Politique

« Les Républicains » de Tours ont voté…

Temps pluvieux, sourires peureux ce samedi. Au siège des « Républicains », boulevard Heurteloup à Tours, les militants se sont déplacés pour élire leurs instances représentatives et leurs délégués de circonscription. Sans oublier aussi de nommer le successeur au député-maire de St-Cyr-sur-Loire, Philippe Briand qui a décidé de raccrocher les gants. Ambiance mi-figue, mi-raisin chez le peuple de droite…

Samedi, 19h15 boulevard Heurteloup à Tours au Siège des « Républicains ». Autour des tables les militants de la section de Tours recomptent les barres sur les feuilles de vote. Une heure plus tôt s’est clôturé le vote des « encartés » à jour de leur cotisation. Rendez-vous leur avait été donné pour élire leur nouveau président départemental, les membres tourangeaux du conseil national de leur parti mais aussi et surtout les délégués des cinq circonscriptions d’Indre-et-Loire.

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Sans surprise, Frédéric Augis, maire de Joué-lès-Tours, élu président des « Républicains » d’Indre-et-Loire

C’est sans surprise que Frédéric Augis, maire de Joué-lès-Tours et vice-président à Tour(s) Plus, a été élu président en lieu et place de Philippe Briand qui a choisi de quitter le siège qu’il a tenu pendant plus de vingt ans. F. Augis était le seul candidat en lice. Ce fidèle parmi les fidèles du maire de St-Cyr-sur-Loire reprend donc les rênes d’un parti dont le fonctionnement interne est redynamisé. L’hémorragie des militants est une vraie réalité. A Tours, la section de la ville (celle de la 1ère circonscription) est moribonde. 480 inscrits étaient appelés à s’exprimer dans les urnes. Aux grandes heures de l’ex-RPR et de l’UMP, cette section comptait plus de 1 500 adhérents.

Une section de Tours qui peine à retrouver son dynamisme d’antan

Depuis 2012, la section de Tours n’avait plus réellement de gouvernance. L’affrontement fratricide à l’occasion des élections législatives cette année-là a laissé des traces. Le duel interne Guillaume Peltier / Thibault Coulon a eu pour résultat, une sanctuarisation des instances de cette section qui aujourd’hui peine à retrouver son dynamisme d’antan. C’est dire ce qui attend le futur délégué qui prendra la destinée de la 1ère « circo ». Le chemin sera semé d’embuches d’ici 2017. L’organisation des primaires internes des poids lourds du parti pour les présidentielles, la désignation du candidat ou de la candidate aux prochaines législatives à Tours, la reconquête de l’électorat tourangeau et enfin l’apaisement d’une section au moment même où la majorité municipale conduite par Serge Babary connait quelques craquelures.

Un duel au sein de la majorité municipale de Tours : Jérôme Tebaldi / Edouard de Germay

Pour relever ce défi propre à la seule section de Tours, trois hommes se sont présentés aux suffrages de leurs camarades. Jérôme Tebaldi, conseiller municipal de Tours, Edouard de Germay, adjoint au maire de Tours et Alain Hugo, entrepreneur. Moins de 50% des votants se sont déplacés. Au total, 209 votants ont bravé la pluie et la grisaille pour exprimer leur choix. Arrivé en tête avec 91 voix, Jérôme Tebaldi est satisfait : « Il y a une forte dynamique… Il me manque 14 voix pour passer au premier tour ! ». Derrière à 21 voix d’écarts, Edouard de Germay compte 70 voix. Ce médecin proche de Thibault Coulon espère « une plus forte mobilisation au second tour ». Quant à Alain Hugo, challenger, son score n’est pas négligeable, ses 43 voix peuvent compter au second round. Pourtant, ce militant très proche de la droite forte et de Guillaume Peltier ne « donnera aucune consigne de vote » pour samedi prochain.

Tous les coups sont permis… les omissions aussi

Reste donc au deux candidats à mobiliser dans l’entre-deux tour. L’appel aux « amis » sera plus que nécessaire. Le téléphone et le mail seront les armes et la parade pour espérer contrer les ambitions. Pourtant, à y regarder de près et comme souvent dans le fonctionnement interne des partis, tous les coups sont permis… les omissions aussi. Aussi, il semble difficile pour certains de connaître les forces en présence et le nom et prénom de tous les militants. Problème de listings semble-t-il. De là à ce qu’il y ait deux poids, deux mesures. Jalousies ou luttes internes, difficile à dire. Le scrutin de samedi prochain sera sous haute tension à Tours. Jérôme Tebaldi a le soutien « discret » de Serge Babary et d’une partie des autres adjoints au maire de Tours. Edouard de Germay peut compter sur des soutiens du côté des militants qui ont voté pour Alain Hugo. Mais le plus important pour les deux candidats sera de convaincre les 271 militants qui se sont abstenus au premier tour.

Cette « tranche de vie » d’une section dans une ville de province comme Tours est révélatrice de ce qui touche la vie politique française. Désaffection des militants, idées en panne, démocratie participative à développer et à encourager, rénovation des grands partis de gouvernement, autant de chantiers que chacun devra décliner au plus près du terrain. C’est sur ce constat que Frédéric Augis, le nouveau président des « Républicains » d’Indre-et-Loire, devra bâtir son action, aidé des délégués des cinq circonscriptions. A Tours, Jérôme Tebaldi et Edouard de Germay l’ont bien compris.

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