Politique

Elections départementales : Le président sortant, Fréderic Thomas « sauve les meubles »

Hier soir, sur les 19 cantons renouvelables, quelques-uns suscitaient l’intérêt des observateurs politiques. Parmi eux, celui de Tours 1 (Tours-Nord) où le président PS sortant, Frédéric Thomas, se représentait pour un troisième mandat. Donné perdant il y a quelques semaines, celui qui a remplacé Marisol Touraine à l’exécutif départemental, a fait un score plus favorable que les pronostics. C’est confiant mais aussi méfiant que Frédéric Thomas et Samira Oublal abordent cette semaine décisive face au tandem UMP / UDI, Cécile Chevillard-Xavier Dateu.

ba8U6A1700Il est 22 heures ce dimanche soir quand Xavier Dateu, candidat UDI sur Tours 1 s’installe dans l’un des fauteuils du plateau de nos confrères de TV Tours. En face de lui, Frédéric Thomas, président sortant du Conseil Général fait de même. La tension est palpable et le regard des deux hommes en dit long sur les résultats émanant des urnes des habitants de Tours-Nord. Même si le binôme UMP / UDI arrive en tête, le score du binôme PS surprend. Seulement 2,6 % des voix séparent la droite républicaine de la gauche socialiste. De quoi donner de l’espoir à un président qui a fait campagne sur le bilan de la gauche départementale. « A droite, il n’y avait pas de projet clair ! » lance Frédéric Thomas. « Nous, nous avons construit notre projet autour de deux actions : maîtriser l’évolution budgétaire et trouver des solutions pour compenser les baisses de dotations qui touchent le RSA ». Pour F. Thomas, « nous avons fait une campagne de proximité et nos candidats sont connus et implantés. L’étiquette PS est encore porteuse… Nous sommes la force centrifuge de la gauche ».

Hier soir, l’alternative à la gauche de la gauche regroupant EELV, le Front de Gauche et le collectif « C’est Au Tour(s) du Peuple » autour du rassemblement écologique, social et solidaire n’a pas validé l’essai (voir notre article sur le sujet). La tension était aussi palpable entre Monsieur Thomas et Josette Blanchet à TV Tours. Le président sortant se laissant même emporter en lançant à  Mme Blanchet « je vous donnerai la parole quand j’aurai terminé ». Il faut dire que le président sortant a du poids sur les épaules. Se faire réélire est une priorité absolue dans un contexte où la gauche n’est pas présente au second tour dans la moitié des cantons d’Indre-et-Loire. Et puis, il a été le porte- parole et le leader socialiste qui a mené ses troupes dans un combat presque perdu d’avance. Ce dimanche, une partie du travail a été faite pour ce socialiste que l’on pensait discret. Hier soir, sur le plateau de la chaine de télé locale, on a vu un autre Frédéric Thomas, plus mordant avec une forme d’arrogance à laquelle il ne nous avait pas habitués. La pression de l’élection est bien là. F. Thomas a besoin de toutes les voix pour espérer l’emporter dimanche prochain. « Pour moi cette semaine c’est terrain, contacts, terrain… !!! » martèle-t-il. Face un optimisme retrouvé, le président du CG dit « travailler au rassemblement ».

DATEUEn face, Xavier Dateu n’entend pas laisser la moindre chance « à celui qui n’a rien fait pour le canton de Tours-Nord et qui ment !… » . Le ton pour les cinq prochains jours est donné.  Pour le candidat centriste, « Frédéric Thomas est comme tous ces socialistes qui pensent que ce qui est à eux est à eux et ce qui est à vous est à eux ». Des mots durs qui résonnent comme un deuxième round d’un match à couteaux tirés. « Avec Monsieur Thomas, c’est le syndrome du paquet cadeau. L’emballage est beau mais à l’intérieur il n’y a rien… ». L’adjoint aux sports au maire de Tours assène : « Le bilan de F. Thomas n’est pas bon et il n’aide pas le territoire de Tours-Nord. M. Thomas s’est octroyé tout le travail réalisé sur ce canton par Claude Roiron ».  Les mots de Xavier Dateu sont durs et montrent que la semaine à venir sera déterminante.

Aujourd’hui, difficile de faire un pronostic sur ce canton de Tours 1. Une chose est sûre, le résultat oblige les deux binômes de la gauche et de la droite à aller à la pêche aux voix des électeurs déçus et des abstentionnistes.  Si mathématiquement, il semble qu’un report des voix FN se fassent sur le binôme UMP / UDI, une importante partie résiduelle, celle qui pourrait arbitrer ce deuxième tour, reste à conquérir. Au moment où nous écrivons ces lignes, EELV soutient Frédéric Thomas en dehors des consignes de vote données par communiqué de presse par le Rassemblement écologique, social et solidaire. Un soutien que Frédéric Thomas acceptera sans ombrage.

Retrouvez notre dossier spécial élections départementales

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