Tours : des dissensions fortes au sein de la majorité municipale

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L’arrivée d’un nouveau directeur de cabinet aura agité le microcosme politique du Conseil Municipal de Tours la semaine dernière. L’octroi d’un logement et d’une voiture de fonction au nouveau collaborateur du maire de Tours aura en effet non seulement créé un débat houleux avec l’opposition, mais également montré au grand jour une fracture au sein de la majorité. Fracture déjà présente depuis plusieurs mois en coulisses.

La politique de la chaise vide

Le mois dernier, au micro de RCF, interrogé sur les dissensions palpables au sein de sa majorité, Serge Babary s’était défendu d’une pirouette verbale. “On me parle de tensions, mais il ne m’a jamais manqué une voix lors d’un vote, c’est un signe”,  avait déclaré le maire de Tours. Depuis le dernier Conseil Municipal, il est désormais impossible de se cacher derrière cette unité de façade. Au moment du vote sur la délibération concernant la voiture et le logement de fonction du nouveau directeur de cabinet, c’est une dizaine d’élus de la majorité qui se sont éclipsés simultanément pour ne pas avoir à prendre part au vote. Des absences remarquées, d’autant plus quand parmi les “dissidents” on retrouve Thibault Coulon, Sophie Auconie, Lionel Béjeau, Edouard De Germay, Brice Droineau ou encore Cécile Chevillard… soit la frange conservatrice de sa majorité, qui s’est rapprochée depuis les dernières Régionales à Sophie Auconie. Une politique de la chaise vide qui a affiché au grand jour des désaccords de fond au sein de l’équipe de Serge Babary.

Certes le maire de Tours a évité l’affront d’un “vote contre” par une partie de sa majorité, mais cette « pause collective » marque un sérieux avertissement. “Il n’est pas dit que l’on ne vote pas contre un jour, si ce genre de désaccord se reproduit” nous raconte en off un de ces absents. “En réunion de majorité nous avons fait entendre notre avis sans réussite”, d’où l’idée de marquer le coup avec cet avertissement. “Alors qu’on demande à la population de faire des efforts, qu’on martèle que le budget est restreint, on octroie ce genre d’avantages à un membre du cabinet. En politique c’est important les symboles et celui-ci est mauvais” poursuit-il pour justifier ce départ momentané de l’assemblée municipale. Un désaccord de fond qui fait suite à des précédents : sur la hausse des impôts, la fin de la gratuité des locaux pour les associations ou les festivités de Saint-Martin jugées pas assez populaires… Des désaccords qui jusqu’à présent s’étaient néanmoins réglés en coulisses, à l’abri des regards indiscrets.

Derrière le symbole, une fracture évidente

Pour réussir à prendre la ville de Tours en 2014, Serge Babary avait réussi à rassembler toutes les forces de la droite républicaine et du centre-droit. Une union sacrée sous forme de grand écart politique, à regarder les composantes présentes. Pourtant jusqu’au milieu de l’année 2015 l’unité semblait perdurer. Mais depuis les élections régionales sont passées par là et avec elles son lot d’ambitieux et de déçus : Thibault Coulon et Sophie Auconie en tête. En coulisses les inimitiés refont surface et chacun compte ses forces de façon plus ou moins discrète. La lourde défaite de la droite à Tours viendra rappeler à Serge Babary, l’importance de la droite conservatrice dans son électorat. L’ambiance au sein de la majorité s’alourdira par la même occasion…

Relire également : Quel avenir pour Thibault Coulon ?

Les ambitions des uns et des autres

Les élections régionales puis l’élection de délégué de la Première Circonscription du parti “Les Républicains” en ont été les premiers signaux, les ambitions des uns et des autres s’affirment au fur et à mesure que les mois passent et que l’échéance de 2017 s’approche. En ligne de mire, les Législatives et le poste prisé de député de Tours, occupé par Jean-Patrick Gille. Alors que la gauche semble aujourd’hui au plus mal, beaucoup à droite se sentent pousser des ambitions pour reprendre l’ancienne circonscription de Jean Royer à la gauche. Deux clans se mettent en branle, l’élection interne de janvier dernier chez « Les Républicains » l’a montrée avec une lutte symbolique entre deux candidats : Jérôme Tebaldi, proche de Serge Babary, Céline Ballesteros ou Xavier Dateu… Et de l’autre Edouard de Germay, “Couloniste” de longue date aux côtés de Cécile Chevillard ou Brice Droineau… Une bataille électorale interne en guise de prémices d’une lutte d’influences qui a déjà débuté en coulisses et qui risque d’attiser de nouvelles tensions dans les mois prochains.

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