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Coronavirus et confinement : comment l’Université de Tours gère la situation

 

Dans son allocution télévisée lundi 13 avril, Emmanuel Macron a envisagé la réouverture « progressive » des crèches et des établissements scolaires à partir du 11 mai. Mais pas les Universités, où les cours physiques sont officiellement stoppés. En revanche, l’année continue.

« On n’aurait pas pu réunir 500 étudiants dans un amphi le 11 mai. Ce serait irresponsable » : le président de l’Université de Tours comprend la volonté présidentielle. Philippe Vendrix y voit une consigne : « Il a voulu dire qu’il fallait se concentrer sur les outils d’enseignement à distance et la préparation de la nouvelle année qui débutera en septembre. » Bref, des cours à l’aide de l’informatique jusqu’à l’été… Mais aussi des examens qui ne ressembleront pas à ceux initialement prévus.

« Nous allons organiser les épreuves en tenant compte de la situation des étudiants. Au lieu d’un examen, on pourra demander un travail original sur tel ou tel sujet. Dans d’autres cas on peut imaginer des QCM rapides. Toute une série de dispositifs existent, on verra ce qui est adapté à la matière, l’année, les conditions d’études. »

Le président de l’Université a fixé une ligne claire à ses équipes, qui rassemblent 2 600 personnes : « Ne pas trop bousculer le calendrier. » Terminer les examens courant juin avec quelques sessions de rattrapage début juillet « et on va s’y tenir » assure-t-il. La difficulté : les cursus avec stage, parfois long, en fin de cycle. La solution : ils pourront se dérouler jusqu’à la fin de l’année. En espérant que les entreprises mises en difficulté pendant le confinement acceptent toujours les stagiaires.

L’incertitude pour les cursus à l’étranger

Au bout d’un mois d’expérimentation de l’enseignement à distance, « on a acquis des réflexes et ça fonctionne plutôt bien » promet Philippe Vendrix avec la création d’une plateforme dédiée, d’un site web spécial http://coronavirus.univ-tours.fr, de Travaux Dirigés aux formes « parfois ingénieuses » mises en place par les enseignants. Tout de même, il y a celles et ceux qui ont plus de mal que d’autres à s’y mettre « parce qu’ils ne disposent pas tous d’un univers numérique optimal ou n’ont pas été formés pour manipuler les outils » reconnait le dirigeant. Dans certains cas des rattrapages pourront avoir lieu en début d’année prochaine.

Justement, l’année 2020-2021. Pour déterminer qui pourra entrer à l’Université de Tours « une première sélection se fait à distance. Le calendrier de Parcoursup n’a pas changé en revanche nous avions réduit la période de fermeture administrative de l’Université cet été. » La grande interrogation réside sur la possibilité de maintenir les filières internationales, notamment les séjours Erasmus conditionnés à la réouverture des frontières : « J’ai encouragé les collègues à prévenir les jeunes pour ne pas créer d’illusions. C’est vraisemblable qu’il y ait des difficultés pour le premier trimestre » prévoit Philippe Vendrix. Cela concerne aussi les 3 000 étudiants étrangers qui viennent travailler à Tours, dont 1 500 originaires d’Afrique qui risquent de voir leur projet compromis. Des cours à distance pourraient en partie compenser d’éventuelles restrictions de voyages.

Et en attendant cette rentrée, l’Université de Tours fonctionne donc au ralenti, essentiellement en télétravail. Seuls les laboratoires de recherche disposant d’une activité en lien avec le Covid-19 restent en activité.


Un degré en plus :

Les élections du conseil d’administration de l’Université devaient se tenir début avril (Philippe Vendrix est candidat à sa succession). Une réunion du comité électoral se tient ce lundi pour établir un nouveau calendrier sachant que le ministère de l’Enseignement supérieur a déjà prolongé le mandat des équipes en place le temps de la crise.

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