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Covid et perte de l’odorat : ça fait peur mais on peut s’en remettre

Salon Hifi - Leclerc Amboise
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C’est un symptôme récurrent de la Covid-19 : la perte du goût ou de l’odorat. 40 à 50% des personnes infectées par le coronavirus peuvent avoir des problèmes pour sentir… Parfois c’est même le seul signe de la contamination. Et dans certains cas, ce n’est pas que passager… Quand ça dure, ce qu’on appelle l’anosmie peut devenir un mal sérieux source d’autres troubles comme la dépression. Pour éviter que cela s’envenime, les professionnels de santé conseillent de consulter le plus tôt possible. On a échangé sur le sujet avec le Dr Charles Aussedat, oto-rhino laryngologiste au CHU de Tours. Avant la pandémie, son service recevait 2 à 3 personnes par mois pour des problèmes d’odorat. Aujourd’hui c’est 2 ou 3 par semaine.

Quand on fait référence à la perte de l’odorat, de quoi parle-t-on exactement ? Quelles en sont les origines ?

Il s’agit tout simplement de difficultés à sentir les odeurs qui passent par le nez et se présentent dans les cellules sensorielles. La plupart du temps ce sont des troubles acquis à cause de certaines maladies, de traumatismes crâniens, de la vieillesse ou d’infections respiratoires. Dans le cas d’un traumatisme crânien, cela peut provenir de l’arrachage des petits filets qui relient les cellules sensorielles au cerveau. Pour les maladies neurodégénératives, elles causent des troubles des neurones donc derrière des troubles de l’olfaction. Et puis il y a les maladies qui entraînent une obstruction de la cavité nasale empêchant les odeurs d’accéder aux cellules sensorielles.

On peut avoir ce problème dès la naissance ?

C’est difficile à dire car on ne fait pas de tests olfactifs sur les nourrissons.

Est-ce que c’est un trouble grave ?

Ce n’est pas grave en soi, cela n’engage pas le pronostic vital, mais les symptômes altèrent fortement la qualité de vie. Quand vous mangez trois fois par jour et qu’à chaque repas vous avez du mal à ressentir le plaisir des odeurs de cuisine c’est un réel souci. Le ressenti des patients est très défavorable. Cela empêche également de sentir des odeurs potentiellement dangereuses comme la fumée d’un incendie ou lors d’une fuite de gaz. Une proportion non négligeable de personnes atteintes l’anosmie souffrent de dépression.

Est-ce qu’il y a des graduations comme on mesure la qualité de la vue ou la surdité ?

Pour schématiser on parle d’anosmie pour une personne qui ne sent plus rien, d’hyposmie quand on sent quelques odeurs mais moins, d’odorat normal mais aussi de phantosmie quand on sent une odeur différente de celle qui nous est présentée. Les cellules sensorielles interprètent différemment ce qui vient à elles. Ce n’est pas une odeur qui en remplace une autre mais quelque chose de différent.

Un processus de rééducation simple à réaliser chez soi.

Qu’est-ce qu’on peut faire face à tout cela ?

La première chose c’est de consulter pour déterminer la cause. Pour cela on peut avoir recours à la fibroscopie et éventuellement un scanner. Après, on peut envisager une rééducation olfactive qui consiste à stimuler les cellules sensorielles en sentant des odeurs et en les réassimilant avec leur identité. On prend une odeur comme le poivre et on lit le mot poivre. Cela peut également être de l’aneth, du citron… On fait ça pendant 12 semaines – 3 mois – au moins 10 minutes matin et soir, avec 10 à 12 odeurs, toujours les mêmes, sans perturbations autour de soir (pas d’enfants, pas de musique) afin d’améliorer les chances que le cerveau rétablisse les connexions.

Cela peut aussi être irréversible ?

C’est difficile à savoir mais c’est possible. D’où l’intérêt de commencer la rééducation le plus vite possible, on peut même le faire avant d’avoir un rendez-vous médical.

On peut voir des résultats rapides ?

Oui la plupart des gens s’améliorent spontanément au bout de quelques semaines. Jusqu’ici on avait tendance à dire que, face à ce trouble, il n’y avait pas grand-chose à faire alors que si. On conseille également aux patients de manger des plats aux saveurs asiatiques qui peuvent les aider à retrouver le plaisir de manger, notamment avec de la sauce soja.

Au CHU, quel est votre rôle dans ce processus ?

On accompagne les patients car cet état est très anxiogène. On leur montre que des solutions existent, on leur montre comment se passe la rééducation à la maison et on assure le suivi.

Plus de femmes touchées, moins de risques de développer des formes graves.

A quel moment avez-vous remarqué que l’anosmie était un symptôme récurrent de la Covid-19 ?

On l’a remarqué dès le début de la première vague. Cela peut arriver en quelques jours mais parfois en quelques heures seulement. Aujourd’hui on dit que c’est un signe qu’il faut aller se faire tester. Et si cela dure plus de 2-3 semaines, il faut consulter. Les patients doivent nous être adressés par leur médecin traitant, les rendez-vous sont pris en charge par la sécurité sociale et compte tenu de la situation nous faisons en sorte de limiter les délais d’attente. Pour nous c’est nouveau de voir une proportion si importante de personnes concernées. On ne sait pas si c’est lié au fait qu’il y a beaucoup de nouvelles infections ou aux spécificités du coronavirus mais on pense qu’il a tendance à occasionner plus d’anosmies en s’attaquant au nerf olfactif situé en haut du nez et qui assure le lien avec le cerveau. Quand il entre par le nez le virus se présente quasiment au niveau du cerveau.

Avez-vous remarqué d’autres spécificités ?

Les anosmies liées à la Covid-19 touchent principalement des femmes et des personnes de plus de 50 ans. Mais les patients qui en souffrent ont aussi moins de risques de développer les formes graves de la maladie.


Un degré en plus :

En cas de besoin vous pouvez donc appeler le CHU Trousseau au 02 47 47 47 47 et demander le secrétariat du service ORL de l’hôpital Bretonneau.

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