En se portant candidat à la présidence de Tours Métropole Val de Loire, Frédéric Augis a appelé à franchir « une nouvelle étape » dans l’histoire de l’institution métropolitaine. Après plusieurs années consacrées àla construction et àla stabilisation de la métropole, il estime que le moment est venu d’assumer pleinement une action politique plus affirmée, lisible et ambitieuse.
Pour le président sortant, le nouveau mandat ne peut être un simple mandat de gestion. « Le temps de la construction institutionnelle est derrière nous, le temps de l’action politique commence », affirme-t-il, appelant à des décisions claires, hiérarchisées et assumées au service des communes et des habitants. Il faut dire que la Métropole a souffert jusqu’à présent d’une image d’une institution peinant à trouver sa vitesse de croisière, le dernier mandat n’ayant pas permis d’enclencher réellement une dynamique à long terme. Certes tout n’est pas à jeter et il y a bien eu quelques avancées, mais d’une manière générale, le sentiment global est resté celui d’une institution en mal de visibilité, mais aussi de clarté, avec l’absence d’un véritable projet de territoire structurant.
Une métropole d’équilibre et d’attractivité
Pourtant, à écouter Frédéric Augis le territoire est « exceptionnel » et ne manque pas d’atouts, étant à la fois équilibré et stratégiquement positionné dans le Grand Ouest. Il met en avant la gare TGV, une étoile ferroviaire majeure, un carrefour autoroutier, un aéroport, une université de plus de 30 000 étudiants et un CHU de pointe. Mais l’attractivité, martèle-t-il, n’est pas un héritage : « c’est une conquête ». La métropole doit devenir une terre d’excellence économique, capable d’attirer investisseurs, talents et projets innovants, notamment dans les secteurs de la transition écologique, de la santé, du numérique et de l’industrie du futur, avance-t-il en guise de message envoyé aux 86 élus qui siègeront avec lui à la Métropole sur ce mandat.
L’un des marqueurs forts du discours est l’appel à changer de posture politique. Frédéric Augis plaide pour sortir des débats sans fin et entrer résolument dans la décision. Il cite en exemple la question d’une éventuelle arena métropolitaine, proposant la création d’une commission de projet pluraliste chargée d’évaluer, dans un calendrier contraint, l’utilité, l’emplacement et la pertinence d’un tel équipement avant de trancher clairement. « Gouverner, ce n’est pas commenter les projets, c’est les assumer ou y renoncer », insiste-t-il.
L’amélioration concrète de la qualité de vie constitue un autre pilier de sa vision. Mobilité, qualité de l’air, eau potable, cadre de vie : autant de domaines où la métropole doit, selon lui, agir directement. Il cite notamment la future station de production d’eau potable de Saint-Cyr-sur-Loire, appelée à devenir l’une des plus avancées de France sur le plan technologique.
Frédéric Augis souhaite également engager une réflexion sur la création d’un véritable hôtel métropolitain, à la fois symbole de l’institution et outil de rationalisation des coûts et des usages.
Dans son projet, la métropole de demain est aussi une métropole du savoir. Frédéric Augis appelle à changer d’échelle avec l’université de Tours et à structurer une véritable stratégie universitaire métropolitaine, avec pour objectif l’accueil de 50 000 étudiants, axé sur la qualité et les filières d’excellence.
Il propose également l’implantation d’une école d’architecture sur le territoire, considérant que « la métropole qui aménage doit aussi former ceux qui construiront demain ». Culture et patrimoine occupent également une place centrale, avec la poursuite du soutien au Grand Théâtre de Tours et la préparation de sa rénovation.
Le maintien d’un « consensus à la tourangelle »
S’il donne des gages à Tours, la ville centre, en fin politique, Frédéric Augis indique également défendre une métropole qui « n’irrigue pas seulement sa centralité », mais qui bénéficie à tous ses territoires. Il propose ainsi d’augmenter de 20 % en deux ans le fonds de solidarité métropolitain destiné au financement des projets communaux, affirmant un choix politique en faveur de la justice territoriale. « Une métropole forte est une métropole comprise », conclut-il, plaidant pour aller davantage vers les habitants afin de rendre l’action métropolitaine concrète, lisible et partagée.
Doit-on y voir dans ce discours inaugural une véritable prise de conscience de la nécessité de changer de paradigme ? Là-encore, rien n’est moins sûr car le président réélu reste attaché à « la métropole des maires », bien qu’il ne mette plus en avant ce terme, mais aussi au « consensus à la tourangelle », comme en témoigne les désignations des vice-présidences qui ont renvoyées un signal d’équilibre maintenu. De quoi faire tiquer déjà certains élus métropolitains, comme l’élue de Tours, issue de la France Insoumise, Marie Quinton qui a dès le conseil métropolitain d’installation terminé, émis une critique publique sur ses réseaux sociaux, indiquant : « je dois dire mon malaise devant la manière dont se sont déroulées les négociations, tractations en coulisses puis élection du président. Comme lors du précédent mandat, nous avons assisté à un fonctionnement métropolitain qui reproduit toujours les mêmes travers : un manque criant des femmes dans les discussions et dans les accords, et une conception de la politique réduite à des arrangements entre maires, loin de l’ambition collective que nos habitant·es sont en droit d’attendre… »








