De plus en plus de recrutements difficiles en Indre-et-Loire

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Ce mercredi 4 mai la ville de Tours organise une nouvelle édition de son forum Tours pour l’Emploi avec une centaine de stands et 1 000 offres d’emploi ou de formation. C’est beaucoup d’autant qu’aujourd’hui ce sont les demandeurs d’emploi qui ont le pouvoir, de nombreux secteurs peinant à trouver la main d’œuvre nécessaire à leurs besoins. Analyse d’un marché atypique.

On aurait pu croire l’inverse mais l’énorme crise générée par le Covid-19 n’a pas fait bondir le chômage. Entre avril 2021 et avril 2022, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a baissé de 16,3% en Indre-et-Loire, soit 5 000 personnes de moins. Depuis plusieurs années les chômeurs de catégorie A ça représentait un groupe d’environ 30 000 personnes dans le département, là on est en dessous de 25 000. La tendance est quasiment identique si l’on ajoute les inscrits à Pôle Emploi qui font quelques heures dans le mois : 50 000 en Touraine, contre 54 000 un an plus tôt.

Autre chiffre qui illustre la situation : l’INSEE estime le taux de chômage régional à 6,6% fin 2021, soit une baisse de 0,8 point en 12 mois. C’est également très important et on se rapproche du seuil des 5%, celui qui correspond à une situation dite de plein emploi, c’est-à-dire où tout le monde peut facilement trouver un poste. « On est sur une dynamique de recrutement forte et qui reste forte » observe ainsi Eric Kraemer, le directeur territorial de Pôle Emploi en Indre-et-Loire. Selon une enquête menée à l’automne auprès de recruteurs du département, 24 000 recrutements sont envisagés sur toute l’année 2022 dont 15 700 pour l’agglo de Tours et le Nord-Ouest du département.

Ainsi, plus d’une entreprise sur 3 cherche à embaucher, un chiffre en hausse par rapport à 2021 et supérieur à la moyenne régionale. Une bonne partie est liée à la relance post-Covid mais ce n’est pas tout. Il y a aussi tous les besoins habituels dans l’agriculture, la restauration, le tourisme ou les services à la personne. Une offre sur 4 est saisonnière mais tout le reste ce sont des contrats pérennes. Intéressant sur le papier… sauf que deux employeurs tourangeaux sur 3 prévoient que ce sera difficile de trouver la bonne personne, cette proportion montant à 100% pour les postes de maçon, on est au-dessus de 90% pour les couvreurs, les vendeurs, les aides à domicile et aides ménagère, les infirmières ou les puéricultrices.

Quelle est la cause de ces difficultés ? « En premier lieu les conditions de travail contraignantes » analyse Erick Kraemer (horaires en soirée ou le week-end, déplacements importants, tâches physiques…). « Et après le lien entre la formation et l’emploi. Autant un serveur on peut le former rapidement avec du tutorat, en revanche un cuisinier il doit acquérir les bases de la cuisine. » Et il n’y a pas toujours assez d’élèves qui sortent de formation, certains choisissent aussi de ne pas poursuivre dans cette voie une fois leur cursus terminé. Ça se voit notamment dans les métiers de la santé ou de l’accompagnement des personnes âgées.

Pour arranger les choses, Pôle Emploi essaie de convaincre les entreprises de proposer des offres plus attrayantes : « on leur dit par exemple qu’en dessous d’un certain salaire elles ne trouveront personne » souligne le directeur territorial d’Indre-et-Loire. Selon lui, « aujourd’hui ça marche, il y a une prise de conscience pour beaucoup d’entre eux ». Pourtant, les salaires restent particulièrement bas dans de nombreuses professions, tout comme les temps partiels subis, une récente étude montrant que les femmes étaient de plus en plus touchées par cette précarité de l’emploi (horaires nocturnes, journées de travail entrecoupées…).

Derrière des chiffres franchement encourageants on est donc sur une réalité bien plus complexe et problématique. D’autant que la situation a tendance à se compliquer : selon l’INSEE la France a réalisé une croissance nulle au premier trimestre (et en général croissance faible = marché de l’emploi en berne) tandis que la guerre en Ukraine entraîne inflation et incertitude sur l’avenir (les entreprises détestent l’incertitude !). Une situation internationale qui complique également les approvisionnements, notamment dans le bâtiment mettant des chantiers à l’arrêt et potentiellement des salariés au chômage partiel.

« Il risque d’y avoir un ralentissement dans certains secteurs » prévient donc Erick Kraemer. Pas massif pour l’instant mais dépendant de l’évolution des différentes situations.

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