La salle des mariages de la mairie de Tours accueillait ce jeudi soir un couple inhabituel : Aleksandar Nikolic, député européen et candidat parachuté du RN à la succession d’Emmanuel Denis, et Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et figure en vue du parti de Marine Le Pen.
Un meeting qui se jouait à guichet fermés : 250 personnes en rangs serrés, quelquefois assises par terre, reflet du succès actuel des idées du RN dans une partie de l’opinion. Une dizaine de membres du DPS, le service d’ordre du parti, fouillait chaque participant avec méthode, afin d’éviter toute intrusion non désirée, car sous les fenêtres de la salle, près de 200 contre-manifestants majoritairement issus de l’extrême gauche manifestaient bruyamment leur opposition, sous l’oeil attentif d’une cinquantaine de policiers.


Suivant Aleksandar Nikolic arrivé de la commission Européenne quelques minutes plus tôt, Jean-Philippe Tanguy, désireux de mettre l’ambiance, retire dès son arrivée le drapeau européen, mauvais sort fait à une institution pourtant généreuse envers les cadres du parti à la flamme.
Des solutions simples
Aleksandar Nikolic, enthousiasmé par cette introduction, se chauffe sur quelques thèmes sécuritaires, pointant l’augmentation des violences sexuelles et des cambriolages, à Tours comme sur tout le territoire national, quitte à exagérer les chiffres.
Pour lutter contre ces fléaux, les solutions sont simples : “je veux équiper la ville de vidéo-surveillance, de drones et d’IA, et que la police municipale harcèle chaque point de deal, mette des amendes pour chaque incivilité”. Le tout grâce à une police municipale renforcée, un volontarisme qui plaît aux auditeurs, mais qui oublie la réalité du terrain : la police municipale n’a pas de pouvoir d’enquête, ni de mise en garde à vue.
A chaque problème, une solution simple, souvent trop simple. Pour les embouteillages, l’enthousiaste député européen qui se voit déjà futur édile de Tours, a des solutions : supprimer les pistes cyclables, faire un parking de 500 places sous l’avenue Grammont… deux solutions qui bloqueraient la circulation du centre-ville pendant plusieurs mois.
Une longue liste de projets à financer
Une belle liste de projets se déroule, parmi lesquels : une grande Arena dédiée aux sports, la transformation du parc expo en salle de concert, la rénovation totale des Halles, l’attribution préférentielle “des logements sociaux aux policiers, pompiers et ATSEM qui méritent ces logements”. Le tout financé par les économies réalisées sur l’annulation du projet de la seconde ligne de tram, permettant d’économiser 500 millions d’euros. Malheureusement, le budget du tram est géré par la métropole, la mairie ne pourrait donc pas utiliser comme elle veut un budget qui ne lui appartient pas. Qu’importe pour M. Nikolic. Mais la litanie de chiffres endort quelque peu la salle, bientôt réveillée par un retour aux fondamentaux : quelques punchlines sur l’augmentation de l’immigration, et l’arrêt des associations Cimade et Sos Méditerranée, et la foule applaudit dans une sorte de réflexe pavlovien.
Le RN, éternelle victime
Jean-Philippe Tanguy, après quelques mots vantant les qualités du candidat local, assure l’angle national de la soirée, notamment en dénonçant le faux procès qui serait actuellement fait au parti à propos des emplois fictifs, malgré les écrits limpides reconnus devant les juges de Wallerand de Saint Just, trésorier et avocat du parti.
Une soirée que l’on pourra résumer ainsi : des arguments centrés sur l’opposition de l’élite et de l’immigration contre les français qui paient des impôts. Au final, un discours volontariste du « quand on veut on peut » qui enthousiasme les militants venus en nombre. Et peu importe si ce discours résiste difficilement aux faits et à la réalité, comme souvent dans les meeting politiques, le but est de renforcer sa base.











