Politique

Tours peut-elle devenir une Métropole ?

Tours Métropole sera le principal point à l’ordre du jour du Conseil Municipal de Tours ce soir où les élus municipaux devront se prononcer sur le passage de l’agglomération en Métropole avec à la clé le transfert de plusieurs compétences.

Depuis le début de l’année, le projet de passage de la communauté d’agglomération en Métropole est le sujet qui agite les élus de l’agglo. En effet, alors que tout semblait figé et alors que le passage en communauté urbaine paraissait au point mort, Tour(s) Plus a sorti de son chapeau la carte métropolitaine qui paraissait pourtant inatteignable en raison d’un manque d’habitants dans le périmètre de la communauté.

Relire nos explications : Tours Métropole ? Mais encore ?

La semaine dernière c’est ainsi unis qu’élus de droite et de gauche se sont rendus à Paris pour rencontrer le ministre des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire Jean-michel Baylet pour défendre le projet tourangeau. Une délégation composée de Philippe Briand (président de Tour(s) Plus, Serge Babary (maire de Tours), Frédéric Augis (maire de Joué-lès-Tours), Jean-Gérard Paumier (président du Conseil Départemental) à droite, Jean-Patrick Gille (Député PS), Jean-Luc Galliot (maire de Notre-Dame-d’Oé et Mélanie Fortier (élue PRG à la Région) à gauche. Une délégation dont l’objectif était de convaincre le ministre du bien-fondé de la démarche et de la nécessité de ce nouveau statut. Parmi les arguments : l’équilibre du territoire puisque à l’ouest, les métropoles sont peu nombreuses et que la région Centre Val-de-Loire n’en possède aucune. Un argument auquel le ministre de l’Aménagement du territoire ne pouvait être que sensible. Et si Jean-Michel Baylet a entendu les arguments tourangeaux, il a néanmoins considérablement réduit les espoirs de ces derniers en opposant un argument juridique de taille : Pour prétendre au statut de Métropole au 1er janvier 2017 comme souhaité il aurait fallu déjà être passé en Communauté Urbaine depuis le 1er janvier 2016.

Pas question donc pour le ministre de sauter les étapes. Si du côté des élus Tourangeaux on entendait les remarques ministérielles, on préférait rester positifs avec en ligne de mire l’envie de passer directement par la case au-dessus, à savoir la défense du projet directement auprès du 1er Ministre Manuel Valls, en intégrant dans la boucle un soutien de poids, celui de la Ministre de la Santé Marisol Touraine.

Pas sûr néanmoins que cela suffise, d’autant plus que cette candidature n’est soutenue qu’à demi-mots par le président de la Région François Bonneau qui souhaite avant tout éviter une relance des querelles orléano-tourangelles. Oui, car du côté de la capitale régionale, la candidature de Tours n’a pas été franchement bien accueillie non plus, si bien qu’Orléans souhaite dorénavant entrer également dans la course à la métropolisation. Difficile alors de penser que l’Etat privilégiera une des deux villes au détriment de l’autre et le statut-quo semble le plus logique. Il y a bien sûr la possibilité d’avoir deux métropoles dans la région comme l’affirment les élus tourangeaux depuis la semaine dernière, mais cette option semble peu probable, les deux territoires n’ayant déjà pas le poids ni la taille suffisante pour remplir toutes les conditions d’accès au statut métropolitain.

Vers une Communauté Urbaine ?

Si le statut de Métropole était refusé à Tour(s) Plus, la collectivité passerait néanmoins automatiquement au statut de Communauté Urbaine. Les compétences transférées au cours de cette année 2016 pour le dossier de Métropole seraient alors prises en charge par la Communauté Urbaine. Seul hic, les financements de l’Etat sont moindres que pour le statut de Métropole. Il faudra donc que Tour(s) Plus digère ces nouvelles acquisitions (et les budgets qui vont avec) comme des volets de l’action sociale ou les voiries (issues du département), l’eau…
Autre conséquence : Le rayonnement moindre en Communauté Urbaine, statut plus « banal » que celui de Métropole. Ce rayonnement est pourtant un élément central dans la justification de cette volonté de métropolisation pour certains élus, à commencer par Serge Babary et Philippe Briand qui ne cessent de répéter depuis les dernières élections que leur ambition est de “faire en sorte que Tours recolle au wagon de tête des villes françaises”.

En Conseil Municipal à Tours, l’opposition de gauche à commencer par les élus du groupe Tours 2020, ont pointé ces derniers mois, une précipitation dans ce dossier. Précipitation qu’ils n’ont pas hésité à mettre sur le fait d’avoir à l’inverse trop tardé depuis 2014 dans l’évolution de Tour(s) Plus vers la Communauté Urbaine. Suite aux remarques de Jean-Michel Baylet la semaine dernière, cet argument devrait ressortir une nouvelle fois ce soir dans les débats.

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