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La belle histoire du Saint-Cyr Handball qui remonte en Nationale 1

 

C’était il y a 10 ans : l’accession de Saint-Cyr-sur-Loire en D1 de handball, une 8e place dans le championnat… et puis les problèmes financiers, le dépôt de bilan, la relégation au niveau amateur. Le temps a passé. Nous sommes en 2020 et le club retrouve des couleurs. Il bénéficie même du contexte particulier de la crise du Covid-19 pour s’inviter en Nationale 1. Le début d’une nouvelle ère ?

« Quand j’ai repris le club il y a 4 ans il y avait 20 personnes en tribune. Aujourd’hui on est entre 800 et 1 000 à chaque match, avec 4 à 500 entrées payantes » nous dit Julien Château, le président de Saint-Cyr Handball. La mayonnaise prend avec une équipe qui assure le spectacle en Nationale 2 :

« L’objectif c’était d’y accéder en cinq ans et on l’a fait en trois saisons. La première année on a terminé deuxièmes alors qu’une seule équipe montait, puis on est resté invaincus deux années de suite. Deux montées de suite sans perdre aucun match c’est un parcours plutôt exceptionnel. »

Avant le confinement, Saint-Cyr était 3e de sa poule de N2, « avec deux matchs perdus et plus de points que certaines équipes deuxièmes dans leur propre poule. On n’aurait peut-être pas fini premiers mais on pouvait accrocher la deuxième place. C’est dommage qu’on n’ait pas pu finir. » Le coronavirus a tout stoppé et les instances nationales ont décidé d’en profiter pour réorganiser le championnat de Nationale 1… en proposant 12 montées contre 6 en temps normal. Le club tourangeau s’est retrouvé dans le chapeau : « J’ai longuement hésité avant d’accepter car il y a plusieurs conditions à respecter. La N2 c’est la porte du professionnalisme, la N1 on y est presque. Il faut notamment disposer de joueurs salariés dans son effectif » décrit Julien Château. Cela dit, la Fédération donne deux ans au club pour se conformer aux règles : « Dans mon petit raisonnement, je me dis qu’on devrait y arriver. »

Une équation à plusieurs inconnues

Jouer en Nationale 1, ça fait un moment qu’on y pense à Saint-Cyr : « Sans le coronavirus, l’année prochaine on aurait ouvertement affiché qu’on jouait la montée » assure le président. Il y va donc plus tôt que prévu, dans un championnat composé de 5 poules de 12, soit 60 équipes. « On sera peut-être avec la réserve du club professionnel de Nantes, Rennes, Poitiers, Gien, Chartres, Rezé ou Lannester. On va avoir notre carte à jouer. »

Pour l’instant on ne sait pas quand la compétition va reprendre, ni dans quelles conditions. Julien Château espère reprendre l’entraînement début août : « Les joueurs commencent à se revoir et à courir ensemble en respectant leurs distances. » Pendant ce temps-là, il s’occupe du recrutement avec 4 arrivées qui devraient se confirmer dans les prochains jours. De quoi rajeunir un peu la moyenne d’âge du groupe qui tourne autour de 30 ans.

« On s’est attaqué à combler les manques. Il nous fallait un gaucher, toujours la parle rares. On voulait aussi engager un pivot et remplacer notre joueur polyvalent qui stoppait sa carrière. Je pense qu’on l’a trouvé. Ce sont essentiellement des joueurs qu’on a eu en contact grâce à ceux qui sont déjà en place, dont un qui fait son retour dans la région. »

Ambition : construire un groupe homogène où la bonne ambiance règne car « si les mecs ne sont pas potes ça ne sert à rien » insiste le président. Le résultat est donc un mix entre gens d’expérience donc quelques anciens pros et « des jeunes en devenir pour offrir un gros spectacle. »

Construire de solides bases humaines et financières

Ce que veut Julien Château, c’est une équipe première capable de créer une dynamique pour l’ensemble du club qui compte 16 autres groupes dont deux féminins (une section aux deux ans d’âge que le Saint-Cyr Handball compte encore développer). Au total, on compte 330 joueuses et joueurs dans les différentes formations.

Côté finances, le budget devrait rester identique à celui de la saison 2019/2020, c’est-à-dire autour de 400 000€ sachant qu’il faudrait 2 à 3 fois plus dans l’optique d’une montée en Proligue… mais ce n’est pas pour tout de suite. Alors que de nombreux clubs sportifs s’inquiètent pour leurs finances à cause du Covid, les Saint-Cyriens semblent sereins : « Depuis 4 ans on a une gestion paternaliste, on a développé les finances, triplé le budget. Nous avons une trésorerie saine, environ 70 partenaires fidèles. On a confiance en eux, ils devraient encore nous accompagner dans le projet » promet le président. Un sujet essentiel car le spectre du dépôt de bilan plane encore. La cicatrice n’est pas refermée.

« J’ai beaucoup de projets mais je n’oublie pas les fondamentaux. Le club, c’est d’abord les gamins. Quand on se sentira prêts, quand la structure sera solide financièrement, on pourra tenter l’aventure de la montée. Aujourd’hui, on veut simplement devenir un bon club de N1, jouer les hauts de tableau et se faire de bons tours de Coupe de France » résume Julien Château. Rendez-vous est pris dans quelques mois pour voir à quoi ça va ressembler sur le terrain.

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