Dans « Magic », paru le 30 septembre aux éditions Hugo Sport, le nouveau capitaine du Tours Volley-Ball déroule un parcours hors norme, entre fulgurances sportives, passions intimes et épisodes difficiles. Une autobiographie écrite avec Guillaume Degoulet, spécialiste du volley à L’Équipe, et présentée lundi 5 octobre aux Cafés du Sport Tourangeau.
Face aux supporters venus le rencontrer, le double champion olympique se prête volontiers au jeu des dédicaces et des photographies. Le sourire est là, la proximité aussi. Beaucoup se souviennent du jeune réceptionneur-attaquant apparu sous le maillot tourangeau entre 2008 et 2011, à une époque où son immense potentiel demandait encore à être façonné. Quinze années et plusieurs grands championnats européens plus tard, l’enfant de Poitiers revient en Touraine avec un palmarès considérable et une notoriété qui dépasse largement les salles de volley.
Ce retour donne une résonance particulière à « Magic ». En quatorze chapitres et 224 pages, Earvin Ngapeth remonte le fil depuis son enfance jusqu’à ses deux titres olympiques, conquis à Tokyo en 2021 puis à Paris en 2024. Il raconte ses débuts professionnels à Tours, auprès d’un club qui lui a fait confiance alors qu’il était encore inconnu, puis son apprentissage au plus haut niveau en Italie, en Russie et en Turquie. À travers ces étapes se dessine le portrait d’un joueur instinctif, capable de gestes que peu d’autres osent tenter, mais aussi celui d’un compétiteur construit par les départs, les conflits et les remises en question.
Pour mettre ce récit en mots, le volleyeur s’est tourné vers Guillaume Degoulet. Pendant vingt-cinq ans, le journaliste de L’Équipe a suivi la discipline et vu grandir le champion. Leur connaissance mutuelle a nourri des échanges réguliers, assez confiants pour dépasser le simple récit de victoires. Le livre s’intéresse bien sûr aux exploits avec les Bleus et à cette génération devenue une bande de champions, mais il revient également sur l’exclusion du joueur lors du Mondial 2010, sur son image de « bad boy » et sur les démêlés judiciaires qui ont jalonné sa carrière.
Ngapeth ne cherche pas à se présenter comme un modèle sans faille. Il expose ses choix, distingue ce qu’il regrette de ce qu’il assume et livre sa version d’affaires sur lesquelles il s’était parfois peu exprimé. Cette volonté de « parler de tout » donne au texte sa ligne directrice : reprendre la main sur un récit public longtemps réduit aux coups de génie ou aux écarts.
Le rap occupe lui aussi une place importante. Plus qu’un loisir, l’écriture et la musique ont accompagné le joueur dans les périodes d’isolement, notamment à Kazan pendant la crise sanitaire. Ce refuge créatif révèle un autre versant du personnage : celui d’un artiste qui, sur un parquet comme devant un micro, cherche son propre rythme et refuse les cadres trop étroits. Le livre évoque enfin la famille, une enfance mouvementée et la relation au père, Éric Ngapeth, entraîneur au moment de ses premiers pas à Tours.
Le passage consacré au TVB parlera tout particulièrement au public tourangeau. Earvin Ngapeth y raconte cet entraînement de juin 2008 où tout semble soudain s’aligner, puis la décision de Pascal Foussard de l’intégrer au groupe. À l’époque, « personne ne me connaissait », rappelle-t-il. Aujourd’hui, il revient en capitaine et en figure majeure du sport français.








