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Tours : les antennes-relais refont parler d’elles

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Alors que la ville de Tours est jugé plutôt en pointe pour la prévention à l’exposition des ondes électro-magnétiques, le mois dernier, le déploiement d’une nouvelle fréquence sur une antenne-relais a posé des problèmes à une partie du voisinage.

Pour Isabelle Bobin, tourangelle vivant dans le centre de Tours, le quotidien comporte son lot de complications. Et pour cause, Isabelle est une personne hyper sensible aux ondes électro-magnétiques issues de la téléphonie mobile. Une maladie dont les signes sont apparus il y a quelques années et dont le diagnostic a été clairement établi il y a un peu plus d’un an. Une maladie qui a contraint Isabelle, son mari et sa fille à s’adapter à leur environnement : “J’ai aujourd’hui la possibilité de vivre en centre-ville avec beaucoup d’aménagements, mes voisins sont par exemple vigilants à leur wifi chez eux pour éviter que les ondes se propagent chez moi” explique-t-elle. Cette femme dans d’une trentaine d’années nous explique mener une vie d’évitement à l’extérieur avec en exemple des difficultés pour sortir de chez elle et l’impossibilité d’aller emmener ou chercher son fils à l’école. “L’exposition aux ondes peut entrainer des maux de têtes, des troubles de l’élocution ou encore des douleurs physiques, voire une impossibilité de se déplacer puisque cela brouille le système nerveux central”. Des pathologies lourdes pour une maladie non reconnue, avec en prime une absence totale de prise en charge.

Pourtant, malgré ce handicap, Isabelle et son mari avaient réussi à garder une vie normale au sein de leur “home sweet home” grâce à des aménagements spécifiques comme la pose de plaques d’aluminium permettant de blinder les murs et empêcher la pénétration des ondes extérieures : “Je le répète souvent, mais je ne suis pas une illuminée, je vis normalement et je vis dans mon époque, j’ai internet chez moi, une box que je connecte en filaire…”

IMG_0433Isabelle Bobin

Le déploiement d’une nouvelle fréquence en cause

Pourtant au mois de mars, Isabelle a ressenti une augmentation du champ magnétique, l’empêchant de dormir dans sa chambre : “J’avais de la chance de pouvoir dormir à l’étage, ce qui est plutôt rare pour les électro-hypersensibles, mais ce n’était plus possible”.

Une augmentation du champ magnétique causé par l’implantation d’une nouvelle antenne-relais à quelques centaines de mètres de chez elle. Une situation qu’a dénoncé Emmanuel Denis, en pointe sur le sujet en tant que représentant local de l’association Robin des toits (Association nationale œuvrant pour la sécurité sanitaire avec les technologies sans fil) : “j’ai alerté la mairie à ce sujet qui ont réussi à obtenir de l’opérateur que la fréquence de l’antenne incriminée soit coupée et qu’un audit soit effectué dessus avant sa commercialisation”. Celui qui est par ailleurs élu écologiste au Conseil Municipal de Tours explique que le problème provient du déploiement d’une nouvelle fréquence sur les antennes-relais : “La fréquence 800 méga-hertz a été libérée par les télévisions et récupérée par les opérateurs téléphoniques. Or celle-ci est plus basse que les précédentes et plus la fréquence est basse, plus son émission est forte et lointaine”. Autour de l’antenne incriminée, tout comme pour celle de Bouzignac qui aurait causé des troubles du sommeil à une partie du voisinage, le représentant de Robin de toits a constaté des mesures plus élevées qu’à l’accoutumée.

photo_denis_emmanuelEmmanuel Denis

Tours une ville plutôt préventive sur le sujet

“Le problème c’est que la fréquence en 800 méga-hertz (MH) est actuellement en déploiement et qu’elle vient s’ajouter aux autres, cela remet en cause les dossiers de consultations effectués préalablement”. Ces dossiers de consultations ce sont ceux issus du groupe de concertation initié par la Mairie de Tours en lien avec les opérateurs téléphoniques, les bailleurs sociaux, des représentants associatifs comme Emmanuel Denis pour Robin des toits, des associations de consommateurs et des membres des CVL. En effet, malgré des cas comme celui du mois de mars, la ville de Tours a plutôt bonne réputation en terme de vigilance sur ce sujet, ce que confirme Isabelle Bobin : “Je suis partie d’une autre région pour revenir m’installer à Tours parce que justement la ville était plutôt en pointe sur ce sujet”.

Depuis des années, un dialogue s’est installé avec les opérateurs téléphoniques et les associations vigilantes. “C’est un peu du donnant-donnant” explique Emmanuel Denis, “les opérateurs jouent le jeu en prévenant la mairie de leurs intentions, derrière le comité de concertation émet un avis en étant vigilant aux points noirs pour faire remonter aux opérateurs les changements souhaités. En échange les opérateurs téléphoniques obtiennent de la mairie des facilitations d’implantations sur des points hauts”. Un dialogue installé qui fait de Tours une ville transparente sur ce sujet des ondes électro-magnétiques avec en prime des outils mis en ligne comme une cartographie des installations (disponible également pour l’agglomération), permettant aux habitants de connaitre le implantations des antennes mais aussi les mesures relevées lors de contrôles. “Ce dialogue est bénéfique jusqu’à présent” confirme Emmanuel Denis en prenant l’exemple de la réalisation de simulations d’émission des ondes pour toute nouvelle implantation. Une situation de bon élève qui n’empêche pas ce dernier de rester vigilant : “Il faut rester en alerte parce qu’avec le déploiement des fréquences 800 MH puis des 700 MH prévues en 2019, les émissions vont forcément augmenter. De plus, le seul regard que l’on a c’est lors de ces installations, après il n’y a aucun contrôle ni d’obligation d’information pour les opérateurs qui sont libres de modifier les antennes comme ils le souhaitent”.

Capture plein écran 25042016 233634Installation d’une antenne en 2015 rue de Ballan à Tours

Un degré en plus : Limitation des ondes : où en est la France ?

L’association Robin des toits milite pour un seuil d’exposition maximum de 0,6 volts par mètre (v/m). Actuellement ce seuil autorisé en France va de 41 v/m à 61 v/m selon les fréquences. “60 v/m, c’est simplement le taux maximum avant que la peau ne chauffe” explique Emmanuel Denis, “les risques sanitaires et biologiques sont présents bien avant cela”. Des risques qui sont principalement au nombre de quatre : “une Inhibition de la mélatonine, (hormone du sommeil), des risques sur la barrière hémato-encéphalique au niveau du cerveau, une désorganisation du fonctionnement cellulaire et des problèmes sur la réplication de l’ADN” poursuit notre interlocuteur.

Pourquoi ce seuil est aussi élevé en France alors que Le Conseil de l’Europe préconise une limite de 2v/m et que d’autres pays ont limité jusqu’à 0,6v/m comme dans certaines régions autrichiennes ? Tout simplement parce que la loi est ancienne, de la fin des années 90, autant dire à la préhistoire des téléphones portables, à une époque où ces derniers étaient beaucoup moins puissants, bien avant l’avènement de la 3G et 4G. Certaines villes comme Tours ou encore Paris sont néanmoins vigilantes à ne pas exposer les habitations et bâtiments publics à plus de 2 v/m.
Outre les risques sanitaires sur le long terme, aujourd’hui 3000 personnes en France sont reconnues hyper-sensibles comme Isabelle Bobin, tandis que les personnes électro-sensibles à différents degrés sont estimées entre 600 000 et 1,8 millions.

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