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Signes des Temps #156 : Prolonger le plaisir Avenue de la République

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Le 15 juillet 2018 fait désormais partie de ces dates à jamais gravées dans l’histoire de France, du genre de celles dont on se souvient plus facilement que d’un anniversaire de mariage ou de l’anniversaire d’un cousin éloigné. Une deuxième victoire de la France en finale d’une Coupe du Monde de foot ça se grave dans le marbre ou dans la carrosserie de la Twingo, ça s’imprime sur un t-shirt, ça se tatoue sur le pied gauche ou derrière l’oreille du chien, on peut carrément la ressortir à chaque repas de famille pour faire digression quand Tonton René ou Tata Geneviève commencent à aborder les sujets qui fâchent.

Plus efficace qu’un iPad pour calmer un bébé turbulent, plus fédératrice qu’un discours de Dany Boon aux Césars, la deuxième étoile de notre équipe nationale a apporté tellement de bonheur d’un coup à la Nation que quelques député(e)s étaient à deux doigts de proposer le vote d’une loi pour créer un nouveau jour férié. Puis, un certain Alexandre B. plus doué en tacles foireux qu’en reprises de volées a fait parler de lui entre temps. Carton rouge, tout a été gâché. Fini la liesse populaire, retour aux débats populistes.

Et pourtant, il y a encore du monde pour prolonger le plaisir… Sur la bien-nommée Avenue de la République de Tours Nord, ce drapeau était toujours fièrement accroché au balcon plusieurs jours après le coup de sifflet final. Détail amusant : il n’est pas repassé, comme s’il avait été sorti du placard à la hâte après la victoire à l’arrachée contre l’Argentine, ce match que les Bleus ont gagné en déjouant les pronos après leur 0-0 soporifique contre le Danemark.

Pas repassé le drapeau, mais bien arrimé, immanquable depuis la rue. Et il pourrait rester comme ça toute l’année après tout, pourquoi s’en priver ? Avantage : placé de la sorte, il peut servir de paravent pour s’autoriser une séance de bronzage intégral incognito malgré un sacré vis-à-vis (Stéphane Plaza like this).

A propos de style, dans la fan zone de la Gloriette, on avait vus d’autres drapeaux portés en jupe, en bandana voire façon bikini… Ce n’était qu’un début. Pour profiter de l’engouement, les accros du foodporn planchent depuis sur des recettes « gourmand-croquant » et « bleu-blanc-rouge » à partager sur Instagram et surtout Vinci Autoroutes pense peindre les 3 voies de l’A10 avec les couleurs nationales pour le grand chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens. Il parait même que c’est Raymond Domenech qui a eu l’idée.


Un degré en plus :

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