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TOURS : Les ambitions de Xavier Oudin pour la Jeune Chambre Economique

C’est une association basée dans un bâtiment historique de la ville, proche des bords de Loire et du quartier Courteline. La Jeune Chambre Économique de Tours rassemble actuellement une soixantaine de membres de 18 à 40, à la tête de leur entreprise ou qui désirent profiter de son programme de formation voire participer à des actions solidaires. Particularité de la structure : elle renouvelle son bureau tous les ans. Pour 2020 c’est Xavier Oudin qui a été élu pour gérer sa présidence. Nous l’avons rencontré.

« Je vois la ville se transformer depuis plusieurs années. Le fait d’être passée Métropole a accéléré les choses. Maintenant Tours est vue comme un territoire d’innovation ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années. On voit des écosystèmes intéressants, des créations d’emplois… On commence même à recevoir des offres d’emploi à la JCET, des entreprises qui nous demandent si on peut les aider avec notre réseau. » Ainsi parle Xavier Oudin quand on lui demande son analyse du milieu économique tourangeau. A 34 ans, « presque 35 », cet entrepreneur spécialiste des assurances a installé son bureau au HQ, le grand espace de coworking du Boulevard Béranger à Tours. S’il peut comparer Tours à d’autres villes, c’est qu’il a longtemps voyagé pour son travail lorsqu’il était salarié et qu’il formait d’autres collaborateurs un peu partout dans le Grand Ouest. A cette époque il était déjà à la Jeune Chambre.

Le retour des expositions à l’Étoile Bleue ?

Arrivé en 2010, Xavier Oudin définit la JCET comme « une association qui forme les jeunes à la prise de responsabilités et qui leur propose de s’investir sur le territoire. » « Le but ce n’est pas de garder nos actions pour nous mais de les transmettre à la collectivité » ajoute le trentenaire. Parmi les actions siglées Jeune Chambre on peut citer des opérations de ramassage de déchets ou de mégots mais aussi un partenariat avec un restaurant de la Rue du Grand Marché (SmÄak Natural Food) dans le but de récolter des fonds pour des œuvres caritatives. On pourrait par ailleurs citer Teaching Boost, pour mettre en lien des bénévoles et des élèves qui ont besoin de soutien scolaire, ou l’organisation d’interview politiques dans le cadre des élections législatives de 2017 et bientôt des Municipales.

Chaque président amène également ses propres idées ce qui fait que certains projets ne survivent que quelques mois. Ce fut le cas pour l’organisation d’expositions à l’Étoile Bleue, l’ancienne maison close en rénovation qui fait office de siège à la JCET : « Ça marchait bien. On en faisait quasiment une par mois, on commençait à avoir pignon sur rue dans le monde de l’art à Tours avec des artistes qui nous contactaient » se souvient Xavier Oudin qui aimerait relancer l’idée en 2020 ce qui permettrait aussi d’ouvrir le monument au public en dehors des Journées du Patrimoine (qui ont toujours un gros succès)… et donc potentiellement de récolter des fonds pour financer les travaux (60 000€ restent à trouver).

Un challenge inter-entreprises sur le tri des déchets ?

Parmi ses autres volontés, le président 2020 de la JCET réfléchit à l’organisation d’un cycle de conférences sur l’emploi ou le développement durable en entreprise : « C’est à nous de transformer les entreprises de l’intérieur et effectuer la transition énergétique. Plutôt que de se plaindre on peut essayer de faire mieux en imprimant moins, en réduisant le plastique… » Reste à faire attention à faire plus que du greenwashing, la Jeune Chambre Économique nationale ayant été critiquée pour avoir lancé un hackathon citoyen avec Total. Xavier Oudin balaye la polémique, assurant que c’est en s’associant avec ces entreprises très polluantes qu’il peut y avoir moyen de faire bouger les lignes en les poussant à réduire elles aussi leur impact sur l’environnement. A l’échelle locale il réfléchit à un challenge inter-entreprises sur le tri des déchets.

Avec 80 modèles de formations et 63 membres actifs en cet hiver 2020, la JCET est la plus grande Jeune Chambre de France. Mais la seule en Touraine : « Ce serait bien s’il pouvait aussi y en avoir ailleurs dans le département » espère Xavier Oudin. De son côté, il compte s’employer à multiplier les partenariats en allant voir grandes écoles, chambres consulaires ou des organismes comme Pôle Emploi et le CREPI afin de trouver des solutions aux problèmes de recrutement, d’aménagement du territoire ou de développement économique. Le temps presse car son mandat de 12 mois est déjà bien entamé. Et après ? Si d’autres ont pu s’engager en politique l’entrepreneur assure que pour l’instant cela ne figure pas du tout dans ses ambitions.

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