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Christophe Bouchet : un maire « peu académique »

Maire de Tours depuis octobre 2017, Christophe Bouchet a imprimé de son empreinte la politique municipale depuis. A grands renforts de communication, le maire de Tours a d’abord surpris son monde et pris de court une partie de l’opposition… il a également bousculé certains codes établis, sans forcément convaincre. Que retenir de cette première année de l’ère Bouchet ?

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En arrivant à la tête de la ville en octobre 2017, Christophe Bouchet le savait, il devait redonner du souffle à un mandat qui peinait à convaincre depuis 2014 et la prise de la mairie par la majorité de droite et de centre-droit. Deux ans et demi pour convaincre et donner un cap à une politique qu’il défendra en 2020, Christophe Bouchet ayant annoncé dès le départ son intention de se présenter comme candidat aux prochaines élections municipales.

« Ne pas faire, pour dire de faire »

Un an après il ressort une impression paradoxale. Côté pile, Christophe Bouchet a en effet donné l’impression de vouloir aller vite mais affirme malgré tout vouloir prendre son temps de l’autre et ne pas tomber dans un timing politique. Sur plusieurs sujets, le maire de Tours l’assume, il refuse « de faire pour dire de faire ». Le meilleur exemple est le projet du Haut de la Rue Nationale qu’il a mis en pause le temps d’avoir une réflexion plus élargie : « On allait construire deux hôtels sans penser aux trottoirs devant, cela n’a pas de sens. On ne peut pas engager la ville sur des décennies sans schéma global » assume-t-il. Et tant pis si les explications peinent à convaincre, le maire de Tours garde son cap et sa vision. Sur l’Ilot Vinci aussi : « Le secteur va changer entre le Sanitas, la place de la gare, peut-être la deuxième ligne de tramway, il faut donc avoir une vision globale et penser les choses en ce sens ». Pour Christophe Bouchet, les grands projets doivent permettre de donner une nouvelle impulsion à Tours et vont marquer la ville pendant plusieurs décennies, pas question donc de se presser.

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Pourtant avec la fin du mandat qui approche les choses vont s’accélérer, un premier exemple est arrivé en ce mois d’octobre avec l’annonce de la reconstruction du Palais des Sports et sa transformation en salle multifonctionnelle de 6000 à 7000 places selon la configuration. Un projet à 30 millions d’euros qui vient en remplacement de celui d’Arena rangée dans les placards car trop chère (80 millions d’euros). Un projet qui sera porté par la Métropole et la ville de Tours, pour lequel Christophe Bouchet a su convaincre les élus métropolitains.

A la Métropole justement, le maire de Tours bouscule les choses, agace certains collègues, mais manœuvre plutôt bien au final. « Christophe Bouchet cherche à faire payer à la Métropole la dette de Tours, mais ce n’est pas son rôle, on a construit avant tout une métropole de projets » s’exclame ainsi un maire de l’agglomération quand on parle de son collègue de Tours, avant de poursuivre : « force est de reconnaître que pour l’instant il réussit plutôt bien en revanche ». En effet ,s’il n’a pas obtenu une reprise directe d’une partie de la dette par la Métropole, Christophe Bouchet a réussi de manière habile à le faire de manière indirecte, par le biais de vente des bâtiments du CFA et de l’Ecole des Beaux-Arts pour 11 millions d’euros, une somme directement orientée sur le remboursement de la dette.

Cap sur 2020

Christophe Bouchet souhaite imposer une certaine vision des choses et n’a pas peur de bousculer l’ordre établi. Pour y arriver il s’est entouré d’une garde rapprochée que ce soit au cabinet ou au service communication de la ville. Des recrutements qui lui ont été reprochés, certains l’accusant d’être déjà entré en campagne. « Je dois donc faire en sorte que le fonctionnement de la mairie soit le plus efficace possible, pas pour le maire, mais pour la ville et pour cela j’ai besoin de personnes capables de gérer des grosses structures comme la ville de Tours » rétorque-t-il.

Elu au parcours atypique, homme d’affaires mais aussi de communication entré tard en politique (en 2012 pour les Législatives à Tours où il fera 1,62%), Christophe Bouchet applique ainsi depuis un an des méthodes issues avant tout du privé. Et la confrontation des deux mondes n’est pas toujours aisée, le maire de Tours découvrant alors le fonctionnement d’un paquebot difficile à manœuvrer. Et c’est là où cela coince. Depuis un an, quelques annonces ont été faites et ont été (ou vont être) mises en place (citons pèle-mêle les travaux de voirie, la mise en place du plan lumières, la renégociation du mur de la dette de 2023-2026…) mais il est difficile d’avoir une vision claire de la politique menée.

« Je n’ai pas un style académique, je ne pense pas que cela choque les Tourangeaux » exprime-t-il quand on lui fait remarquer ses méthodes atypiques. Réponse en 2020.

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