Comment Saint-Avertin prépare sa nouvelle saison culturelle

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Après plus de 6 mois d’arrêt, les salles de spectacles retrouvent le public, les artistes refoulent les planches. Du bonheur mais le spectre du coronavirus continue de planer. Comment se projeter dans l’avenir malgré la menace d’une nouvelle vague ? Reportage à Saint-Avertin.

« Pendant le confinement j’ai joué quelques fois à l’étranger mais j’avais beaucoup d’impatience de remonter sur scène en France. » Vendredi dernier, Éric-Emmanuel Schmitt présentait la pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran au Nouvel Atrium de Saint-Avertin. Son premier spectacle post-confinement. « Je n’ai pas vu les gradins mais je vous ai entendus et sentis. J’étais ému pendant tout le spectacle, j’en ai perdu mon oreillette » confie-t-il au maire et à l’équipe en sortie de scène, au moment de recevoir une bouteille de vin de Loire et quelques minutes avant de s’attabler dans les coulisses de la salle tourangelle.

Issue d’un de ses livres, la pièce est un petit bijou d’écriture drôle et sensible, avec une mise en scène captivante et l’indéniable aura de son interprète. Consignes sanitaires obligent, seules 135 personnes ont pu y assister, soit 35% des 383 places que compte le Nouvel Atrium. A l’entrée, le programmateur Joäo Gonçalves et son assistante Emilie intiment aux spectatrices et spectateurs de déchirer les talons de leurs billets, de l’autre côté de la porte, Mathilde veille à ce que chaque groupe soit séparé d’au moins deux sièges ce qui n’est pas si simple quand le placement est libre.

Un public chaleureux mais contraint

La soirée affiche complet. « Et on aurait sans doute fait complet si on avait eu une jauge complète » explique Joäo Gonçalves. 10 places avaient été vendues avant le reconfinement automnal, les autres se sont arrachées dès la confirmation de la date : une femme est même venue exprès de Belgique. « On aurait adoré faire une séance de dédicaces, Éric-Emmanuel Schmitt le voulait mais ce n’est pas possible à cause du couvre-feu » répète plusieurs fois Mathilde face à du public un peu désabusé. Car il a aussi fallu jongler avec cet impératif horaire qui impose de rentrer chez soi à 21h, ce qui signifie début de spectacle à 19h pour des applaudissements à 20h40. Une standing ovation dont quelques personnes s’échappent discrètement pour rentrer à l’heure à la maison.

Les lumières rallumées, c’est le soulagement. Repas, balances, aménagements techniques, ouverture des portes dès 18h, sortie échelonnée de la salle, sens de circulation… Tout ce qui se préparait depuis 13h s’est bien passé : « On a eu la chance d’avoir déjà fait ça avant le reconfinement pour le spectacle de Monica Bellucci. On savait faire » éclaire Joäo Gonçalves avant d’ironiser : « Nous avons maintenu la première et la dernière date de notre saison culturelle sans rien bouger. »

Et maintenant ? Hormis un spectacle de théâtre de scène locale le 17 juin (cette fois avec une jauge à 65%) et une programmation estivale (notamment la guinguette Port-Avertin qui ouvre le 2 juillet), les prochaines semaines s’annoncent assez calme dans la commune au sud du Cher. Mais à la rentrée, ça risque de bouger fort : « On aura beaucoup de reports et des nouveautés » indique le programmateur qui travaille d’arrache-pied pour construire le planning (validation du conseil municipal attendue dans l’été).

Un trimestre de rentrée chargé en propositions

Comme d’habitude, il y aura de l’humour, de la musique, du théâtre… Miossec est assuré de revenir tout comme Olivier de Benoist « mais c’est compliqué avec les productions qui nous font bouger les dates. Certains artistes veulent jouer partout, d’autres changent de spectacles, certains s’arrêtent pour créer… » regrette Joäo Gonçalves, sans se départir de son humour : « Ça a un côté exaltant. En 12 ans ici j’ai dû annuler trois concerts, là j’ai totalement bousculé deux saisons d’affilée. »

Bref, derrière l’optimisme, l’incertitude demeure. Même si la situation semble s’éclaircir avec la baisse des cas graves à l’hôpital et l’accélération de la vaccination, les doutes persistent sur la possibilité de maintenir l’ensemble de la prochaine saison saint-avertinoise.

« On fait comme si on était sortis de tout ça. Et si on doit décaler, on décalera » commente sobrement le maire Laurent Raymond venu voir Éric-Emmanuel Schmitt. Certains artistes prévus en 2020 se retrouvent ainsi décalés en 2022. L’avantage de la commune, c’est qu’elle finance elle-même ses spectacles donc se décharge de l’objectif de rentabilité. Sa politique est de dire qu’elle veut rendre la culture accessible à tout le monde, en dehors de l’hyper centre de Tours et cela n’échappe pas à la tête d’affiche de la soirée : « Bravo pour votre programmation culturelle aussi variée. » Elle se complétera d’ailleurs dès la rentrée avec une nouveauté : des représentations de scène locale 1 à 2 dimanches par mois au Nouvel Atrium, avec des billets au prix maximum de 5€.

Photos : Claire Vinson

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