A Tours, l’Hôtel Goüin sait faire événement avec ses expositions d’art contemporain. En 2025, ce sont près de 30 000 personnes qui ont poussé ses portes, alors même qu’il n’est pas ouvert toute l’année, et à des horaires réduits (du mercredi au dimanche de 14h à 19h). Monument appartenant au Conseil Départemental, il vient d’inaugurer une nouvelle exposition majeure visible jusqu’au 30 août : Happy Show.

Il est désormais acquis que le street art ce n’est pas seulement l’art dans la rue ou les espaces abandonnés. C’est un style, un esprit, qui se déploie aussi en galerie, en musée, en t-shirt. A Tours, on l’a plusieurs fois vu sur toile à la Galerie Veyssière de la Rue Colbert, et déjà à l’Hôtel Goüin, sans oublier évidemment les galeries organisées de la Clinique du Street Art et de l’Hôtel Colors, bien loin de l’aspect originel sauvage de la discipline.
Erigé au rang de discipline artistique ultra cool, jusqu’à avoir ses circuits touristiques dédiés – y compris à Tours – le street art vit donc autant hors qu’en les murs. Et c’est ce que nous prouve l’Hôtel Goüin de Tours en réunissant pour 5 mois une vingtaine d’artistes dont les techniques sont celles du street art, mais avec les codes de l’atelier, de la toile, de l’intérieur.

Happy Show cherche donc à glorifier le geste, la réflexion, l’introspection de l’artiste dans son processus de création et de construction d’une œuvre. L’accrochage mixant des affiches, des toiles ou des néons a été conçu avec les festivals Loire Art Show et Droit dans le Mur et invite les artistes à se dévoiler, alors que leurs créations et leur intimité restent souvent mystérieuses.
En plus de ça, l’exposition est évolutive, avec un dernier étage qui proposera pas moins de 3 ambiances différentes au cours de l’événement, commençant par l’accueil de Jean-Michel Ouvry jusqu’au 10 mai puis de Nicolas Barrome-Forgues du 13 mai au 28 juin, et enfin d’Enora et Koye sur les mois de juillet et août, dans le but encore de maximiser les expériences.

Les deux autres étages réunissent ensuite des profils aussi divers que Missy qui met en scène les animaux et la nature à Mlle Terite qui mêle dessin, peinture et sculpture murale. Ce qui fait d’ailleurs du bien, c’est qu’une certaine parité a été respectée, dans un milieu encore très masculin. L’exposition est – en prime – au tarif très accessible de 3€ ou 2€pour les étudiants, enfants ou personnes en situation de handicap. Gratuit pour les demandeurs d’emploi.
Photos : Pascal Montagne








