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Comment se porte le handisport en Indre-et-Loire ?

Si en Indre-et-Loire le nombre de licenciés handisport se maintient depuis plusieurs années et que le regard sur le handisport change, des progrès restent à faire, au niveau de la communication notamment.

« Ce n’est pas parce qu’on parle de personnes en situation de handicap que l’on parle de faire du social. » L’une des batailles quotidiennes de Julie Bourgeois, chargée de mission au comité départemental handisport 37, est de faire connaître et reconnaître le comité comme fédération sportive. « On est sur un public cible, certes, mais pour autant on parle de sport. Adapté mais cela reste du sport. Ils font le même sport, dans le même club, ils ont la même licence, les mêmes droits que les sportifs valides. »

A la mi-mars 2019, l’Indre-et-Loire comptait 236 titulaires d’une licence handisport. Un chiffre qui, de manière générale, se maintient depuis quelques années et fait de la Touraine le plus gros département de la région Centre-Val de Loire. Dans la vingtaine de clubs sections, dont trois purement handisport, notamment situés dans l’agglomération tourangelle, de nombreux sports sont représentés, sous toutes les formes (compétition, loisirs, sport santé…). Parmi eux, l’athlétisme est le plus demandé chez les jeunes. Le tennis de table est également très pratiqué et il existe une forte demande au niveau de la natation mais « peu d’offres à proposer ».

Si le regard sur le handisport change et que l’on en parle de plus en plus, des progrès restent à faire. À commencer par l’accessibilité des infrastructures. « Ça fait partie des choses pour lesquels on a envie de se battre. Mais, au-delà de ça, on veut être dans une transparence totale donc, quand j’ai rendez-vous avec quelqu’un qui veut aller pratiquer au gymnase du coin, s’il n’est pas accessible je ne vais pas lui mentir. Ce n’est pas un jugement par rapport au club mais pour que la personne ne prenne pas porte close et ne fasse plus du tout la démarche », explique Julie Bourgeois. Selon elle, il serait utopique de dire que toutes les structures seront un jour adaptées. « Maintenant, il y a des lieux accessibles qui sont quand même en nombre », nuance-t-elle.

Un travail de réseau important

La communication doit aussi être améliorée. « On voit essentiellement le haut niveau mais il faut comprendre que le handisport ce n’est pas que ça », assure Denis Gauthier, président du comité départemental handisport 37. « Je pense qu’il faut un travail de réseau et de longue haleine pour faire savoir que ça existe, que la partie compétitive est vraiment infime, comme chez les valides au final, qu’on existe, qu’on est là, qu’il faut franchir le cap. On a tous des soucis dans la vie quotidienne mais on parle aussi de personnes qui ont souvent un emploi du temps surchargé de rendez-vous médicaux, administratifs… Le sport n’est peut-être pas leur priorité donc on a besoin de l’appui des médias, des collectivités pour donner de la crédibilité à nos actions », poursuit Julie Bourgeois. Pour cela, le comité travaille notamment avec les centres de rééducation. « L’idée est que la personne qui est en centre de rééducation et qui a déjà une pratique, car ils ont une pratique là-bas, nous ait déjà vu sur place, sache que l’on est encore là après… » D’après Denis Gauthier, les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ou les collectivités devraient elles aussi participer à cette communication, en expliquant ce qu’est le handisport et ce qu’il peut apporter.

Dans les années à venir, l’objectif est de travailler sur les jeunes et de continuer ce travail de communication. « Je pense que c’est important qu’il y ait une pratique hebdomadaire qui soit proposé à tous les jeunes en situation de handicap. C’est primordial, dès le plus jeune âge, de montrer que ça existe pour que cela perdure. Et, après, développer ce travail de réseau avec les centres de rééducation, les hôpitaux, les professionnels de santé… » Aussi, les clubs pourraient être amenés à accueillir plus de personnes en situation de handicap. Il serait donc important d’avoir plus de matériel adapté, des formations pour les encadrants… « Il faut faire en sorte que le sport soit un choix. On a le droit de ne pas vouloir en faire mais il faut que ce soit un choix. »

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