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Radio Elvis : Ces garçons-là veulent enchanter l’Intime Festival

Deux ans après le succès de « Les Conquêtes », leur premier album, largement salué, Radio Elvis sont de retour avec « Ces Garçons-là », un deuxième opus qui sert de cadre à une nouvelle tournée qui passera par L’Intime Festival de Saint-Avertin ce samedi 02 février. L’occasion d’en savoir plus sur l’évolution du groupe avec Manu Ralambo, guitariste et bassiste du trio.

Bonjour Manu, vous entamez la tournée de votre deuxième album « Ces garçons-là », comment se passe ce début de tournée ?

Manu (Radio Elvis) : Pour l’instant cela se passe très bien, la première date était complète, idem à Strasbourg, à Nantes aussi. Cela démarre bien.

Vous êtes encore un peu rodage je suppose ?

Manu (Radio Elvis) : On est un peu en rodage technique, mais musicalement cela se passe très bien, y compris avec le pianiste qui nous accompagne.

Ce passage de trois à quatre sur scène change beaucoup de choses ?

Manu (Radio Elvis) : Oui, on était plutôt enthousiastes à l’idée d’avoir un 4eme membre. Sur la première tournée à 3 on n’arrivait pas à réaliser tous les arrangements qu’on avait en tête. Là ça se fait très naturellement, même s’il a fallu réfléchir un peu à la mise en scène. Avant on avait une disposition en ligne très frontale, maintenant c’est un peu plus classique avec Colin à la batterie derrière très en hauteur, et le piano en devant de scène. Pour le côté spectacle c’est mieux.

C’est facile de replonger dans l’écriture et la création après un premier album salué comme le votre l’a été et surtout après une grosse tournée ?

Manu (Radio Elvis) : Il s’est passé à peine un an entre la fin de la première tournée et la sortie du deuxième album. très envie, plein d’idées. Sur la première tournée nous avons fait 250 dates, c’est énorme. Mais cela nous a permis de nous construire en tant que groupe. On a écouté beaucoup de musique entre nous, on a partagé plein de trucs et cela nous a donné pleins d’idées et l’envie de composer rapidement de nouveaux morceaux.

Musicalement, à la première écoute, on remarque tout de suite que « Ces garçons-là » est beaucoup plus débridé que « Les Conquêtes », votre premier album, avec notamment un côté live beaucoup plus marqué.

Manu (Radio Elvis) : Sur ce deuxième album, on a enregistré tous les instruments en même temps, comme si c’était un concert, parce qu’on voulait jouer ensemble. Comme on voulait aller vite, on était un peu dans le sentiment d’urgence et dans l’idée de ne pas trop se poser de questions.

Dans le processus de création vous faites tout à 3 ? Comment cela se passe ?

Manu (Radio Elvis) : Pierre fait les textes, après on compose chacun des bribes d’idées et on se retrouve à 3 en studio pour mettre ça en commun. Pierre a une certaine grille musicale sur ses textes que l’on retravaille toujours à 3 derrière.

Vos compositions instrumentales ont évolué entre les deux albums ?

Manu (Radio Elvis) : Le premier album c’était une photographie sur le moment. On avait évité de choisir entre chanson française et rock anglo-saxon. Finalement on écoute beaucoup de rock anglo-saxon et on a été naturellement vers ce langage commun qu’on avait ensemble.

Tu dis que vous êtes plus dans le rock anglo-saxon, mais je trouve que vous restez également dans la pure lignée du rock français.

Manu (Radio Elvis) : Il y a forcément une affiliation avec le rock français de manière indirecte, Noir Désir nous a beaucoup influencé par exemple, mais eux aussi dans leur musique, se sont servis du rock américain. Pour les textes, ils sont en français, parce que Pierre aime ça, mais aussi parce qu’il ne maitrise pas l’anglais.

On a l’impression que vous êtes revenus à des textes plus premier degré par rapport au 1er album, que certains avaient catalogué comme rock-intello.

Manu (Radio Elvis) : Sur le 1er album, on était dans un rock lettré, littéraire, Pierre dans son écriture utilisait beaucoup de métaphores. Pour ce deuxième album il y avait une envie d’évoluer, d’utiliser notamment le « je », la première personne, d’avoir un sens plus direct, compréhensible.

Il y a une certaine profondeur, voire une noirceur, non sans un certain romantisme dans cet album. Peut-on parler de mélancolie dans vos refrains et vos esprits ?

Manu (Radio Elvis) : On s’en rend toujours compte à la fin, une fois toutes les chansons mixées. Ce n’est pas quelque-chose que Pierre avait forcément conscience. Les sujets sont liés à sa propre expérience, aux choses de la vie. Le sujet primordial c’est le temps qui passe en fait. Ses histoires sont un peu celles de tout le monde, elles peuvent résonner en chacun, je m’y retrouve aussi un peu.

Il y a également des chansons très sociétales, je pense forcément à « Ces Garçons-là », votre single pop qui clôt l’album ou encore « Prières perdues » qui évoque le Bataclan. Vous êtes plus engagés dans ce second album ?

Manu (Radio Elvis) : Pierre ne voulait pas parler de manière engagée mais de manière sincère et directe. « Ces garçons-là », pareil je m’y retrouve, parce qu’on a tous été un peu le martyr ou le bouc émissaire de quelqu’un, et chacun le bourreau d’une autre personne.

Vous venez à l’Intime Festival cette année, et vous partagez l’affiche avec des artistes comme Dominique A, cela vous parle ?

Manu (Radio Elvis) : Dominique A oui, totalement, c’est un peu un tonton pour nous. Cela fait longtemps qu’on l’écoute, on apprécie l’élégance qu’il a toujours eu, mais aussi sa volonté de renouvellement à chaque album. Aujourd’hui on a la chance de le croiser, puisqu’on a la même manageuse.

En musique cela veut dire quoi pour vous « l’intime » ?

Manu (Radio Elvis) : L’intime ce serait de pouvoir reprendre pour soi-même la musique d’un artiste en tant qu’auditeur. En tant que musicien c’est la chance d’exprimer ce qu’on ressent intérieurement.


Un degré en plus :

> Radio Elvis seront sur la scène de l’Intime Festival, au Nouvel Atrium de Saint-Avertin, samedi 02 février 2019 à 20h30. Ils partageront la soirée avec Foé et Grande. Tarifs : 16/12/9 € / Lien vers la billetterie

3 belles soirées pour l’Intime Festival

L’Intime Festival propose une nouvelle fois 3 soirées de qualité pour son édition 2019. Outre la soirée du 02 février, le public pourra découvrir jeudi 31 janvier Dominique Dalcan et son projet « Tempérance », salué par une victoire de la musique 2018. Un live audacieux entre électro, pop et soul, accompagné de vidéos projetées.

Peu connu du grand public, Dominique Dalcan a pourtant plus de 25 ans de carrière, passés à explorer les sons et les émotions. A découvrir absolument si ce n’est déjà fait.

Le jeudi 31 janvier à 20h30 au Nouvel Atrium de Saint-Avertin en compagnie de Seyhn Sohl et Blow. Tarifs : 16/12/9 € / Lien vers la billetterie

NDLR : A noter que la soirée du samedi 1er février avec Dominique A et Musset est déjà complète.

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