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60 jours sous terre dans une grotte : le défi d’un spéléologue tourangeau

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En étant un peu taquin, on pourrait dire que Jean-Philippe Troux a un nom prédestiné. Dès le 29 novembre, ce spéléologue qui vit à La Croix-en-Touraine va s’enfermer pendant 60 jours dans une grotte des Cévennes, au nord du département du Gard : le Trabuc. Deux mois sous terre dans une cavité où on ne dépasse jamais les 13° et où le taux d’humidité oscille entre 95 et 98%. Une expérience qu’il prépare depuis des mois avec l’ami qui l’accompagnera. Rencontre…

En quoi consiste précisément votre expérience ?

Dans un premier temps c’est une expérience de santé pour voir comment deux individus se comportent sous terre pendant 60 jours. Nous avons divisé l’aventure en six périodes de 10 jours, dont une partie où nous resterons vraiment reclus dans notre camp de base de 12m² de la 2e à la 5e période. Le reste du temps nous aurons des activités scientifiques (relevés climatologiques de la grotte, topographie 3D du réseau de galeries, relevés d’insectes et de faune à l’aide de petits pièges et de microscopes). Nous ferons aussi de l’archéologie contemporaine en photographiant les gravures sur les parois, celles faites à l’époque où la grotte était ouverte à tous vents.

Cela fait beaucoup de choses !

L’élément essentiel est de ne pas rester à rien faire et d’avoir une vie active en se levant à 7h du matin et en se couchant vers 23h pour avoir une bonne nuit réparatrice mais aussi des journées suffisamment occupées pour ne pas que notre esprit divague. On va faire un peu la même chose que des astronautes. Et on va bien s’amuser !

Pouvez-vous nous décrire cette grotte ?

Dans son ensemble elle fait 10km de développement. Nous serons sur la partie appelée l’ancien Trabuc, qui fait 3 à 4km. Un jour un médecin a trouvé un petit passage de 40 par 40cm. C’est là qu’il est passé pour découvrir le nouveau réseau où l’on a creusé un tunnel d’accès pour les touristes. Et la particularité de la grotte c’est qu’elle se situe au niveau d’une faille géologique. Les mouvements tectoniques font que l’eau circule dans les fractures créant d’importantes galeries et salles. Notre camp de base se situera dans l’une d’elles faisant 80m de large, 130m de long et 30m de haut. On a de la chance : on y a trouvé une zone plane pour installer notre cabane en bois ce qui a nécessité la descente de 300kg de charpente pour la monter.

Pourquoi cette grotte et pas une autre ?

Déjà parce qu’elle est située tout près de là où habite mon ami Patrick avec qui je réalise cette expérience. Nous y sommes allés souvent, on fait beaucoup d’exploration dans le secteur ; C’est une très belle grotte avec beaucoup de choses à découvrir. C’est une bonne façon d’allier l’exploration technique à la facilité d’accès.

Pourquoi 60 jours ?

En 2009, Patrick avait déjà passé 20 jours sous terre (sans notion du temps) et présenté son expérience à un professeur qui l’a invité à faire plus long. Nous avons donc choisi de multiplier la durée par trois.

Et vous serez donc suivis par des spécialistes…

Des psychologues de l’Université de Lorraine ont préparé des questionnaires à remplir avant de rentrer et pendant toute la période du séjour. Nous avons aussi fait des tests d’effort, des études cardio, des analyses de sang… L’idée est de faire une longue expérience mais avec suffisamment de réflexion pour ne pas subir de perturbations psychologiques. Par exemple les journées cadencées nous permettront de réfléchir avant tout au travail. Nous aurons des lampes pour faire de la luminothérapie au moment des repas ce qui fera du bien (le diététicien qui nous suit dit que c’est fondamental pour permettre à nos microbiotes de bien fonctionner et d’avoir une bonne digestion).

Vous n’aurez aucun contact avec l’extérieur ?

Zéro. Par contre, tous les dix jours on déposera nos clés USB, notre bilan de santé et nos carnets de notes dans une boîte aux lettres ce qui permettra de donner de nos nouvelles. L’idée c’est d’aller plus loin que les expériences précédentes qui avaient au moins une ligne téléphonique ou un lien avec les secours. Psychologiquement ça joue de savoir que l’on peut sortir tout de suite en cas de coup dur. On veut vraiment pousser cette limite, hormis un protocole mis en place en cas d’extrême extrême urgence. Ce qui implique de ne pas faire d’exercices trop dangereux.

Vous allez surveiller quelque chose en particulier ?

Peut-être que nos goûts vont changer. Mais nous aurons une alimentation très diversifiée : quasiment des plats différents chaque jour. Et puis on va surveiller notre vue : nous sortirons avec des lunettes spécifiques pour se réhabituer progressivement à la lumière.

Un degré en plus :

Pour en savoir plus, visitez le site officiel du projet (http://tranuc-exploration.com) où vous pourrez également participer à une collecte de fonds.

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