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Conseil Municipal de Tours : Majorité et oppositions, chacune dans son rôle

Les dernières élections municipales ont changé les rôles, dessinant une nouvelle majorité et de nouvelles ambitions pour la ville. Face à la majorité de gauche écologiste et sociale d’Emmanuel Denis, les élus d’oppositions, qu’ils soient des « Progressistes » derrière leur leader Benoist Pierre, de l’ancienne majorité « Tours nous rassemble » derrière Christophe Bouchet ou encore non-inscrite, comme Mélanie Fortier (élue radicale qui a décidé de quitter le dernier groupe cité), comptent bien faire entendre leurs voix au sein d’un Conseil qui garde son cadre de théâtre de la représentation municipale avec ses débats parfois longs et stériles, mais pas seulement…

On ne peut pas dire que le conseil municipal du mardi 29 septembre ait dénoté par rapport aux précédents. Au cours d’une séance qui aura duré près de 6 heures, et malgré un ordre du jour relativement léger (27 points), l’ambiance fut parfois feutrée, parfois plus électrique. De manière générale, saluons des débats de bonne tenue, ponctuellement agrémentés de sorties un peu longues ou plus politiciennes. Le jeu démocratique propre à ce type d’exercice en somme, avec d’un côté des élus d’opposition qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un processus qui conduirait le Conseil Municipal à n’être qu’une « chambre d’enregistrement », de l’autre une majorité cherchant à s’affranchir des débats trop partisans et peu encline à laisser les élus des minorités se mêler de trop près à ses décisions.

Les élus d’opposition à l’attaque sans faire vasciller le maire

C’est d’ailleurs ce reproche qui a été fait par Christophe Bouchet à l’équipe Denis lors de sa première intervention en critiquant le fait d’apprendre par voie de presse des décisions comme la remise en cause du projet de cuisine centrale, sans que celui-ci soit inscrit à l’ordre du jour du Conseil. « Faites ce que vous disiez et pas ce que je faisais » comprend-on en substance quand il s’adresse à son successeur, déclarant à plusieurs reprises que des reproches entendus sous sa direction avaient été faits « à juste titre ». Il faut dire que dans son rôle d’opposant de 2014 à 2020, Emmanuel Denis avait fortement critiqué cette façon de procéder, s’agaçant régulièrement d’apprendre (avec d’autres) par voie de presse les décisions prises par la Municipalité. Les déclarations de suspension du projet de cuisine centrale la semaine passée ont ainsi donné l’occasion à Christophe Bouchet de mettre le nouveau maire face à ses contradictions.  Sans le faire vaciller pour autant.

Ainsi, de manière générale, Emmanuel Denis veille à ne pas s’embourber dans ce genre de débats politiciens qui ne font jamais vraiment avancer les dossiers. On l’avait déjà vu fin juillet, l’écologiste ne compte pas se laisser embarquer sur un terrain glissant, balayant régulièrement les remarques après les avoir écoutées. Une absence de réponse qui ne va pas sans agacer les élus d’opposition à l’instar d’un Olivier Lebreton (LR), très bavard ce mardi soir, profitant de chacune de ses interventions pour digresser sur des arguments souvent plus idéologiques que concrets et s’offusquant de ne pas avoir de réponses à ses remarques de la part de la majorité.

Quelques prises en compte de remarques de l’opposition

Tout de même, on notera que ces échanges arrivent parfois à des choses plus concrètes, y compris quand attaques il y a. Ainsi la discussion sur l’aide à l’achat de vélos par la ville de Tours a non seulement été l’occasion d’échanges politiques (« Vous êtes le maire des riches » a insinué Benoist Pierre à Emmanuel Denis, sur le fait que l’aide n’est pas soumise à un barème social) mais aussi de modifications du projet suite à une proposition du groupe « Tours Nous Rassemble » (lire à ce sujet notre article sur Info Tours). A la marge, tout de même, une seule proposition sur 4 ayant été retenue.

Autre chose… Le vœu des « Progressistes » plaidant pour mettre en place une médiation sur le projet urbain contesté de l’IME des Douets a également été adopté à l’unanimité. Preuve s’il en faut que derrière la théâtralisation des débats, derrière ses longueurs, ses postures et les objectifs différents des oppositions et de la majorité, le cadre démocratique du Conseil Municipal fonctionne toujours.

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