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Mon temps ce n’est pas de l’argent ! Enzo : homme à tout faire de son immeuble

Salon Hifi - Leclerc Amboise
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Les bénévoles sont souvent les petites mains des structures associatives qui créent et favorisent le tissu social. Afin de leur rendre hommage, chaque mois nous vous proposons de retrouver une interview ou un portrait d’un bénévole, qu’il soit dans une association, un club sportif ou autre. Ce mois-ci, c’est Enzo qui a accepté de nous répondre.

Ce mois-ci, la parole est donnée à un bénévole pas tout à fait comme les autres. C’est en voyant cette rubrique régulière que Sandrine, une lectrice, a eu l’idée de nous parler d’Enzo, un voisin d’immeuble. Ce dernier n’est ni membre d’un club sportif, ni d’une association quelconque, en revanche à écouter notre lectrice, Enzo est le bénévole par excellence. Un bénévole de proximité qui agit simplement pour aider ses voisins.

« On a tous tendance à s’enfermer chez soi dès que l’on rentre le soir »

En répondant à notre appel téléphonique, Enzo a tout d’abord été surpris que l’on s’intéresse à lui : « Mais je n’ai rien à dire, je ne fais parti d’aucune structure, je ne suis pas vraiment bénévole », nous répond-il ainsi quand on lui indique l’objet de notre appel. La petite cinquantaine, ce père de deux enfants est pourtant un personnage atypique, à en croire ses voisins. Résidant depuis une dizaine d’années dans un immeuble de Tours, Enzo passe la plupart de son temps libre chez les autres, jamais avare de coups de mains à donner. Au quotidien selon son voisinage, Enzo est devenu indispensable : « Il donne énormément de son temps pour nous aider, à commencer par son voisin de palier, un vieux monsieur seul, Enzo l’aide pour beaucoup de tâches du quotidien mais aussi simplement pour lui tenir compagnie ».

Une aide providentielle permettant de rompre l’isolement dont souffrent certains, pas assez fréquente malheureusement. Dans l’immeuble d’Enzo, Sandrine nous affirme que la présence de ce dernier a été bénéfique pour tout le monde. « Ce n’est jamais facile la cohabitation dans un immeuble comme le nôtre, entre les anciens qui aspirent à de la tranquillité, les jeunes couples avec enfants en bas-âge parfois ou les adolescents un peu bruyants, cela peut vite devenir compliqué. C’est vrai qu’en plus, vu les emplois du temps de chacun, on a tous tendance à s’enfermer chez soi dès que l’on rentre le soir. Enzo dès qu’il est arrivé est venu se présenter à tout le voisinage, il passait régulièrement ne serait-ce que pour dire bonjour en restant sur le palier, mais c’était une première étape importante parce que cela a permis de rompre rapidement la glace. C’est vrai que depuis qu’il est là, une nouvelle dynamique de voisinage s’est progressivement installée » témoigne Sandrine.

« Je le fais autant pour moi que pour eux en fait »

Plus modestement Enzo raconte ne pas avoir fait grand chose, si ce n’est être naturel : « Je ne sais pas si cela a un lien mais j’ai grandi à la campagne et enfant, je voyais souvent mes parents et nos voisins s’entraider, cela allait d’un coup de main pour du bricolage, pour regarder la voiture, mais aussi pour garder les enfants en cas de besoin… c’était très naturel et cela n’avait rien d’exceptionnel ».

En arrivant en ville au début de l’âge adulte, Enzo raconte avoir perdu ce lien particulier avec ceux qui l’entourent au quotidien : « Je trouvais triste le fait d’habiter ensemble dans le même immeuble, d’avoir cette promiscuité et à part les salutations de politesse, de quasiment s’ignorer, de rester chacun chez soi avec ses problèmes et ses difficultés ». L’homme raconte avoir ressenti un malaise constant lors de ses premières années en tant « qu’urbain ». « Vraiment, pour moi cela a été un choc, j’ai vécu en région parisienne entre 20 et 26 ans, c’était moralement difficile, j’ai découvert une nouvelle vie à laquelle je n’appartenais pas ». Un déménagement en Touraine pour raisons professionnelles plus tard et Enzo découvre une ville moins grande mais toute aussi froide selon lui : « Avec le recul, je me dis que c’est peut-être autant à cause d’un changement d’époque qu’à une dichotomie cadre rural / cadre urbain, mais c’est vrai que j’ai toujours trouvé les urbains beaucoup plus individualistes par rapport à ce que j’avais connu dans ma campagne quand j’étais jeune ».

Plutôt bricoleur, Enzo s’est rapidement proposé pour aider ses voisins, « J’ai le lien facile et pour moi il est inconcevable de ne pas être attentif à ceux qui m’entourent. Je le fais autant pour moi que pour eux en fait » reconnaît-il. « J’ai besoin de ce lien social et j’aimerai aussi montrer à mes enfants que le partage et la solidarité sont des valeurs importantes ».

« Je ne sais pas si on peut appeler cela du bénévolat, moi je pense que c’est simplement de l’entraide. Sans faire d’analyse de bas-étage et sans être nostalgique, je me dis que c’est peut-être parce que cette solidarité entre voisins est moins présente aujourd’hui que le climat est plus anxiogène. Quand je vois que certains essayent de faire du business aujourd’hui sur l’entraide entre voisins en créant des startups sur ce concept, je me dis qu’il y a vraiment un problème si nous sommes obligés d’en arriver là. Ce sont des choses naturelles, humaines, ni plus ni moins ».

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