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Confinement : la cellule de crise de la ville de Tours s’organise

Au lendemain de l’annonce d’un nouveau confinement par Emmanuel Macron, les collectivités locales, mairies en tête, tentent de s’organiser rapidement. Le chef de l’Etat n’a laissé que peu de temps à la préparation, de quoi obliger les échelons locaux à faire preuve de réactivité. Exemple à Tours, ce jeudi matin.

Jeudi 29 octobre 08h30. A peine 12h après la déclaration solennelle du Président de la République annonçant un nouveau confinement dès le jeudi soir minuit, les services de la ville de Tours sont sur le pont. Une réunion débute entre les principaux directeurs des services de la ville et le DGS (Directeur Général des Services), Frédéric Fièvet. L’objet de la réunion est le confinement et son adaptation au niveau de la principale commune d’Indre-et-Loire. A cette heure-là, personne ne connaît encore les modalités précises de ce nouveau confinement, annoncé comme plus souple mais qui laisse libre court pour le moment à beaucoup d’interprétations.

Les services en première ligne

Deux heures plus tard, à 10h tapantes, c’est dans la salle Anatole France de l’Hôtel de Ville de Tours qu’une partie des présents à la réunion pré-citée se rendent. Ils y retrouvent le maire de Tours, Emmanuel Denis, une partie de son cabinet et quelques élus : Cathy Munsch-Masset, la 1ere adjointe qui est en visio mais aussi Philippe Geiger, l’adjoint à la tranquillité publique, Franck Gagnaire, l’adjoint à l’Education et Oulématou Ba-Tall, adjointe à la communication interne, et l’administration générale. Tous font partie de la cellule de crise municipale mise en place la veille au soir par le maire pour faire face à ce nouvel épisode de la pandémie du Covid-19.

L’objet de cette réunion matinale est de dresser les points essentiels à gérer que le maire abordera en fin de demi-journée avec la Préfecture. « Il faut que l’on ait les réponses d’ici ce soir pour pouvoir informer la population » indique Emmanuel Denis en préambule avant de passer la main à son Frédéric Fièvet qui animera toute la réunion.

Le Directeur Général des Services a forcément un rôle clé dans cette gestion, lui qui est à la tête des 2200 agents municipaux, auxquels il faut ajouter les emplois non-titulaires mais aussi les 450 employés du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale). Une grosse machine, parfois lourde à bouger, mais essentielle, d’autant plus en ces temps de crise où le rôle des services publics se retrouve renforcé.

Ce jeudi matin, toutes les questions y passent lors de l’état des lieux effectué : de la situation des écoles à celle de la fourrière, en passant par les marchés, l’Etat Civil ou les objets trouvés… L’organisation pratique comme les disponibilités de matériel pour les personnels qui vont se retrouver en télétravail, la communication en interne aux agents municipaux… est également longuement abordée car essentielle au bon fonctionnement des prochaines semaines.

Une gestion différente du printemps

Forcément, la comparaison avec la situation connue lors du précédent confinement au printemps fait œuvre de base pour travailler, même si tous s’accordent à dire que la situation ne sera pas la même. « Les crèches, la petite enfance et les écoles ouvertes, cela change la donne car cela représente 40% des agents de la collectivité » indique ainsi Frédéric Fièvet en notant que les transferts de personnels entre services seront par exemple plus délicats cette fois.

Frédéric Fièvet

« Une configuration différente » pour reprendre les mots du DGS qui nécessite une adaptation nouvelle afin de répondre au mieux aux besoins de la population mais aussi préserver au mieux les services et les employés.

« La grosse problématique est de devoir aller vite mais sans avoir encore les certitudes sur ce que nous devons faire » résume Franck Gagnaire, l’adjoint à l’Education quand la question scolaire est abordée. Une phrase qui se retrouve d’actualité pour toutes les questions du jour finalement.

Au niveau des écoles, si la cellule sait à ce moment-là qu’un nouveau protocole sera mis en place, limitant le brassage des élèves, aucun texte ne vient encore appuyer les changements.  Se pose alors la question des repas méridiens : pique-nique dans les classes ? fourni par la cuisine centrale ? les parents ? Pour l’heure, les questions restent nombreuses et notées précieusement en attendant des réponses concrètes.

Les réponses, elles devront néanmoins arriver vite afin d’informer au mieux la population, qui attend de connaître les nouvelles modalités quotidiennes. Les personnes présentes autour de la table en sont pleinement conscientes mais naviguent elles-mêmes à vue, avec un confinement dont elles ont eu les grandes lignes que la veille, comme le grand public.

11h30. En attendant des réponses de l’Etat et les déclarations du gouvernement le soir-même à 18h30, la réunion se termine. Un nouveau rendez-vous interne est prévu le soir-même pour affiner les réflexions et trancher les décisions. La cellule de crise se réunira par la suite quotidiennement au moins le temps du confinement.

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