Tours Métropole - Enquête Filbleu

Comment l’armée surveille le ciel français depuis Cinq-Mars-la-Pile

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Ce mercredi c’est le défilé du 14 juillet, les Français pourront voir les avions de combat de l’armée au-dessus du ciel parisien… Une zone surveillée depuis la Touraine. Nous avons rencontré les contrôleurs aériens du centre de détection et de contrôle de Cinq-Mars-la-Pile, le “CDC Raki” pour les militaires.

La base aérienne 705 de Tours n’accueille plus d’avions. L’ancienne école de pilotes de chasse qui recevait aussi la permanence opérationnelle (la police de l’air) se transforme et devient centre de ressources humaines et de formation de l’armée de l’Air. Cela dit, la Touraine garde une place de choix dans la mission stratégique de surveillance du ciel français. Quelques kilomètres plus à l’ouest, dans la base beaucoup plus discrète de Cinq-Mars-la-Pile de très nombreux militaires observeront le défilé derrière leur écrans radar. C’est la partie immergée de l’iceberg militaire, qui travaille à sécuriser le défilé des aéronefs qui défileront devant le grand public.Un site créé en 1957.

“Ici on ne dort jamais” nous indique le lieutenant-colonel Coynel, ancien pilote sur Mirage et Rafale, qui dirige la base. En effet, près de 90 contrôleurs aériens épaulés de 250 autres personnels (mécaniciens radar, informaticiens, etc.) se relaient 24 heures sur 24, 365 jours par an pour assurer la sécurité aérienne pour tout le nord de la France, en complément des deux autres bases de Lyon et Mont-de-Marsan veillant sur le sud du territoire. Une responsabilité majeure pour le centre de détection et de contrôle, dit “CDC Raki”, l’essentiel des infrastructures économiques et militaires étant dans cette zone nord. 

De l’aviateur distrait à la véritable menace

Alors que les contrôleurs aériens civils ont pour mission de réguler le trafic aérien habituel, c’est-à-dire les décollages, atterrissages et la gestion des flux d’avions, les contrôleurs de défense que l’on trouve au CDC ont une mission axée sur la sécurité. Le trafic aérien n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là. Il est au contraire quotidiennement émaillé d’incidents. 

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En plus des 10 à 12 000 vols quotidiens traversant le ciel français, les contrôleurs de Cinq-Mars-la-Pile doivent gérer des problèmes variés : perte de radio sur de petits appareils, pilotes amateurs distraits ayant dépassé les zones autorisées, ou encore aviateurs du dimanche trop curieux, souhaitant par exemple voir les cérémonies du 14 juillet de plus près. Les alertes ne manquent pas sur les écrans, la plus inquiétante mais la moins probable étant l’attaque terroriste par voie aérienne. A ces menaces s’ajoutent depuis quelque temps les très nombreux drones, beaucoup plus petits et difficiles à détecter, qui font malgré tout l’objet d’une surveillance accrue, avec des moyens qui sont gardés confidentiels par le CDC.

A chaque niveau d’alerte correspond une procédure, allant du simple contrôle par radio pour identification jusqu’au déclenchement de la permanence opérationnelle, faisant décoller un avion de chasse ou un hélicoptère en quelques minutes pour intercepter un avion suspect. 350 interventions en 2020 pour le territoire entier, presque une par jour, la plupart sans conséquence. En cas de menace terroriste imminente, en ultime recours, la permanence opérationnelle peut abattre un aéronef sous la responsabilité directe du premier ministre. 

Pour la Fête National, c’est eux qui protégent le ciel français

Lors de notre visite, deux contrôleurs aériens, le lieutenant Guillaume et la sergent Océane travaillent en duo derrière leur console de contrôle, chacun vérifiant les informations de son binôme pour exclure toute erreur. Indicatifs, azimuts, zones aériennes, procédures et informations confidentielles défense, ils maîtrisent un langage extrêmement codifié. Malgré leur jeune âge, ils ont déjà de nombreuses missions à leur actif : surveillance, gestion des espaces d’entraînement de chasseurs, gestion des ravitaillement en vol, etc.. Et demain, ils seront dans les coulisses du défilé, régulant et surveillant chaque mouvement. Le sergent Océane parle avec assurance de son métier : “Ce n’est pas notre premier 14 juillet, et nous nous entraînons quotidiennement, donc il n’y a donc pas beaucoup d’inquiétude, mais nous serons comme tous les jours très concentrés.” 

Pour le 14 juillet, après de nombreuses répétitions les jours précédents, ce sont eux et près de 30 autres contrôleurs et collaborateurs de Cinq-Mars-la-Pile qui seront au cœur de l’événement chargés de la gestion de l’ensemble du trafic aérien dans un “DPSA”, un dispositif particulier de sécurité aérienne. Ce dispositif aura pour but de gérer les nombreux avions militaires et leur chorégraphie, sans jamais perturber le trafic civil, tout en prêtant une attention particulière à tout risque d’intrusion, évidemment bien plus élevé en ce jour de fête nationale. 

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