Ce samedi 24 janvier, une gauche plurielle et enthousiaste s’est réunie à Tours dans le cadre d’un meeting de soutien à Emmanuel Denis, candidat écologiste pour les élections municipales des 15 et 22 mars. Une soirée pour marquer la campagne du maire sortant… mais aussi pour penser très fort au scrutin d’après : la présidentielle 2027.

Tourangeaux comme nationaux, de grands noms de la gauche étaient présents. François Rufin, Marine Tondelier, Lucie Castets, Olivier Faure, Alexis Corbière, Clémentine Autin sont venus soutenir la figure locale accompagnés du député Les Ecologistes de Tours Charles Fournier ou du baron PS local Jean Patrick Gille. A l’exception habituelle de LFI, toutes les nuances de la gauche étaient présentes.
Après avoir tracté sur la place de la gare, tous se sont réunis dans la salle de l’espace Jacques Villeret, dans le quartier des Fontaines.
Cet aréopage de personnalités venait chercher l’inspiration en Touraine. Rendant hommage à l’union des gauches pratiquée par Emmanuel Denis, qui lui a permis d’obtenir son premier mandat. Leur espoir : réussir la même chose dans le cadre de la course à l’Elysée. Et d’annoncer la tenue d’une primaire à gauche, le 11 octobre prochain, évoquant la méthode tourangelle comme l’exemple à suivre. Marine Tondelier, candidate déclarée, citant Tours comme “une ville rempart à la droite” et rappelant les succès locaux, telles que les cours d’écoles végétalisées ou la progression du bio à la cantine.


Suivie par un François Ruffin volubile, défendant à son tour l’union, parlant de Tours comme d’un “point d’appui” pour la victoire de la gauche en 2027. Prenant la suite, Charles Fournier défendant le bilan d’Emmanuel Denis, notamment sur le plan social, rappellant également que “la somme de nos différences est inférieure au risque d’avoir le RN”.
Au fond de la salle, plus discret mais toujours au cœur du réacteur, Jean Patrick Gille observe et confie : “En politique, c’est toujours plus facile de diviser que de se rassembler. Rassembler c’est prendre du recul, travailler en harmonie, penser d’abord au bien commun”. Durant 2 heures, l’unité de ces gauches était palpable, enthousiaste. Mais tel Saint Thomas, l’électeur ne croira que ce qu’il voit, et attendra l’expression ferme de cette union pour la primaire d’octobre.


Ainsi, cette union est loin d’être acquise. Les socialistes n’ont pas encore formalisé leur accord pour participer à la primaire du 11 octobre (ils attendent un vote des militants). Le mouvement Place Publique de Raphaël Glucksmann présent aux côtés d’Emmanuel Denis n’est pas dans la dynamique nationale. Et Jean-Luc Mélenchon fait cavalier seul. En clair, les deux favoris des sondages à gauche sont hors des projets d’alliance.
Il reste donc encore beaucoup à faire et il faudra plus que des meetings pour aller plus loin. Néanmoins, on constate bien ces derniers temps que la capitale tourangelle est un spot à enjeu. C’est ici que Marine Tondelier a fait son 1er déplacement de candidate à la présidentielle, et c’est en 2024 déjà qu’un grand meeting avait rassemblé plusieurs pointures sur l’Île Balzac.
Les 15 et 22 mars, Tours sera donc scrutée plus que d’habitude pour les résultats du scrutin municipal. Pour savoir si le projet de l’écologie politique peut faire recette plus d’un mandat (comme à Lyon, Bordeaux, Poitiers…) et pour voir à quel point l’union de la gauche peut faire de l’ombre à LFI. Les chiffres locaux ne suffiront pas à déterminer des tendances nationales mais cela peut fournir certaines bases de travail. Ou du moins de commentaires.








