Société

Signes des Temps #20 : Piège à feuilles au Conservatoire Francis Poulenc

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Coucou les amants désunis ! Après les temps des rires et des chants, voici venu celui des sanglots longs de l’automne et comme pour tenter vainement de conjurer ce mauvais sort, l’être humain fait disparaître assez vite de ses villes ces symboles du temps qui passe et donc, de facto, de la mort qui pointe son nez.

Dernier outil en date pour chasser le végétal en décomposition de nos trottoirs, places et rues : la souffleuse, sorte d’aspirateur à crottes inversé (d’ailleurs, sont-ce les mêmes pilotes qui gèrent les deux ?) qui permet de pousser plus loin et d’assembler les feuilles en tas, tas qui seront ensuite manipulés par des mâchoires métalliques pour être transportés vers d’autres cieux. Machine magique qui doit faire rêver la nuit certain(e)s élu(e)s qui verraient bien des déclinaisons, type souffleuse à SDF, souffleuse à réfugiés ou souffleuse à jeunes bruyants, spécimens qui traînent forcément beaucoup trop et trop longtemps sur les bancs et dans nos beaux espaces urbains où la nature humaine – ou tout court – n’a qu’à bien se tenir et rester à la place que l’Urbain veut bien généreusement lui octroyer.

La feuille morte est belle quand elle tourbillonne, mais en ville beaucoup mois sexy quand elle se ramasse à la pelle ou quand, mouillée et là depuis trop longtemps, se putréfie et devient casse-gueule. En cage, la bête est muselée et inoffensive ; enfermée dans un compost, encore mieux : elle redevient poussière et source de vie dès le printemps prochain pour aider nos tomates estivales à pousser.

Un degré en plus

> Yves Montand interprète «Les Feuilles Mortes» en janvier 1964

> Gainsbourg en rajoute une couche avec «La chanson de Prévert», ou «Comment écrire une chanson magnifique simplement en évoquant une autre chanson magnifique»

> Allez, une petite dernière : la plus belle cover anglophone des «Feuilles Mortes» à ce jour, par Coldcut en 1993, avec un final somptueux.


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