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Contre les violences faites aux femmes, le réseau tourangeau s’étend encore

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On connaissait les associations comme France Victimes ou le CIDFF, les personnes référentes des forces de l’ordre, la délégation départementale aux droits des femmes ou encore l’antenne spécifique d’SOS Médecins à Tours. Toutes ces structures tourangelles constituent un dense réseau pour assurer la prévention et la réaction face au fléau des violences sexistes et sexuelles majoritairement subies par les femmes. Depuis peu, un nouvel équipement complète la liste : la Maison des Femmes du CHU de Tours.

Depuis la création de son institut médico-légal en 1998, le CHU de Tours est un acteur incontournable lorsqu’il y a des affaires de violences. Les médecins légistes sont en effet habilités pour constater des coups ou effectuer des prélèvements après un viol. Avec le temps, les consultations ne cessent d’augmenter : 3 500 en 2020 dont 500 femmes victimes de violences conjugales et 1 000 mineurs. 400 victimes de violences sexuelles ont déjà été examinées en 2021. Face à cet afflux, la collaboration avec la justice est institutionnalisée depuis 2011. Dix ans plus tard, nouveau cap : l’IML crée la Maison des Femmes sur le site de l’hôpital Bretonneau. Une antenne avec un médecin dédié, et bientôt une infirmière et une secrétaire.

Pourquoi ce nouvel équipement ? Réponse de Pauline Saint-Martin, la professeure qui dirige le service :

« Avec l’équipe nous étions désemparés face aux victimes qui, souvent, ne déposent pas plainte après les examens. Il n’y avait aucune raison de ne pas les prendre en charge car on sait que dans ce type d’affaire beaucoup ne font pas la démarche ou alors plus tard. On a donc pensé qu’il faudrait un service plus adapté pour ces personnes qui ne veulent pas déposer plainte mais ont quand même besoin d’une prise en charge globale : une orientation vers un psychologue, vers une assistante sociale, vers les urgences en cas de soin ou vers une association d’aide aux victimes. »

C’est à ça que sert la Maison des Femmes, officiellement ouverte depuis le 1er juin 2021 (accessible de 9h à 17h du lundi au vendredi au rez-de-chaussée du bâtiment Kaplan). Ces locaux chaleureux sont équipés d’un cabinet géré par le médecin référent Justine Canalès, ils accueillent des permanences d’associations (une juriste de France Victimes le jour de notre passage) et peuvent aussi servir de refuge ponctuel en attendant par exemple une prise en charge en hébergement d’urgence. Un coin est prévu pour les enfants, garantissant ainsi une écoute exclusive de la mère.

Et si on se demande pourquoi uniquement les femmes, c’est parce que selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur elles représentent par exemple 87% des victimes de violences conjugales ce qui permet de prendre conscience de l’ampleur de la tâche (sans renier la difficulté que des hommes victimes peuvent avoir à dénoncer les faits qu’ils auraient subi et l’importance de leur proposer également des dispositifs de prise en charge).

Toujours des rendez-vous d’urgence possibles

En 5 mois, 88 femmes ont déjà poussé la porte du service, 46 avaient déjà porté plainte, 12 autres ont fait la démarche après coup, 5 ont fait l’objet d’un signalement à la justice car elles étaient en danger immédiat. Orientées par une association, les urgences ou un médecin. Mais aussi de façon spontanée. Il y a un mois de délai pour les rendez-vous… Mais toujours des places dans le planning pour les urgences, établies selon un premier entretien sur les situations personnelles. Justine Canalès :

« Par exemple si la victime a subi des violences sexuelles récemment, on saura faire des prélèvements rapidement. Il est également possible de réaliser des consultations par visio si la personne habite loin ou que c’est compliqué de la faire venir. J’ai notamment eu le cas d’une personne dont on contrôlait le kilométrage de la voiture »

La majorité des personnes reçues ont subi des violences au sein de leur famille ou des actes sexuels non consentis. Mais on peut aussi bénéficier de l’aide de la Maison des Femmes pour du harcèlement de rue, du harcèlement moral au travail, du harcèlement scolaire… Des violences psychologiques « qui ont des répercussions importantes à long terme si elles ne sont pas prises en charge correctement dès le départ » rappelle Pauline Saint-Martin.

Déjà des projets d’extension

Vu les besoins, la Maison des Femmes du CHU est appelée à grandir dans le cadre du renforcement de l’institut médico-légal qui comptera in fine une vingtaine de personnes (médecins, aides-soignantes, psychologues, secrétaires). A terme, elle déménagera dans des locaux encore plus grands pour organiser des ateliers ou des groupes de parole. « C’est un dispositif évolutif selon les besoins. On trouvait intéressant de créer cette structure pour proposer un parcours global de prise en charge. On voit un vrai bénéfice dans la vie des victimes reçues, c’est assez satisfaisant » nous disent les deux médecins lors du premier bilan de la structure.

Signe que le dispositif semble complémentaire avec le réseau existant, « nous avons reçu un accueil très positif et soutenant avec des propositions immédiates pour faire des permanences » annonce Pauline Saint-Martin. Si des services similaires existent dans d’autres villes (la première a été créée en Seine-Saint-Denis), Tours fait partie des agglos pionnières dans ce domaine. Un outil qui doit aussi améliorer la formation des étudiants en médecine mais aussi les sages-femmes, le corps infirmier, les dentistes…

Un lien avec la maternité est également en construction pour accompagner les femmes victimes de mutilation sexuelle (les excisions). L’institut médico-légal en reçoit plusieurs chaque semaine : « Ce sont souvent des femmes dans une précarité importante et elles ont besoin d’une prise en charge globale. Elles sont souvent prises en charge ailleurs mais jamais globalement sur le plan somatique et psychologique » insiste la Professeure qui s’attend à une forte demande.

 

 

Un degré en plus :

La Maison des Femmes du CHU de Tours peut être contactée au 02 47 47 46 00. Et pour parler de violences à tout moment, vous pouvez aussi appeler le numéro national 39 19.

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