’en 1959 (4 bouteilles de cette année-là sont dans la cave, le nouveau propriétaire hésitant fortement à les ouvrir, partagé entre la curiosité et l’envie de préserver ce patrimoine).

Aujourd’hui, il subsiste encore 1ha de vignes de chenin blanc bio aux portes de la propriété, exploité par le lycée viticole d’Amboise. Un voisin avec lequel Christophe Galland s’entend particulièrement bien. Ainsi, au moment du rachat des lieux en 2019 il s’est aperçu que le vignoble débordait de quelques mètres sur sa propriété. Plutôt que de faire couper les ceps il a noué un partenariat qui ira jusqu’à la renaissance d’une cuvée au nom du Clos de la Richardière (vente prévue à partir de 2023). De plus, l’Amboisien a travaillé avec l’établissement pour élaborer les textes expliquant le travail de la vigne apposés au début du parcours de visite. Et des journées à thème sont envisagées.

Tout ça va dans le sens de l’objectif principal de Christophe Galland : ouvrir les portes d’un patrimoine méconnu. En dehors des sentiers battus peut-on dire pour employer une expression à la mode. « Avant cette propriété était fermée » rappelle ainsi le chef d’entreprise qui cherche à en éclaircir les différents mystères. Et ils sont nombreux, comme celui qui entoure deux amas de pierres situés au bord d’un chemin, « peut-être d’anciennes limites de la propriété. Je dois bientôt aller aux archives de la Société Archéologique de Touraine pour faire des recherches. » Au total, le terrain fait 17,5ha (il a compté jusqu’à 6ha de vignes). Il s’agissait d’une ancienne dépendance du somptueux château de Chanteloup (démantelé pour en réutiliser les matériaux) dédiée à l’accueil des invités, ce qui explique la grande allée d’entrée.

Au fil du temps, le parc est devenu le principal atout du lieu avec des dizaines d’espèces d’arbres différentes (35 recensées sur le parcours de visite). On croise ainsi un chêne de 340 ans, des conifères, un orme bonzaï, un saule, des pommiers dont le jus sera bientôt vendu sur place… On croise aussi une réplique des vasques du parc du Château de Versailles, qui a bien failli partir dans la collection de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing mais un problème de procédure a empêché son acquisition définitive après une vente aux enchères de la maison Rouillac.

On déambule donc entre les morceaux d’histoire de France, de la vigne et de la nature avant de rejoindre le pressoir rénové transformé en salle de dégustation/réception/boutique. De quoi goûter d’excellents vins de Loire (dont un rouge qui porte le nom Galland) avec les produits de la ferme familiale (excellents saucisson et rillons). Sachant que le Clos de la Richardière est aussi équipé de ruches pour produire son propre miel. Et que l’endroit héberge aussi une collection de spiritueux français et des articles de la célèbre verrerie alsacienne Lalique. Un décor et une sélection qui impressionnent le local et séduisent l’étranger : ainsi, les touristes américains de la première saison ont été assez nombreux à faire une halte sur place.

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