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Le clip de la semaine : « Devil Slide » de Dissident

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez Devil Slide de Dissident.

« Le texte de Devil Slide évoque le moment où une personne explose car elle accumule trop d’angoisses ». C’est ainsi que Pierre-Yves, chanteur des Dissident, présente la chanson qu’il a co-écrite et la vidéo qu’il a co-réalisé avec le reste du groupe. « Les scènes du clip montrent certaines choses qui peuvent nourrir ces angoisses ». Des migrants pendus à un étendoir, des enfants qui mangent des sacs plastiques… Le groupe de musiciens, assis dans sa voiture, assiste sans réagir à toutes ces scènes, symboles des questions qui agitent notre société et nourrissent parfois ses fantasmes. « On nous a demandé, pour une diffusion télé, d’enlever la séquence de la petite fille qui tire avec le pistolet, confie Pierre-Yves. Pourtant on y diffuse bien des tas de films avec des flingues ». Preuve s’il en fallait que ces angoisses sont bien ancrées.

Il y a un mois, les Dissident sortait le clip de Feline. Nous vous en parlions ici. Il était déjà question de mettre en scène les travers de certains comportements sociaux, particulièrement celui de se façonner une image factice à coups de selfies et de sourires niais. Avec Devil Slide, le groupe est cette fois plus explicite et plus sombre. « C’est peut-être le clip le plus cynique qu’on ait fait », admet Pierre-Yves. On retrouve tout de même ce qui faisait l’atmosphère de Feline : des couleurs chaudes, un décor rural, des visages filmés au ralenti…

Le clip est également tourné en région tourangelle, du côté de Langeais à la fin de l’été dernier. Comme toujours, les Dissident s’entourent de leurs proches pour travailler. Un tourangeau au visage familier fait pour la deuxième fois son apparition dans un de leur clip : l’acteur Philippe Du Janerand, dans le rôle de celui qui veille à emporter ses économies dans sa tombe. « On a quand même réussi à se faire prêter un cercueil par les pompes funèbres », raconte Pierre-Yves en souriant. Trouver un lance-flamme, transporter un bloc de glace de 15kg… Il y a peu de défis que Dissident se refuserait à relever pour un clip.

L’esprit Do It Yourself – sans pour autant qu’il soit synonyme de production bâclée – c’est l’une des clés de voûte du projet Dissident. Récemment, le groupe organisait en autonomie une tournée chez l’habitant. Il emmenait avec lui Yannis Poncho, cadreur du clip de Devil Slide. Les vidéos, qui témoignent fidèlement de l’esprit du groupe, sont visibles ici. Elles annonçaient surtout un premier album, Viceberg, paru le 18 octobre dernier. « Il est l’accomplissement de deux ans de travail », écrit le groupe sur sa page facebook. Deux ans à composer et enregistrer plus d’une centaine de chanson pour n’en garder que 13… Il ne vous reste plus qu’à les découvrir.

Un degré en plus :

Pour écoute l’album, rendez-vous ici.

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