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Au tennis club de Tours, la terre battue est reine

Installé sur un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ancien club de golf, le tennis club de Tours est le premier club de la région Centre-Val de Loire. Parmi ses nombreux terrains, il dispose de douze courts en terre battue, dont la qualité a été reconnue par l’obtention du label club Roland-Garros. Cette surface, qui coûte cher mais présente de nombreux avantages, est la surface référence en France et est recherchée par les joueurs.  

« Nous sommes dans un cadre exceptionnel, quasiment en centre-ville, à côté d’un parc et de la Loire », se félicite Philippe Martin, directeur et entraîneur du tennis club de Tours (TCT). Situé sur un ancien golf, entre le parc Sainte-Radegonde et le fleuve royal, le club dispose de dix-huit courts, accueille quelque 760 adhérents, parmi lesquels 372 enfants, et compte trente-cinq équipes engagées dans les différents championnats. Ce qui fait de lui le premier club de la région Centre-Val de Loire.

S’il s’agit donc d’un ancien terrain de golf, transféré par la suite à Ballan-Miré, le TCT ne dispose pas pour autant de courts en herbe. « Ce n’est pas dans les gènes français d’avoir de l’herbe. A Villandry, ils avaient la place de le faire et c’est très beau. Mais, il n’y a qu’un seul club en France où l’on peut jouer sur herbe, à Deauville. » La terre battue reste la référence en France, notamment grâce à l’organisation de Roland-Garros à Paris, l’un des quatre tournois du Grand Chelem. Philippe Martin explique d’ailleurs, qu’à l’époque, la plupart des terrains étaient recouverts de la surface ocre, composée de cinq couches (brique, calcaire…). Mais ces terrains se font de plus en plus rares et laissent progressivement place au dur. Parmi ses courts, le club tourangeau n’en compte pas moins de douze en terre battue, six en extérieur et six en intérieur. Si les surfaces dures prennent le pas sur les autres, cela s’explique notamment par un entretien plus facile.

« Pour le dur, il faut démousser mais il n’y a quasiment que ça à faire », indique Frédérique Cousin, assistante de direction du TCT. Au contraire, prendre soin des terres battues demande plus de temps. « Sur terre, le plus important, c’est l’arrosage, le passage des filets, du balai… Il faut que la terre reste humide. Pour cela, il faudrait arroser toutes les heures mais c’est compliqué. Sinon, il faudrait un employé pour le faire. Mais, on y fait attention donc les terrains restent de qualité. Même après la canicule, ils sont restés praticables », explique Philippe Martin.

Une qualité toujours recherchée par le club pour satisfaire ses membres et reconnue par l’obtention, l’année dernière, du label club Roland-Garros, décerné par la Fédération Française de tennis. Une distinction que peu de clubs en France réussissent à avoir, puisque seuls 64 clubs sur 8.000 sont labellisés. Ce label entraîne une aide financière plus forte de la part de la FFT. « Ça apporte le prestige, la publicité mais il n’y a pas de retombée immédiate », ajoute Frédérique Cousin.

TCT 6 - Crédit TCT
TCT 2

Entretien important et budget conséquent

Cet entretien important de la terre battue contraint donc les clubs bénéficiant de courts en terre à avoir le matériel nécessaire et les frais autour de la surface ocre se multiplient. A l’achat de filets, de balais, ou d’objets nécessaires à l’arrosage s’ajoute la remise en état des courts. A chaque saison, les douze terrains en terre battue du TCT sont refaits et quelque douze tonnes de terre y sont étalées. Pour cela, le club tourangeau fait appel à une entreprise privée. Pour une simple remise en état, il débourse 35.000 euros. Tous les dix à quinze ans, une terre neuve est même installée. Le montant de cette opération s’élève à 50.000 euros par terrain. Un coût élevé, que tous les clubs n’ont donc pas le luxe de s’offrir.

Mais l’usage de la surface du Grand Chelem parisien présente de nombreux avantages. « Ça a un côté classe. C’est agréable à jouer, pour les articulations c’est idéal car c’est une surface molle », affirme Philippe Martin. Aussi, le jeu y est différent. « Il y a beaucoup plus d’échanges. Au niveau compétitif, il faut être fort physiquement et la terre demande d’être tactique. C’est aussi plus facile d’entraîner sur terre battue car la balle va moins vite », ajoute-t-il.

S’il pouvait y avoir un désavantage, ce serait le jeu sur les terrains extérieurs. En effet, il dépend des conditions météorologiques. « On peut jouer sur terre jusqu’à ce qu’il grêle car après la terre se transforme en boue, les lignes sautent », explique le directeur. Pour pallier ce problème, le TCT a opté pour trois courts en terre battue synthétique et éclairés, sur lesquels il est possible de jouer toute l’année.

« Si un Français gagnait sur terre battue, notamment à Roland-Garros, cela emmènerait de nouvelles personnes à pratiquer, comme ces sports qui marchent très fort suite aux Jeux Olympiques. »

Philippe Martin, directeur du TCT 
TCT 5 - Crédit  TCT
TCT

Une émulation autour de Roland-Garros 

La terre battue est également une surface qui attire les joueurs. « 95% des adhérents sont ici car il y a de la terre battue. Il y en a qui ne jouent que sur terre. » Selon le directeur, le Grand Chelem parisien crée une réelle dynamique et lance une saison. « C’est bien qu’il y ait Roland-Garros en France. On sent une émulation autour de ça. Ça donne envie aux joueurs. » Philippe Martin va même plus loin. « Si un Français gagnait sur terre battue, notamment à Roland-Garros, cela emmènerait de nouvelles personnes à pratiquer, comme ces sports qui marchent très fort suite aux Jeux Olympiques ou à des championnats du monde. » Avant de se souvenir, l’air un peu nostalgique : « La victoire de Yannick Noah a conduit à un truc de dingue ! »

Mais, depuis la victoire de Yannick Noah en 1983 et de Mary Pierce en 2000, aucun tricolore n’a réussi à s’illustrer sur la terre parisienne. Si l’on imagine mal un Français remporter le tournoi de la Porte d’Auteuil d’ici quelques années, Philippe Martin assure que la présence de certains joueurs sur le circuit est un atout pour le tennis. « On a de la chance d’avoir des joueurs charismatiques, comme Rafael Nadal ou Roger Federer, que les enfants adorent. » Il se rappelle par exemple avoir entendu, la veille de notre entretien lors d’un stage organisé par le club, les enfants parler de l’Espagnol, justement roi de la terre battue et notamment douze fois vainqueur de Roland-Garros.

Pour essayer d’assurer la relève, le tennis club de Tours propose des cours collectifs et individuels pour les enfants, dispose d’un centre d’entraînement et se prépare à ouvrir sa nouvelle académie. L’idée ? « Essayer de détecter des jeunes. Ils ont un programme en fonction de leur âge, de leur classement et on aimerait en faire des joueurs qui pourront jouer dans nos équipes. Ceux à plus gros potentiel joueront en national voir à l’international mais ce sont des perles rares. » Mais, qui sait, peut-être que l’une de ces perles rares se cache près de chez vous.

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Un degré en plus

Le tennis club de Tours organise des portes ouvertes le samedi 7 septembre, à partir de 9h. Les nouveaux adhérents jamais inscrits au club (adultes et étudiants) pourront bénéficier jusqu’à 30% de remise. Des activités ouvertes à tous, telles que du tennis fitness, des entraînements ou un radar vitesse, seront également proposées.

Quai Paul Bert, île Aucard – 37100 Tours

Crédits photos : Émilie Mette et TCT 

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