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A trois semaines de Terres du Son…

Dans moins de 3 semaines, le festival Terres du Son ouvrira ses portes au domaine de Candé. Né en 2005, Terres du Son est devenu un événement incontournable des été en Touraine, avec en moyenne 40 000 spectateurs par édition, qui demande une organisation minutieuse afin de fédérer le triptyque indispensable : artistes / public / organisation. On fait le point avec Hugues Barbotin, le co-fondateur et directeur du festival, pour qui cette édition sera forcément particulière, puisqu’il a annoncé son départ à l’issue de ces Terres du Son 2018…

La programmation 

Qui dit festival de musique, dit logiquement programmation. Chaque année, celle-ci est attendue, scrutée, commentée… A Terres du Son, le maître-mot reste l’éclectisme. En clair : il en faut pour tous les goûts et inutile de s’acharner à demander (ou regretter) pourquoi tel ou tel artiste à la mode ne vient pas, Hugues Barbotin nous explique que la recherche est avant tout dans la cohérence globale des soirées et que Terres du Son a une politique claire par rapport au business des festivals. « J’ai toujours refusé de mettre 100 000 euros pour un seul concert » explique-t-il ainsi.

Terres du Son ne cherche donc pas à rivaliser avec les plus gros festivals de France, ce qui ne l’empêche pas d’avoir à son tableau de chasse de nombreux beaux noms tout de même. « Nous sommes dans la défense de la diversité et nous cherchons vraiment à créer une identité au festival. Celle-ci se révèle certainement comme beaucoup de festivals, quand on cherche dans le détail ce qu’il y a au-delà des têtes d’affiches ».

Une programmation qui répond à des logiques précises donc et qui se construit généralement d’une année sur l’autre. Sitôt une édition passée que le cap est donc mis sur la suivante avec pour objectif de pouvoir faire des premières annonces en décembre et de boucler le tout au plus tard en mars suivant. Dans cette construction, la priorité se fait souvent d’abord sur la recherche des têtes d’affiches, puis sur l’élaboration du programme par jour, afin de donner de la cohérence à chaque soirée. « Cela ne nous a jamais intéressé de faire venir 20 000 personnes qui arrivent à 20h pour voir la tête d’affiche et qui repartent aussitôt le concert fini » poursuit Hugues.

Le public

Une démarche plutôt bien comprise par le public de Terres du Son à voir l’évolution de la fréquentation du festival depuis ses origines. Depuis quelques années, Terres du Son a stabilisé son affluence autour des 40 000 festivaliers (un peu plus les bonnes années, un peu moins les mauvaises), sans forcément vouloir aller plus haut.

« Ce qui nous semble important c’est qu’on a une base de public qui est fidèle et qui revient parce qu’elle se sent bien à Terres du Son. On ne veut pas perdre cela ». Un public en majorité local également, seuls 10% venant au-delà de la région.

« On a eu la tentation il y a quelques années d’aller plus loin et de continuer de grossir. On s’est posé la question et finalement on entrait dans d’autres logiques qui ne nous correspondaient pas . On voulait notamment garder le projet associatif tel que conçu au départ et le côté festival de territoire qu’est Terres du Son ».

Les bénévoles

Ce projet associatif est notamment symbolisé par les bénévoles qui œuvrent à chaque édition. Certains viennent 15 jours avant, d’autres repartent une semaine après… Des bénévoles indispensables à la tenue du festival et qui seront encore cette année aux environs de 1200 au total répartis dans 45 commissions différentes.

Chaque commission est tenue par un responsable qui dès le mois de septembre commence à travailler pour le festival. Ces responsables constituent ensuite leurs équipes, souvent au départ autour de proches qu’ils embarquent dans l’aventure. « Les bénévoles reviennent parce qu’ils se retrouvent entre copains et qu’ils passent du bon temps. On se rend compte au fil des ans que de véritables petites tribus sont constituées et qui font leur vie pendant le festival mais aussi en dehors une fois celui-ci fini, sans qu’on le sache forcément » raconte Hugues.

L’emploi à Terres du Son

On en parle moins, mais Terres du Son c’est aussi un acteur économique créateur d’emplois. Si Hugues Barbotin confie que c’est difficile d’estimer combien d’équivalents temps pleins sont crées autour du festival, ce dernier évoque néanmoins une100 aine de cachets de techniciens pris en charge par l’ASSO à chaque édition. Un chiffre auquel il faut ajouter les emplois venant des prestataires (restauration, sécurité…)

Sans oublier les contrats liés aux artistes et à leurs équipes. Dans ce domaine, deux cas sont possibles : Soit le festival signe un contrat de session avec le producteur qui se charge alors de gérer ses propres contrats liés aux concerts (artistes, techniciens…). Ce premier cas représente 90 à 95% des concerts de la Prairie. L’autre possibilité est un engagement direct avec les artistes, c’est notamment le cas avec les groupes régionaux sur la scène Propulson ou sur le village, ce qui représente 120 à 130 cachets payés par Terres du Son par édition.

A l’approche du festival, l’ASSO (qui gère aussi le Temps Machine) est de son côté constituée d’une vingtaine de salariés.

Le budget

Pour réaliser le festival, l’ASSO, la structure organisatrice dispose d’un budget d’1,7 millions d’euros cette année. Une somme qui provient à environ 60% de la billetterie, 25% des annexes (bars, restaurants…), 7% du mécénat d’entreprises et enfin 7% de collectivités publiques.

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