Politique

Un « Babariste » aux commandes des « Républicains » de Tours

Ça y est, c’est fait… Les Républicains de Tours, ceux de la 1ère circonscription, ont leur chef. Jérôme Tebaldi, conseiller municipal de Tours et proche de Serge Babary a été élu samedi soir dans le cadre des élections internes du parti de Nicolas Sarkozy. Un « ouf » de soulagement pour le maire et ses proches qui aurait pu voir cette nomination leur échapper au profit d’Edouard de Germay proche de Thibault Coulon.

Jerome Tebaldi2(c) J.Tebaldi

Samedi 6 février, Boulevard Heurteloup, 18h35. Une trentaine de personnes sont rassemblées autour d’une unique table au milieu de la permanence des « Républicains » d’Indre-et-Loire. L’ambiance est silencieuse et lourde. Une seule voix se fait entendre : « De Germay, De Germay, Tebaldi, Tebaldi, De Germay, … ». Le scrutateur scande au rythme du dépouillement, les noms des deux finalistes du deuxième tour des élections internes des « Républicains » à Tours. Au fur et à mesure, les regards se détendent pour les uns, se crispent pour les autres. A l’issue du recomptage des voix 220 voix qui se sont exprimées, Jérôme Tebaldi est proclamé vainqueur à 128 voix contre 85 pour son adversaire. 7 bulletins nuls venant compléter le résultat définitif. A l’annonce de cette victoire par Fabrice Boigard, secrétaire départemental des « LR », des applaudissements nourris se font entendre. Présents aussi, les jeunes des « Républicains » assurent la « claque » quitte à trop en faire. L’un deux ajoutant même que « si cela avait été Edouard de Germay, on aurait applaudi autant » … Dans la salle, on peut entendre des adjoints de Serge Babary satisfaits. Ça c’est fait, dit l’un d’entre eux le sourire aux lèvres ». Il faut dire que la tension était palpable. Derrière ce duel Tebaldi / De Germay se jouait aussi les leaderships et la conduite de « l’appareil Républicain » sur Tours.

« On va tous travailler ensemble. Et tout le monde aura voix aux chapitres… »

Depuis l’affaire de l’éviction de Thibault Coulon aux élections régionales, la majorité municipale s’est craquelée. Les stigmates d’une majorité morcelée sont presque devenus une réalité. Au final, le Babaryste l’emporte devant le Couloniste. Mais Jérôme Tebaldi devra composer. Et cela, il en a bien conscience. « On va tous travailler ensemble. Et tout le monde aura voix aux chapitres… » déclare Monsieur Tebaldi. Rassembler, calmer les esprits et se rabibocher avec tous, c’est une priorité pour le tout nouveau chef des Républicains de Tours. Les mois à venir vont être rudes et difficiles. Redonner vie à une fédération de Tours laissée pratiquement à l’abandon, gérer les primaires et leur organisation locale puis tenir à distance les prétendants à une investiture à l’élection législative de 2017… Autant de chausse-trappes pour J. Tebladi. Mais Frédéric Augis veillera au grain. Pas question pour le nouveau président des « Républicains » d’Indre-et-Loire que le bazar s’installe à nouveau dans la première circonscription. Puis ce fidèle de Philippe Briand devra marquer de sa « patte » la présidence d’un parti en reconquête du pouvoir présidentiel. Un parti géré par Nicolas Sarkozy et qui entend bien placer des hommes à lui dans toutes les fédérations de France. Il se murmure que l’ancien Président de la République aimerait nommer lui-même les secrétaires des Fédérations.

La vie d’un parti de gouvernement qui peine à retrouver ses lustres d’antan et ses militants

Hier soir, ni Edouard de Germay, ni Alain Hugo candidat malheureux du 1er tour ne sont venus au prononcé des résultats. Une absence qui en dit long aussi l’ambiance à venir. Pendant ce temps la vie des « Républicains » continue. La vie d’un parti de gouvernement qui peine à retrouver ses lustres d’antan et ses militants. Un parti qui doit reconquérir le cœur du peuple de droite attiré, pour une part, par les sirènes d’un Front National silencieux en ce moment mais aussi par la personnalité moderne d’un Emmanuel Macron. Un grand écart qui va être difficile à gérer si les idées et l’écoute des Français et des Tourangeaux ne sont pas une priorité. Plus qu’une chose à souhaiter à Monsieur Tebaldi, du courage, beaucoup de courage mais aussi de l’écoute, beaucoup d’écoute…

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