Lutte Ouvrière 37 présente 3 listes aux Municipales : « Nos scores ne nous découragent pas »

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A Tours, Joué-lès-Tours et St-Pierre-des-Corps il faudra composer avec lui. Le parti Lutte Ouvrière présente trois listes aux élections municipales des 15 et 22 mars. Une voix qui dénote dans la campagne, car plus axée sur des thèmes nationaux que strictement locaux. Pas un sujet pour le mouvement qui y voit un moyen de diffuser ses idées au-delà de ses cercles traditionnels.

« Avec nos trois listes on présente 127 personnes » calcule Thomas Jouhannaud, N°1 de Lutte Ouvrière à Tours pour la 2e fois après une première tentative en 2020 (il était également de l’aventure en 2014, et candidat à Châteauroux en 2008). Une triple présence à ce scrutin pour une organisation qui ne compte que quelques dizaines de membres dans le département ce n’est pas anodin. A titre de comparaison, de l’autre côté de l’échiquier politique, le Rassemblement National n’a réussi à compléter que deux dossiers (Tours et Amboise) alors qu’il se revendique comme étant le premier parti de France et que ses résultats électoraux sont bien meilleurs.

Pour Anne Brunet, tête de liste à St-Pierre-des-Corps (également pour la 2e fois consécutive), « nous sommes un courant minoritaire mais qui forme une constante de la vie politique », insistant par exemple sur le fait que les personnes qui s’engagent sont très loin d’être des pros de la vie publique : « Il n’y a pas de notable, personne ne cherche une place ». « Il faut aller les chercher » reconnait la candidate, mais elle assure que la tâche n’est pas si compliquée. « Nous militons toute l’année et nous ne comptons pas que sur les élections pour faire entendre notre point de vue » dit-elle, évoquant des rendez-vous en sortie d’entreprise, par exemple.

Et si la perspective de représenter Lutte Ouvrière sur les panneaux électoraux et dans les bureaux de vote motive le premier cercle, il reste bien plus difficile de l’élargir : 269 votes à Tours en 2020 soit 1,06%, 2,33% à Joué-lès-Tours lors de ce même scrutin. « Ces scores ne nous découragent pas. On le prend comme un encouragement à maintenir le drapeau » estime Thomas Jouhannaud. « Oui nous sommes minoritaires mais on pense que ça peut s’inverser très rapidement. Qui aurait prédit que la population de Minneapolis réagisse comme ça à la politique révoltante de Trump (sur l’immigration). Ils ont eu la force d’être le 1er mur que ce président abject s’est pris. Les idées que l’on défend préparent les moments de révolte » poursuit le candidat de Tours.

Ainsi, le discours de Lutte Oucrière est très révolutionnaire : « On veut faire changer les choses mais pas en surface. On est convaincu qu’il faut complètement transformer la société, renverser le capitalisme » développe Anne Brunet, au parti depuis ses années étudiantes dans les 80’s et qui prépare sa campagne depuis l’automne 2025, avec un petit budget, uniquement composé des cotisations. Un seul grand événement programmé : un meeting commun avec les trois têtes de listes de l’agglomération ce mercredi 4 mars dès 18h30 au Centre de Vie du Sanitas à Tours.

« On veut que la campagne soit une étape pour découvrir nos idées » présente Thomas Jouhannaud qui assume de ne pas axer son programme sur la rénovation des bâtiments publics, le développement des transports en commun ou des espaces verts. « Certains veulent faire campagne avec le moins de politique possible et ne parlent pas des problèmes des gens. Selon nous, toutes les décisions – même locales – sont rattrapées par les crises de l’économie capitaliste. La situation se dégrade quoi que fassent les élus » lance Thomas Jouhannaud qui assure « que certaines personnes trouvent irréaliste de parler de trottoirs et d’espaces verts alors qu’on bascule dans la guerre ».

A St-Pierre-des-Corps, Anne Brunet est sur la même ligne. « On ne pense pas que les élus peuvent changer le sort du monde du travail. » Ainsi, pas question de s’allier avec d’autres listes, même les plus à gauche :

« On n’est pas des alliés de la gauche qui représentent les intérêts des partis et des appareils, se moquant de la situation des classes populaires. Nous on représente un camp social, on veut se battre pour que les travailleurs aient un contrôle et sachent où va l’argent, ce qu’il devient. On n’a pas envie de cautionner cette gauche qui va au gouvernement et ne se bat pas contre le capitalisme. Et au niveau local, cette gauche, comme la droite, est composée de candidats bourgeois qui distribuent des subventions au patronat. »

On arrive quand même à insuffler un peu de local dans le discours de Thomas Jouhannaud, mais sans le dévier de sa doctrine : « Sur certains plans, on pourrait dénoncer la politique municipale, par exemple quand elle n’a pas été du côté des employés municipaux qui réclamaient des augmentations de salaires. On pourrait d’un autre côté saluer des actions de bon sens pour l’environnement et le social mais ce qu’on leur reproche c’est de faire croire qu’il n’y a pas vraiment moyen d’agir contre le système actuel. On pense, nous, que la lutte des travailleurs est plus puissante que celle des élus. »

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