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Comment se prépare un festival comme Terres du Son ?

Le festival Terres du Son approche à grands pas. Pendant trois jours, du 12 au 14 juillet, le public est attendu nombreux au domaine de Candé où se tient le festival organisé par l’ASSO. Trois jours de fête et de plaisir qui nécessite une organisation précise. Chaque édition se préparant quasiment un an en avance.

Bilan et premiers contours de l’édition suivante à l’automne

Mi-Juillet, alors que les festivaliers quittent à peine le domaine de Candé le dimanche soir après 3 jours de festival, les membres de l’ASSO, l’association organisatrice de Terres du Son, se préparent déjà au démontage du site. Cela prendra une semaine pour tout enlever et rendre le domaine de Candé au Conseil Départemental, propriétaire des lieux, comme avant le festival. Un premier bilan à chaud est fait dans la foulée fin juillet, puis pour les membres de l’ASSO c’est la coupure annuelle, de trois semaines en août, histoire de recharger les batteries avant de s’attaquer à l’édition suivante.

Septembre se pointe et c’est l’heure du bilan définitif de l’édition passée, qu’il soit financier ou administratif. L’heure également de dessiner les contours du festival de l’année suivante. « A ce moment-là on commence déjà à avoir une idée précise de ce qu’on va faire l’année suivante » explique Odran Trumel, le directeur de l’ASSO depuis septembre 2018.

Qui est Odran Trumel, le directeur du festival ?

Odran Trumel, nous le connaissions au départ pour ses activités de musicien. Nous l’avions d’ailleurs chroniqué en 2015, lors de la sortie de son 4e album sur Another Records. L’homme a également travaillé à L’Institut Français du Portugal et au Royaume-Uni. Administrateur au sein de l’ASSO depuis mai 2017, il est devenu directeur du Temps Machine et du festival Terres du Son en septembre 2018, suite au départ d’Hugues Barbotin, le directeur historique de l’ASSO.

Un budget artistique de 550 000 euros

Septembre, c’est également le moment pour Marie-Line Calvo la programmatrice du festival de multiplier les contacts avec les artistes qu’elle pressent pour Terres du Son. Au fil des ans, avec la concurrence entre les festivals et les prix qui augmentent, le travail de programmation a évolué et les artistes, surtout les têtes d’affiche, sont contactés de plus en plus en amont. Certains sont même négociés parfois deux ans avant désormais.

« L’idée est qu’il y ait une cohérence globale sur les trois jours du festival mais aussi sur chaque journée. On réfléchit à l’idée de parcours musical, en calant d’abord les têtes d’affiche parce que nous nous adressons pas qu’à un seul type de public. Nous essayons de faire en sorte que les publics se croisent justement » nous raconte Odran Trumel. Autre enjeu : éviter des journées trop déséquilibrées avec des journées plus creuses que les autres. « Le samedi est toujours plus compliqué à boucler parce que c’est le jour le plus concurrentiel. » Le gros de ce travail de programmation se passe donc à l’automne et en hiver avec l’objectif d’avoir une programmation complète au mois de mars, soit une quarantaine de groupes sur la Prairie, l’espace payant du festival.

Pour réaliser cette programmation, Marie-Line Calvo dispose d’un budget artistique de 550 000 euros sur un budget total du festival s’élevant à 1,7 millions d’euros. Ce budget est voté chaque année par le Conseil d’Administration au mois de décembre.

Des mois de préparation en coulisses et un rush de 15 jours à la fin

Les six mois précédant le festival, c’est le travail de coulisses qui commence comme la mise en place des projets solidaires avec les scolaires. Les élèves du CFA de Saint-Pierre-des-Corps et les étudiants de Tours Fondettes Agrocampus réalisent notamment chaque année une partie du mobilier.

Côté organisation, à la fin de l’hiver, une réunion se tient avec les responsables des différentes commissions du festival. On les informe des décisions du Conseil d’Administration. Chaque responsable de commission aura pendant le festival la responsabilité d’une équipe de bénévoles. Le festival s’appuie en effet sur près de 1000 bénévoles répartis dans une cinquantaine de commissions avec à leur tête un responsable, souvent des bénévoles de longue date. Au dessus de ces derniers on retrouve des référents d’activités puis tout en haut le comité de pilotage constitué du directeur, du directeur technique ainsi que des fondateurs du festival.

A noter qu’à l’approche et pendant le festival, Terres du Son emploie également une soixantaine de techniciens (auxquels il faut ajouter des prestataires extérieurs), principalement pour le montage et le démontage du site. « Un sacré défi, parce qu’on part de rien, d’un champ vide et tout est à construire » explique Odran Trumel.

Tout ce petit monde commence à prendre possession du domaine de Candé progressivement début juillet, une grosse dizaine de jours avant le top départ. Le gros des bénévoles arrivent eux dans la semaine qui précède l’ouverture. Pendant plusieurs jours tout ce petit monde s’attèle à la tâche pour que tout soit prêt le jour J. Le vendredi, les derniers ajustements effectués, le domaine de Candé peut accueillir artistes et festivaliers. C’est parti pour trois jours de musique.

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