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Arts martiaux de Touraine, l’apprentissage d’un art de vivre

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Cet article est paru initialement dans 37°Sport, notre magazine consacré aux sports en Touraine.

Cette année, l’association Arts martiaux de Touraine fête ses vingt ans. Ses quelque 150 adhérents y pratiquent le judo, le jujitsu, le taïso et les arts martiaux vietnamiens. Plus qu’une pratique sportive, ces disciplines nous sont présentées comme un « art de vivre ».

« Les arts martiaux, si on ne les vit pas tous les jours, dans notre façon de manger, de parler, de voyager, ça ne sert à rien. » C’est ce qu’assure Florent Pelletier, professeur aux Arts martiaux de Touraine, où quatre disciplines sont enseignées : le judo, le jujitsu (méthode de self-défense physique et morale, avec ou sans arme), le taïso (pratique qui permet la préparation du corps et l’amélioration du potentiel physique) et les arts martiaux vietnamiens (méthode qui aide à développer l’harmonie entre les énergies interne et externe). Le club tourangeau fête ses vingt ans en 2021. Il a pris la suite de la section judo créée au sein du Foyer de loisirs Courteline, en 1986.

L’association compte aujourd’hui quelque 150 adhérents, de tous âges. Car les arts martiaux peuvent être pratiqués dès 3 ans. « Il n’y a pas de prérequis physiques. Ce qui compte, c’est de travailler correctement et de veiller à donner les bons conseils. Tout est basé sur la confiance, en soi et en l’autre » explique celui qui est aussi président d’honneur du club. 

À force d’entraînement, les nombreux bienfaits des différentes disciplines apparaissent. Ces activités jouent un rôle sur la santé et le bien-être, développent la confiance en soi et la résistance physique et inculquent des valeurs telles que le respect et l’écoute des autres. Elles permettent également d’apprendre à s’adapter et à prendre les bonnes décisions, quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve (fatigue, peur, stress, imprévu…). « Personnellement, ça m’a renforcé. Il faut lutter contre les peurs, les a priori. On ne vend pas du rêve mais du concret. Si on se trompe, ce n’est pas grave. Les épreuves vont nous aider à nous construire. Ce qui fait notre force, c’est que les arts martiaux nous accompagnent tout au long de notre vie. »

Une aide pour surmonter les épreuves de la vie

Les licenciés peuvent d’ailleurs en témoigner. Grâce à leur pratique, certains ont réussi à surmonter des épreuves survenues au cours de leur vie. Philippe raconte par exemple que, lors d’une sortie en vélo il y a quelques temps, il a ressenti une étrange sensation au niveau du cœur et a eu le réflexe de s’arrêter immédiatement : « Je faisais un infarctus. J’ai dû être opéré mais la pratique des arts martiaux m’a permis de ne pas être dépassé par les événements. » Il se souvient de la solidarité des autres membres du club, qui sont allés lui rendre visite à l’hôpital… « Ça donne sacrément de la force. On sait que l’on peut compter les uns sur les autres. Il faut savoir demander de l’aide et la donner. » 

Savoir demander de l’aide. Patrick a su le faire. Après s’être fait agresser au collège, le jeune homme a tout de suite demandé à contacter son professeur de judo. « Sur le moment, j’ai perdu mes moyens et ce que j’avais appris donc je suis resté bloqué mais on ressort plus grand de ces épreuves. J’ai commencé le judo à six ans, Florent m’a inculqué beaucoup de valeurs. Je savais qu’il pourrait m’aider, trouver les bons mots et m’apporter du réconfort. » Le soir-même, Florent Pelletier et son élève se sont entraînés ensemble. 

Mickaël a lui aussi pu compter sur le soutien du groupe. Après une fracture, il a dû être opéré. « Dès le début, j’ai senti cette force d’amitié m’accompagner. Ils sont venus à 4h du matin pour me soutenir avant l’intervention. À aucun moment je n’ai eu peur » se remémore-t-il. Alors que chacun expose son histoire, Florent Pelletier se réjouit de constater la cohésion qui existe entre tous les adhérents. « L’apport du groupe sur l’apport personnel est incroyable, avec des personnes d’origines très diverses. Aussi, si l’autre est dans l’erreur, on va lui apporter des conseils. La solidarité n’a pas de limite mais elle est basée sur une éthique. »

D’autres expliquent que les arts martiaux leur ont permis de prendre confiance en eux et vaincre leurs peurs. À l’image de Romain : « Très jeune, j’ai été propulsé technico-commercial mais j’ai toujours eu peur de prendre la parole. À force d’entraînement, de combat, j’ai pu dépasser cette peur. J’ai ensuite réussi à tenir tête à des directeurs de magasins. Il n’y a pas de séparation entre la vie professionnelle, personnelle et le dojo, c’est ce qui fait que c’est un art. » Catherine, de son côté, raconte comment l’entraînement lui a permis de mieux percevoir les choses. « Quand j’étais interne, j’ai vu un homme sur le parking de l’hôpital et j’ai senti qu’il allait m’agresser. J’ai donc réfléchi à comment réagir et la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est qu’il ne devait pas savoir où j’habitais. Ça devient comme un sixième sens. » Mais elle précise que, pour « être prêt à chaque instant » il faut beaucoup s’entraîner.

« Ce qui compte, c’est de travailler correctement et de veiller à donner les bons conseils. Tout est basé sur la confiance, en soi et en l’autre. »
Florent Pelletier

Certains adhérents regrettent cependant que l’on limite encore les arts martiaux à une pratique sportive. Car, au-delà de la dimension physique, ils sont finalement « un art de vivre ». Pour essayer de le faire comprendre et faire découvrir ses différentes disciplines, les Arts martiaux de Touraine organisent des démonstrations au Japan Tours festival, lors de Sport’Ouvertes en septembre ou d’événements au Jardin Botanique… mais également des stages polyvalents de self-défense ou de casse. Pendant plusieurs années, ils ont par ailleurs présenté des spectacles aux Halles de Tours ou à La Pléiade de La Riche.Florent Pelletier conclut : « La vie, c’est tout sauf La La land. Nous aurons tous des difficultés, qu’elles soient professionnelles ou familiales, l’important est de savoir comment réagir. Assumer ses craintes est un travail énorme. Il faut accepter que certaines personnes puissent mettre du temps à ne plus avoir peur. » Pour l’association, il ne reste qu’à « donner aux gens l’envie de pousser la porte d’un dojo et le goût de persévérer ».

Emilie Mette

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