Culture

Premier concert de Beat Matazz en Touraine : Un mec appart.

Après vous avoir rebattu les oreilles au sujet du premier EP de l’ex-Funktrauma Marco, c’est en toute logique que nous avons lancé notre série de mini-concerts privés « Jauge Maxi » avec l’une des révélations locales de 2015. Trente-sept veinards se sont ainsi partagé ce moment toujours particulier qu’est l’une des toutes premières apparitions publiques d’un projet flambant neuf.

Beat Matazz, Jauge Maxi #1, 07.05.2015-3136

Il est 20h20 ce 7 mai 2015. La rue de la Monnaie n’est pas plus peuplée que d’habitude, le Narbey se remplit tranquillement et seul un petit bout de gaffer fluo marqué «37°» sous une sonnette permet aux happy few de s’assurer qu’ils sont bien arrivés à destination.  On sonne, on monte, on dit bonjour au barbichu maître des lieux, on commande une Loère et on s’installe devant la compil YouTube des «clips de la semaine» de 37 degrés, bande-son et bande-image de rêve pour patienter en toutes circonstances #autopromo #autosatisfaction #automobile.

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Malgré son côté «entre-soi» inévitable (même si la moitié des places ont été gagnées par des lecteurs de 37° et/ou des fans de Beat Matazz), le concept du petit concert privé en appartement ou maison permet une relation intime unique avec un artiste et d’autres spectateurs. Beat Matazz a endossé avec brio ce rôle particulier pour sa deuxième apparition scénique après un autre endroit intimiste : la Table d’Harmonie au Printemps de Bourges.

 Beat Matazz, Jauge Maxi #1, 07.05.2015-3166

Loin de se contenter de resservir son sublime EP «La Symphonie des Glaces», Marco construit un set complexe et varié, démarrant dans la pureté du rythme brut derrière sa batterie, fugace hommage au légendaire «What does your soul look like?» du Californien DJ Shadow et à son «cousin» nippon Krush, indétrônables orfèvres du rythme et pères fondateurs de l’abstract hip hop dont Beat Matazz, jusque dans son nom, se revendique.

Loin de s’enfermer dans un genre (et derrière ses machines compliquées et clignotantes), le Tourangeau s’ouvre au monde et aux autres entre et pendant des morceaux chaleureux et délicats : son verbe haut et son flow apaisant rappellent parfois les plus belles heures du hip hop tout court (tendance «old school» à la Beastie Boys ou «groovy» à la Arrested Development, selon les morceaux) et de chantres doux et sensibles comme Oxmo Puccino ou Solaar. Beat Matazz, seul en scène, manie aussi bien la langue de Margaret Thatcher que celle de Jacques Chirac (oui ben, quoi, on a les références qu’on peut, hein) tout en sautant de ses séquenceurs à sa caisse claire avant d’inciter son auditoire à pousser des cris pour le sampler et l’intégrer à son track suivant.

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Bienveillant, communicatif et désireux de nous faire entrer dans son immense petit monde, Beat Matazz nous a donné un avant-goût de ce qu’il sera quand il sera (encore) plus grand : un insatiable explorateur des sons, des mots, des machines en tout genre et des sentiments devant des salles brûlantes de 37000 spectateurs conquis.

 Plus de photos sur le site de Photours :

Beat Matazz, Jauge Maxi #1, 07.05.2015-3166

Crédits photos : Fabien Garou pour Photours et Laurent Geneix pour 37°


Un degré en plus

> «The Attack» nouveau titre inédit de Beat Matazz

Un grand merci à nos partenaires de la soirée : PH Ramboz, Scènes de Nuit et File dans ta Chambre ! Productions.

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