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Pineapple, le groupe tourangeau le plus vitaminé du moment

En 2016, à l’occasion du 1er avril, on vous avait fait croire au succès inattendu de la culture de l’ananas en Touraine. C’était une belle blague de saison, mais on avait vu juste : à peu près au même moment, un ananas musical était bel et bien en train de prendre racine dans le département… Deux ans plus tard, Pineapple est arrivé à maturité et se déguste à pleines oreilles. Pas d’effets secondaires, origine locale garantie, goût intense : ce trio là est une belle force de la nature et pour en savoir plus sur lui, on a pris le temps de se poser avec sa chanteuse Julie.  

Julie, on la connait bien dans le milieu culturel tourangeau : membre de la Cie 100 Issues (qui avait encore récemment son chapiteau aux Années Joué), elle vient de rejoindre le projet Mandrill (qui fait son 1er concert ce jeudi au Bistrot 64) et assure avec Doclap depuis 2014 (le dernier EP sorti début 2018 est excellent). Depuis 2016, la jeune trentenaire s’est également lancée dans une chouette aventure avec deux partenaires de son et de scène : deux garçons qui l’accompagnent pour former Pineapple.

« Au tout début l’idée est venue de Lucie Arnerin-Idoux qui est chargée de diffusion de 100 Issues et qui organisait le festival La Chaudière de l’Ile Aucard. Elle est venue me demander de chanter mais de proposer quelque chose de nouveau, que ce soit vraiment moi sur scène. Elle m’a dit ‘tu as un créneau de 30 minutes, fais-toi plaisir’ » se souvient Julie qui pense direct à Arnaud, l’un de ses partenaires au Grand Bourreau à Joué-lès-Tours : « à la base je partais sur un duo guitare-voix un peu blues. Je suis allé le voir et je lui ai demandé s’il voulait jouer avec moi. On en avait déjà eu envie, donc c’était l’occasion. On a répété deux fois sur des compos à deux puis mon amoureux Mehdi – avec qui je n’avais encore jamais joué non plus – nous a rejoint en apportant des Volcas (des petites boîtes à rythmes). On a alors commencé à jouer avec des machines, et on a complètement abandonné le côté blues », au profit d’un style mastoc aux tonalités rock, électro ou rétro avec des guitares excitées et des beats sans limites.

Des textes critiques sur ce que c’est d’avoir 30 ans aujourd’hui

Pineapple a donc germé à l’instinct pour former un trio qui est la somme de trois personnalités très différentes : « Arnaud a un style très à l’anglaise, façon Libertines ou Pete Doherty. Il aime les bons gros refrains de stade de foot alors que Mehdi aime plus les gros kicks assez vénères, la techno bien sévère un peu old school » résume Julie, qui fait la liaison entre les deux avec sa voix précise et espiègle. « On n’a pas voulu chercher quelque chose de très propre mais plutôt des sonorités peu limées… Alors qu’avec Doclap il y a plus de finesse, Pineapple ce sont des comptines un peu sèches avec un regard ironique et sévère sur la société, sur ce que c’est d’avoir 30 ans aujourd’hui : je crache vachement ce qui m’emmerde. »

Un exemple : « Be Happy est un morceau qui reflète vraiment l’état dans lequel j’étais quand je l’ai écrit, on te dis ‘grandis, grandis’, on te fait remarquer qu’à 30 ans tu n’as presque rien construit et tu ressens une certaine pression à ce moment-là. Le texte est cinglant mais la chanson est hyper lumineuse, il y a un côté pince-sans-rire pour dire que je n’avais pas envie de ça. » Écrivant souvent seule, et parfois avec Mehdi, Julie a donc mis beaucoup d’elle dans ce projet, jusqu’au nom du groupe : « Pineapple c’est un délire d’amoureux parce que je l’appelais mon petit ananas » nous dit-elle, en jetant un œil vers le gros ananas en plastique qui trône fièrement dans l’espace salon de sa caravane.

Des dates en Touraine, à Berlin et aux USA

Après La Chaudière, Pineapple s’exporte rapidement au Canadian, au Puzzle ou au Point Haut. A défaut de produire des clips, le groupe lèche ses lives : « au début on avait des joggeurs sur scène avec vous sur des vélos elliptiques ou avec des altères. On parlait de groupe fitness mais on n’a pas envie de s’enfermer dans quoi que ce soit donc on a fait évoluer la mise en scène et au final ce n’est jamais vraiment la même » poursuit la chanteuse.

Enregistré, mixé et masterisé chez Adrien Moreau à St-Pierre-des-Corps, le 1er EP de Pineapple est sorti en début d’année, le trio envisage une résidence dans l’été pour préparer de nouvelles chansons et en attendant il tourne avec des dates au Temps Machine, à Blois et même aux États-Unis dans le cadre du festival Burning Man où la Cie 100 Issues va accompagner la Cie Off dans le courant du mois d’août, lors de ce festival hyper coté au milieu du désert. On les a aussi vus se produire avec d’autres groupes aux noms gourmets : Thé Vanille et Pamplemousse, et enfin ils participent aux Apérocks d’Aucard de Tours avec un set au Buck Mulligan’s ce vendredi 8 juin à 18h30. Un cocktail évident à siroter jusqu’à la dernière goutte de l’ultime mesure car, c’est bien connu, pour votre santé il faut écouter au moins 5 fruits et légumes par jour.


Un degré en plus :

La page Facebook de Pineapple et son Soundcloud.

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