Politique

Serge Babary : 730 jours d’un maire…

Le 30 mars 2014 Serge Babary devenait maire de Tours. Arrivé au tiers de son mandat avec son équipe de 42 adjoints et conseillers municipaux, l’heure est à un premier bilan. 730 jours qui ont parfois été difficiles. La gestion de la cité n’est jamais chose aisée. Entre projets, vision du futur et problèmes politiques mais aussi fiscalité et économie, Serge Babary ne ménage pas sa peine. Pourtant les deux ans qui viennent de s’écouler n’ont pas encore montré la « patte » du maire.

En mai 2015, Serge Babary organisait pour la presse un tour de la ville dans un bus de l’agglomération pour montrer l’avancée des projets présents et futurs. Un « Babary Tour » qui avait eu pour discours de conclusion, l’énonciation d’un pourcentage : 46 %. Un an après son élection comme maire, l’ancien président de la CCI d’Indre-et-Loire indiquait aux journalistes que sur la première année de mandat, il avait réalisé un peu moins de la moitié de ses promesses de campagne. Chacun avait donc fait son petit calcul dans sa tête : resterait au maire cinq ans pour réaliser la deuxième moitié de son programme.

Exit, l’une des grandes promesses de campagne…

La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour l’équipe municipale. Les projets avancés et voulus par le maire et sa majorité manquent parfois de visibilité. Il faut dire que l’année 2015 a été marquée par les problèmes fiscaux et financiers de la ville. L’agitation de l’épouvantail appelé « SWAP » pour faire prendre conscience aux habitants que l’augmentation des impôts locaux était irréversible fut certainement un point majeur de la méthode « Babary ». Un maire à 100 % qui augmente les impôts… Exit, l’une des grandes promesses de campagne. Une position qui a été suivie par sa majorité, non sans bruissement d’ailes dans les couloirs des bureaux des élus à la mairie.

Puis, il y eut les épines dans le pied dans la marche du maire. L’affaire du Plessis-Théâtre qui fit grand bruit dans le petit monde de la culture mais qui fut anodine pour la majorité des Tourangeaux. Une sortie de crise et la recherche de solutions l’ont en fin de compte emporté… Enfin, l’affaire du Bateau Ivre, une autre épine qui trouvera peut-être son épilogue dans les prochains jours. Une affaire qui a montré, bien au-delà du projet de réhabilitation d’une salle de concerts « historique » de la ville, un affrontement d’idées et de conceptions de la culture à Tours. Pour ne pas dire une dualité entre culture de droite et culture de gauche. Dommage.

Il subsiste la volonté pour beaucoup de voir Serge Babary réussir son mandat et laisser une trace derrière Jean Royer et Jean Germain

Côté politique, il y a eu les couacs malheureux, les tensions internes et les attaques de l’opposition. La polémique quelques jours après la mort de Jean Germain sur les cérémonies d’hommage fut sans aucun doute le reflet d’une mauvaise appréciation de la situation « in concreto ». Un couac qui laissera longtemps des traces pour les fidèles et amis de Jean Germain. Certes, les passions et les sentiments mêlés furent en grande partie responsables des tensions. Ces deux ans ont aussi montré un effritement de la majorité municipale avec des rivalités internes mais aussi, là encore, des tensions entre élus. Il est normal que le maire tente de minimiser voire d’apaiser mais difficile de raisonner certains qui affichent des ambitions parfois au-delà du principe de réalité. Le point d’orgue fut incontestablement le très mauvais résultat de la droite à Tours aux élections régionales. Résultat synonyme d’un très clair premier avertissement électoral pour la toute jeune majorité municipale. En « off », de nombreux élus se plaignent de la gouvernance aussi. Pour beaucoup, il faut muscler la direction de cabinet du maire, revoir les stratégies et renouer avec ceux qui ont élu la nouvelle équipe. Derrières ces remarques, il subsiste la volonté pour beaucoup de voir Serge Babary réussir son mandat et laisser une trace derrière Jean Royer et Jean Germain. Pour les optimistes, il n’est pas trop tard.

Deux ans aussi qui ont fait naître chez certains de mauvais réflexes, il serait dommage d’avoir critiqué les années Germain et d’avoir dénoncé « un système » pour les plus vindicatifs, et de voir l’histoire se répéter chez certains de la nouvelle majorité. Il est toujours tentant de vouloir aider certains amis, mais il existe un devoir de vigilance.

Enfin, l’opposition a choisi de ne pas être tendre. Chez les élus de cette fronde entretenue, il y a les « frontaux » sans grande expérience politique, les expérimentés et techniciens qui cherchent la faille et puis les autres qui se veulent constructifs et démocrates, mais sans complaisance pour l’action de la majorité. Il est clair que l’année 2017 et celles qui suivront jusqu’en 2020 seront celles de l’affrontement pour que la gauche puisse espérer l’emporter.

Enfin en matière de projets et de rayonnement, Serge Babary et son équipe ont voulu axer leurs énergies et leur communication sur des sujets initiés par l’ancienne majorité, mais aussi par la nouvelle. Le haut de la rue Nationale, la Cité de la Gastronomie, la « French Tech », Tours capitale du tourisme ligérien et bien sûr Saint-Martin. Qu’en sera-t-il des quatre prochaines années puis au-delà ? Des projets économiques et sur l’emploi sont en cours… Notre ville est en compétition avec d’autres bassins d’emploi et des métropoles qui sont en avance sur la venue de grandes entreprises dans leur ville. A propos de Métropole, Tours et son agglomération sont candidates. Un tournant à pas louper pour l’avenir.

Reste un peu moins de 1 500 jours pour que Serge Babary fasse entrer Tours dans la cour des « grandes »

Depuis 730 jours, la nouvelle majorité et son maire ont pris définitivement leurs quartiers. Les Tourangeaux veillent et veulent que leur ville ne soit pas endormie. Mais notre ville est ligérienne… Les choses avancent, mais au rythme lent de la Loire qui s’écoule. Le monde va vite, peut-être trop. Entre les deux, doivent alors se glisser les ambitions, les envies, mais AUSSI les visions pour demain et pour la prochaine génération. Nantes en son temps l’avait bien compris, Rennes aussi. Tours a des atouts. Reste un peu moins de 1 500 jours pour que Serge Babary fasse entrer Tours dans la cour des « grandes » ….

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