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Arnaud Giacometti : « Je porte un projet collectif pour l’Université de Tours »

Depuis la semaine dernière, l’Université de Tours a un nouveau président. Succédant à Philippe Vendrix qui était en poste depuis 2016, Arnaud Giacometti a pris la tête de l’institution universitaire sur un projet incarnant le changement. Quelques jours après son élection, et sans avoir pris le temps de prendre en main tous les dossiers, il a accepté de nous recevoir. Entretien

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Arnaud Giacometti : Cela fait 25 ans que je suis à l’Université de Tours. J’ai notamment eu des responsabilités en formation et recherche en informatique. Dernièrement j’étais co-directeur du département d’informatique de la faculté des sciences et techniques (site de Blois) et directeur adjoint du LIFAT (Laboratoire d’Informatique Fondamentale et Appliquée de Tours). J’ai été sous la présidence de Loïc Vaillant, vice-président en charge des relations internationales.

Quel regard avez-vous sur l’Université de Tours ? Quels sont ses atouts selon vous ?

Arnaud Giacometti : Ce qui la caractérise c’est sa pluridisciplinarité avec un gros pôle santé qui est un vrai plus. C’est une université qui est reconnue pour son offre de formations et la qualité de ses recherches. Je suis très attaché à l’interdisciplinarité. L’Université est aussi ancrée sur son territoire naturel avec des antennes à Blois ou Chinon, ce qui est important en termes d’aménagement du territoire. Je note également de belles coopérations avec le secteur privé comme l’entreprise ST Microelectronics par exemple.

Et quels sont ses manques ?

Arnaud Giacometti : On a une université qui est sous-dotée en moyens par rapport à d’autres. C’est un vrai problème, d’autant plus avec l’augmentation du nombre d’étudiants ces dernières années. Cela nous affaiblit. Le danger serait la concentration plus forte des moyens vers les grosses universités de recherche. C’est un problème qui avait déjà été pointé par mes prédécesseurs et c’est important de continuer à porter cette question notamment au niveau de la CPU (Conférence des Présidents d’Universités) où il doit y avoir une véritable stratégie.

Vous parlez du nombre d’étudiants, vous souhaitez continuer à augmenter leur nombre ?

Arnaud Giacometti : Ce n’est pas l’objectif premier. Je préfère privilégier la qualité des formations. Aujourd’hui nous avons des problèmes de ressources humaines. Les dépenses en personnels permanents pour un étudiant ont par exemple baissé de 9% en 5 ans. Cela conduit forcément à une dégradation de l’encadrement et l’accueil des étudiants avec des enseignants-chercheurs de plus en plus occupés à des activités administratives.

Quelle est la place des étudiants justement au sein de l’institution « Université » ?

Arnaud Giacometti : Je veux mieux les intégrer. Aujourd’hui il n’y a qu’une seule vice-présidence statutaire. Une de mes propositions est une nouvelle vice-présidence dédiée aux solidarités et qui serait occupée par une étudiante. (ndlr : l’interview a été réalisée avant la désignation des vice-présidences). D’une manière générale je souhaite impliquer les élus étudiants plus en amont des projets, qu’ils ne soient pas limités dans leur rôle au seul vote en conseil d’administration. Ma candidature s’inscrivait dans un projet collectif et c’est bien un travail collectif que je veux mettre en œuvre.

Comment voyez-vous vos relations avec les collectivités locales ?

Arnaud Giacometti : Les discussions sur le prochain Contrat Plan Etat Région arrivent à leur terme donc je ne vais pas tout remettre en cause. Le travail avec les collectivités territoriales est important et doit être construit sur la durée. Avant mon élection j’ai pu rencontrer des élus de Tours Métropole et je dois m’entretenir rapidement avec Wilfried Schwartz au sujet du tramway.

Avez-vous un avis sur le passage du tramway au cœur du Plat d’Etain ?

Arnaud Giacometti : Cela ne fait que quelques jours que je suis président, je n’ai donc pas la maitrise de tous les dossiers et n’ai pas encore assez d’éléments pour me déterminer entre les deux options (ndlr : soit par la rue du Plat d’Etain, soit dans le futur quartier des casernes) mais un tramway passant à proximité est indéniablement un atout pour l’université.

Quel est votre regard sur les projets immobiliers ? On parle d’un nouveau bâtiment à Trousseau ou encore du site des Tanneurs…

Arnaud Giacometti : En parlant du CPER, le bâtiment de Recherche à Trousseau me semble être par exemple un projet fondamental qui permettrait d’avoir avec le site de Grandmont un campus hospitalo-universitaire de premier plan. De quoi renforcer l’attractivité qui est essentielle et qui si elle est forte en licence est un peu plus faible en master. Pour y remédier il faut être visible et cela passe par la recherche notamment.

Quant aux Tanneurs, c’est un serpent de mer. Là encore il faut que je prenne les dossiers en main mais il me semble que la dévolution immobilière est quasiment actée. Derrière il faudra que l’Etat nous donne les moyens nécessaires pour effectuer les rénovations. J’espère que cela avancera sous mon mandat.

Le poste de président de l’Université est-il un poste politique selon vous ?

Arnaud Giacometti : Je pense qu’il l’est au niveau des stratégies nationales comme au sein de la CPU comme je le disais. Si je peux porter une voix forte auprès de l’Etat sur les manques de moyens je le ferais. Après au niveau local, je ne l’avais pas anticipé comme tel, mais mon téléphone sonne beaucoup depuis plusieurs jours. Pour moi, un président universitaire est avant tout le représentant de la communauté universitaire et dans ce sens les messages que je vais porter ne seront pas personnels mais ceux de la communauté.

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