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Conseil Municipal de Tours : Orientations budgétaires avec les élections en toile de fond…

Deux heures de présentation avec graphiques et images affichés sur écran, orientations budgétaires de l’année à venir, mais aussi bilan de l’action menée depuis 5 ans par délégation clé ou encore perspectives sur les 5 prochaines années… le débat des orientations budgétaires, exercice obligatoire en amont du vote du budget, a pris une tournure singulière au conseil municipal de Tours, ce mercredi 11 décembre.

Ces orientations budgétaires s’annonçaient forcément particulières en tant que dernières du mandat, surtout avec un maire sortant qui se représente…  Cela n’a pas échappé à l’opposition, d’autant plus que la présentation faite pendant près de deux heures, avec le détail des actions menées dans les grandes délégations (culture, sécurité, vie associative, éducation nationale…) s’est rapprochée d’un bilan d’exercice et de perspectives sur les cinq prochaines années, plutôt qu’une présentation des orientations à venir sur l’année.

Avant même la fin de l’exposé par la majorité, c’est Nicolas Gautreau, élu de l’opposition, qui a réagi : « On n’est pas dans un débat d’orientations budgétaires, vous nous présentez le bilan de votre mandat et des projets sur cinq ans. Ce n’est pas une façon de faire. »

Un grief que l’élu du groupe « Les Démocrates » n’est pas le seul à faire, à l’instar d’Emmanuel Denis (EELV) : « On est dans la présentation de votre programme, vous pouvez remercier les services municipaux » ou encore de Xavier Dateu (divers droite) pour qui cet inventaire ressemble à un « bilan d’autosatisfaction »

Des investissements gonflés en fin de mandat ?

Outre la forme, le fond des orientations budgétaires a également été débattu. Pour rappel, celles-ci reprennent dans les grandes longueurs, les orientations fixées les années précédentes avec 4 grands axes :

  • Maîtrise des dépenses de fonctionnement, liée à la loi de programmation des finances publiques qui limite la hausse des dépenses de fonctionnement à 1,2% au maximum,
  • Stabilité des impôts (qui augmenteront malgré tout à la marge avec la hausse mécanique des taux de base par l’Etat),
  • Maintien (voire augmentation si possible) des niveaux d’investissements,
  • Poursuite du travail de désendettement.

 « Cette année, nous poursuivrons le désendettement de 5 millions d’euros » explique Hélène Millot. La ville projette en effet de procéder à 10 millions d’euros d’emprunts nouveaux pour financer ses investissements, mais remboursera dans le même temps 15 millions d’euros d’emprunts actuels.

« L’encours de la dette s’élèvera à 206 millions d’euros à la fin 2020 » prévoit ainsi l’adjointe aux finances. Pour rappel cet encours, c’est-à-dire le montant total de dettes de la ville était de 232 millions d’euros en 2014. A la fin de l’année prochaine, la dette par habitant sera alors de 1473 euros contre 1679 en 2014.

Côté investissements, la majorité prévoit 35 millions d’euros pour l’année à venir.

Des chiffres qui sans surprise, n’ont pas convaincu les membres de l’opposition. Ainsi pour Nicolas Gautreau « la réalité budgétaire est différente de ce que vous présentez. Vous annoncez un plan d’équipement à haut niveau, qui est contraire à la réalité puisque les dépenses d’équipement ont été réduites ces dernières années. » Et l’élu municipal de citer en exemple les montants d’investissements réalisés en 2013 (33,5 millions d’euros) par rapport à ceux de la mandature actuelle, qui s’élèvent selon lui à 19 millions d’euros (20,7 selon l’adjointe aux finances).

« Vous avez mis un frein à l’investissement pendant ce mandat et vous annoncez un gros chiffre à la fin de façon électoraliste » a-t-il ainsi déclaré, rejoint dans ses propos par Xavier Dateu pour qui « Annoncer 35 millions alors qu’on en fait la moitié, cela plombe forcément un certain nombre d’investissements annoncés », en citant notamment le plan écoles présenté pour les années à venir.

Sur le plan écoles lire notre article sur Info Tours

Des orientations budgétaires qui n’auront pas convaincu l’opposition municipale donc, qui voient dans cette présentation une ficelle électoraliste à l’approche de l’échéance de mars prochain. De quoi faire réagir le maire de Tours, Christophe Bouchet de façon laconique : « Vous avez une obsession ce sont les élections, on aura bien remarqué ».

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