Très populaire à Joué-lès-Tours, la méthode du parkour de la West Coast Academy déclinée en livre

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Charles Brunet a sa petite notoriété en Touraine. Fondateur de la West Coast Academy de Joué-lès-Tours, l’athlète s’est distingué dans l’émission Ninja Warrior de TF1, un concours de jeux très physiques où il a réussi à se hisser en finale. Son quotidien est dévolu au parkour, une discipline qui consiste à réaliser des déplacements potentiellement périlleux mais pour lesquels on assure sa sécurité. Spectaculaire… et accessible dès le plus jeune âge.

Apparus en 2017, les cours jocondiens font le plein, au point d’avoir tapé dans l’œil d’un éditeur. Charles Brunet vient donc de publier Parkour : une philosophie de vie, un art du mouvement, une pratique sportive aux côtés de la mère d’un élève, Delphine Jacquesson, également connue pour avoir un temps dirigé une école privée alternative à Saint-Avertin. L’ouvrage est édité chez DBS.

Charles Brunet, comment est né ce projet de livre ?​

En fait, c’est une maison d’édition qui m’a contacté il y a deux ans. Je sais que je suis un peu dyslexique, je suis complètement dysorthographique. Et je ne me suis pas dit : « Comment je vais faire pour l’écrire ? » mais « Vas-y ». Je suis parti tête baissée complètement.​

Le parkour, c’est une discipline qui est hyper visuelle, hyper physique, etc. Comment on transcrit ça à l’écrit ?​

On décortique toutes les façons d’apprendre, chacune des techniques une par une.​ C’est un mode d’emploi. Par exemple, le saut de précision : comment on va le faire, comment est-ce qu’on va commencer, comment on se positionne, quelles sont les règles à respecter pour ne pas se faire mal, comment être silencieux, sur les pointes de pieds, le dos droit, les genoux serrés… C’est vraiment de la technique pure et dure.​ Et on se rend compte que c’est très facile, très accessible et très ludique.​ On le prouve avec des images. On a mis des QR codes vers des vidéos, et en montrant que même au ras du sol, avec des tout petits sauts, des tout petits franchissements, tout le monde peut le faire. Il n’y a absolument rien de dangereux.​

Delphine Jacquesson, comment avez-vous rejoint Charles dans cette aventure ?

Quand Charles a ouvert sa salle à Joué-lès-Tours, je suis assez vite arrivée avec mes deux garçons. Quand j’ai vu ce qui était proposé, des gros blocs sur lesquels on pouvait sauter, donc faire exactement tout ce que les enfants avaient envie, et en plus d’apprendre à pratiquer de manière sécurisée, ça m’a plu. J’étais en contact avec des parents qui n’étaient pas toujours très rassurés face aux sauts de leurs enfants. Qui étaient là : « Non, attention, tu vas te faire mal », etc. Là, je voyais une espèce d’alchimie : des enfants qui pouvaient sauter, des profs qui leur disaient : « Si tu veux ne pas te faire mal, fais comme ci, fais comme ça ». Plutôt que de les empêcher de sauter, on pouvait leur permettre de sauter, mais surtout d’apprendre à le faire sans se faire mal.​

Quel regard, du coup, vous avez sur cette discipline ?

Je vois à quel point, finalement, cette génération-là, les enfants, ont beaucoup moins l’occasion que nous de sauter partout. D’une part parce que très vite ils ont des écrans dans les mains, mais aussi parce qu’on sort moins dehors, on voit moins les jeunes qui vont jouer au vélo dans la rue. Et donc je vois dans le parkour un contact qui se fait de nouveau avec cette activité sportive, et qui se fait de manière assez libre. Par exemple, la manière qu’a mon fils de pratiquer le parkour est assez acrobatique, donc proche de ce que peut proposer la gym. Mais finalement, la gym est très cadrée, et en faisant ça elle a raison parce qu’elle est très jolie, très artistique, mais elle est moins démocratique que le parkour, qui va pouvoir séduire beaucoup plus de jeunes et laisser cours à leur créativité.

Charles, après 9 ans de West Coast Academy, quel retour avez-vous sur tout le chemin parcouru ?​

Très belle expérience. Je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. À la base, j’étais parti pour être électricien en bureau d’études et j’ai changé de carrière complètement à 29 ans pour faire un BPJEPS, qui est obligatoire pour être éducateur sportif. Et c’est une aventure extraordinaire. Je ne regrette vraiment rien. Le parkour me le rend bien, j’aime bien dire ça.​

Est-ce que vous avez senti que le parkour, discipline qu’on connaissait peut-être beaucoup moins quand vous êtes arrivé, aujourd’hui a pris du galon ?​

Oui. Ça a toujours été une ascension, jamais vraiment fulgurante comme une énorme mode, mais c’est monté progressivement. Lentement mais sûrement, ça devient compris, assimilé. On met un mot sur une pratique et on commence à l’accepter.​

Qui vient faire du parkour chez vous ?

Beaucoup de jeunes qui ont envie de bouger, des jeunes à qui on dit : « Arrête de sauter, arrête de courir, arrête de grimper, descends de là ». Ces jeunes-là, on les accueille, on les encadre et on leur permet de le faire en toute sécurité. On a plus de 45 cours, donc ça fait beaucoup de monde. Et quand je viens à la salle, je regarde et je souris : j’adore. Ils sont tous extraordinaires.​ Dans tous les cours il y a des gens qui sont là pour s’amuser, pour passer le temps, un peu le sport du dimanche. Puis il y en a d’autres, tu sens qu’ils ont la fibre, cette espèce d’intelligence motrice. Tu sens qu’ils pourraient faire des choses.​

Delphine Jacquesson : Depuis une vingtaine d’années que le parkour existe, il y a de plus en plus de gens qui sont formés à en faire, mais il n’y a pas tant de gens qui sont formés à le transmettre. Ce que Charles a fait, en fait, c’est développer une technique d’apprentissage. Et là, l’idée suivante, ce serait de la faire découvrir à des gens qui auraient envie d’ajouter une corde à leur arc, qui enseignent déjà dans les centres de loisirs ou dans les collèges, lycées, des disciplines sportives, mais qui n’ont pas forcément les outils pour enseigner le parkour aux jeunes.

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